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Arrêtez de jeter vos vieux meubles

Un point de dépôt a dû être clôturé à Repentigny pour empêcher les gens d’y accéder

délestage sauvage
Simon Dessureault

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Des organismes communautaires demandent aux citoyens d’arrêter de jeter leurs vieux meubles et autres objets indésirables qui s’accumulent près des lieux de dons qui deviennent de vrais dépotoirs.  

« On comprend que les gens ont présentement beaucoup de temps pour faire du ménage, mais on préfère que vous gardiez votre marchandise chez-vous pour le moment », implore Éric St-Arnaud, directeur général de l’organisme Renaissance, qui compte plus de 80 points de dépôts de dons entre Blainville et Sainte-Julie.       

Vêtements, divans, vaisselle, literie, bijoux : les organismes qui amassent des dons s’en servent normalement pour amasser de l’argent et l’investir dans la réinsertion sociale. Mais en temps de pandémie, les organismes du genre sont fermés.       

« On n’a pas de gens pour trier, on n’a pas le droit, on n’est pas un service essentiel », ajoute M. St-Arnaud.       

Dans un point de dépôt de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Repentigny, le problème du délestage sauvage est tel que le propriétaire a dû clôturer l’endroit de dépôt et d’y mettre des blocs de béton pour empêcher les gens de venir jeter leurs matelas et autres matériaux indésirables (voir autre texte).       

délestage sauvage
Simon Dessureault

Inondés d’appels   

Chantale Desrosiers, directrice-générale d’Entraide diabétique Québec, mentionne pour sa part que des villes appellent son organisme pour qu’ils viennent les aider à ramasser ces dons qui pullulent.       

« Je reçois une tonne d’appels à travers la province de gens qui nous disent qu’ils vont mettre ça dehors, et de venir le chercher », soutient-elle. Son organisme gère plus de 200 boîtes de dons réparties dans les régions de la Mauricie, des Laurentides, de Laval, de la Montérégie, du Centre du Québec, du Saguenay, de la Beauce et de la région de Québec.       

« Les éco-centres sont fermés et des gens ne sont pas capables de garder tout ça dans des petits appartements, c’est de là qu’il peut y a du dompage sauvage, croit Mme Desrosiers. Ça va mieux quand on a une maison et un garage. »       

Alain Mongrain, directeur administratif pour l’organisme Le Support de la Société québécoise de la déficience intellectuelle, mentionne que les gens les contactent même s’ils savent que leurs dépôts sont fermés.       

« Nos boîtes sont condamnées et entourées de plastique, mais tous les jours des gens nous écrivent pour savoir s’ils peuvent faire quelque chose avec leurs trucs », dit M. Mongrain, qui gère 200 points de dépôts réparties dans la région de Montréal.       

Barricades à Repentigny   

Des policiers ont dû clôturer un point de dépôts de dons de l’organisme Saint-Vincent-de-Paul en plus d’installer des blocs de ciment aux entrées pour stopper les citoyens qui venaient jeter des objets indésirables le soir depuis le début de la crise du coronavirus.       

Luc-André Biron, gérant des magasins Saint-Vincent-de-Paul de Repentigny sur la rue Leclerc, a fermé le dépôt de dons matériel le 24 mars pour éviter les risques de propagation de la COVID 19, prenant soin de l’annoncer sur la page Facebook de l’organisme.   

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Simon Dessureault

    

« On continuait à recevoir des dépôts, ça ne baissait pas, alors j’ai écrit une autre publication le 31 mars », raconte-t-il.       

« Les gens sont à la maison, ils font du ménage, je voyais le ‘’train’’ venir », explique-t-il. Il affirme avoir reçu au moins une vingtaine de dons en quelques jours, dont des matelas de lits King et des meubles au début de la crise.       

« J’ai dû remplir un conteneur au complet qui débordait », ajoute-t-il en mentionnant que des gens ont fait part de leur mécontentement en disant qu’ils n’étaient pas infectées et qu’il n’y avait pas de dangers.       

Clôtures de chantier   

M. Biron a donc sollicité l’aide la Ville de Repentigny. La police a donc fait installer des clôtures de chantier et des blocs de ciment le 7 avril aux entrées où les automobilistes se stationnent pour déposer leurs dons en temps normal.      

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Simon Dessureault

 

« Depuis que c’est clôturé, il y a zéro dépôt, on a la paix », exprime M. Biron, visiblement soulagé.