/lifestyle/family
Navigation

Créez un potager familial en 10 étapes

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor La pratique de l’agriculture urbaine est une activité familiale saine et enrichissante permettant d’acquérir une certaine autonomie alimentaire.

Coup d'oeil sur cet article

Avec la situation sanitaire et économique actuelle, de nombreuses personnes ressentent un grand besoin de tendre vers une plus grande autonomie alimentaire et de revenir à l’essence des aliments en cultivant elles-mêmes leurs légumes.

• À lire aussi: Hôtel pour les insectes à faire soi-même

Si vous souhaitez vous aussi récolter des laitues et des tomates fraîches cet été, vous devrez d’abord préparer le sol de votre potager avant d’y semer ou d’y planter quoi que ce soit. Voici 10 étapes à suivre pour préparer votre potager et ainsi obtenir une abondance de légumes savoureux ! 

1. Disposez votre potager dans un endroit bien ensoleillé

La culture des plantes potagères doit se faire au soleil, loin des racines des arbres matures. Bien que certaines plantes comestibles arrivent à pousser à la mi-ombre, la majorité des légumes exigent plus de six heures d’ensoleillement. De plus, la présence d’une haie ou de conifères du côté nord-ouest du potager est un atout afin de protéger les plantes potagères contre les méfaits des vents dominants. 

2. Dimensionnez votre potager en fonction de vos besoins

Un jardin potager peut prendre toutes sortes de formes et d’aspects. Toutefois, un potager carré ou rectangulaire est habituellement plus facile à intégrer à la plupart des terrains.

Une superficie d’environ 36 mètres carrés (400 pieds carrés), soit 6 m sur 6 m (20 pi x 20 pi), est généralement suffisante pour cultiver – presque – tous les légumes dont se nourrit une famille de quatre personnes à partir de la fin du printemps jusqu’à l’automne.

Il peut être fort utile de faire un croquis sur papier ou sur ordinateur de votre futur potager et d’y disposer les légumes que vous souhaitez y cultiver. Cela vous permettra de planter les végétaux dont vous avez réellement besoin. 

3. Enlevez le gazon

Il faut évidemment enlever le gazon qui recouvre la surface du sol où vous désirez installer votre potager. Comme il est difficile d’arracher une pelouse complètement sèche, arrosez-la abondamment la veille où vous effectuerez les travaux. Afin de décoller aisément les morceaux de pelouse du sol, il faut couper les racines du gazon à environ 2 cm de la base des brins d’herbe à l’aide d’un coupe-bordure ou d’une pelle-bêche parfaitement aiguisés.

Cependant, si l’aire de votre nouveau potager est particulièrement imposante, vous pouvez aussi effectuer tout ce travail à l’aide d’une machine à dégazonner spécialement conçue à cette fin. On trouve ce type de machine dans les centres de location d’outillage. 

4. Façonnez des planches de culture larges et profondes

Des planches de culture larges, profondes et surélevées permettent aux plantes potagères de s’enraciner profondément, ce qui améliore leur capacité à puiser l’eau et les éléments nutritifs, augmentant ainsi la production de légumes de façon substantielle.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Des planches de culture larges, profondes et surélevées permettent aux plantes potagères de s’enraciner profondément, ce qui améliore leur capacité à puiser l’eau et les éléments nutritifs, augmentant ainsi la production de légumes de façon substantielle.

Un potager doit être constitué de parties bien distinctes, soit les emplacements dédiés à la culture des plantes et les allées utiles au passage des jardiniers. Les endroits où poussent les légumes sont appelés planches de culture.

Afin que les plantes potagères s’enracinent profondément et qu’elles aient une production maximale, les planches de culture doivent être larges, profondes et surélevées. Chaque planche peut mesurer environ 90 cm (3 pi) de largeur – afin d’avoir facilement accès au centre pour pouvoir désherber, fertiliser et récolter – sur une longueur variable. D’autre part, la profondeur de sol meuble d’une planche de culture doit atteindre entre 40 et 45 cm (16 à 18 po).

Pour façonner une planche, il faut ameublir le sol existant à l’aide d’une pelle-bêche ou d’une motobêcheuse – louez dans un centre de location d’outillage un modèle dont les lames sont situées derrière les roues – jusqu’à une profondeur de 20 à 25 cm (8 à 10 po), puis ajoutez par-dessus une quantité de terre meuble, excavée dans les allées, d’environ 15 cm (6 po) de hauteur. En ajoutant finalement une épaisseur de 5 cm (2 po) de compost à la surface de la planche, on obtient une profondeur totale de terre bien meuble allant jusqu’à 45 cm (18 po).

Finalement, assurez-vous que les allées situées entre les planches sont étroites – des allées faisant au plus 30 cm (12 po) de largeur permettent de laisser un maximum d’espace pour les plantes – et recouvrez-les d’une épaisse couche de paillis afin d’éviter d’avoir à les désherber constamment. Les planches de culture, quant à elles, ne seront pas recouvertes de paillis.


UN POTAGER ANCESTRAL BIEN PLANIFIÉ

Voici le plan d’un petit potager comprenant des cultivars de légumes ancestraux originaux et colorés qui pourra certainement vous inspirer.

CASA 0502 Fleurs et potager
Illustrations courtoisie, Albert Mondor

1. Aubergine « Turkish Orange » 

2. Betterave « Bull’s Blood »

3. Carotte « Red Cored Chantenay »

4. Kale « Red Russian »

5. Oignon égyptien

6. Laitue « Grosse Blonde Paresseuse »

7. Melon « Oka »

8. Poivron « Corno di Toro Giallo »

9. Radis « Déjeuner Français »

10. Tomates « Black Cherry », « Green Zebra », « Marmande » et « Yellow Pear » (tuteurées) 

5. Ajoutez du compost et de l’engrais

Pour la fertilisation des plantes comestibles, il est préférable d’opter pour des engrais d’origine naturelle certifiés par des organismes de certification bio reconnus tels que Ecocert et OMRI.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Pour la fertilisation des plantes comestibles, il est préférable d’opter pour des engrais d’origine naturelle certifiés par des organismes de certification bio reconnus tels que Ecocert et OMRI.

Il est très rare que le sol d’un terrain soit mauvais au point où il soit nécessaire de le changer. La somme de temps, d’énergie et d’argent investie dans ce genre de modification est souvent démesurée par rapport aux résultats recherchés. Même les sols sableux et les sols les plus argileux peuvent devenir en quelque temps des terres de qualité convenant à la culture de la plupart des plantes potagères.

Pour arriver à obtenir une bonne terre, il faut ajouter du compost au sol existant. Le compost est un produit exceptionnel qui a des effets très bénéfiques sur le sol et les végétaux. Puisqu’il est riche en humus, le compost allège, ameublit et aère les terres argileuses souvent lourdes et compactes. De cette façon, il régularise la rétention d’eau de ces sols. Dans les terres sableuses, l’humus augmente la rétention d’eau et d’éléments nutritifs, ce qui a pour effet de ralentir l’érosion et le lessivage.

Si vous ne fabriquez pas votre propre compost, vous pouvez utiliser un compost commercial vendu en sacs. Le fumier de bovin composté CIL Biomax – le seul compost certifié par l’AQC – est celui que je vous recommande. Épandez une épaisseur d’environ 5 cm (2 po) de compost sur la surface du sol de chacune des planches de culture de votre potager, ce qui correspond à environ trois sacs de compost de 15 kg par mètre carré. 

La fertilisation n’est pas absolument essentielle à la santé et à la vigueur de la majorité des végétaux comestibles. De façon générale, les besoins en éléments nutritifs de la plupart des plantes comestibles sont satisfaits par un simple apport annuel de compost. Toutefois, les plantes comestibles qui sont particulièrement voraces, comme les aubergines, les concombres, les poivrons et les tomates, par exemple, peuvent exiger d’être fertilisées.

En plus d’une bonne dose de compost, un apport d’engrais naturel à dégagement lent riche en azote et en potassium – dont la formulation se rapproche de 5-3-8 – permet aux plantes potagères d’avoir une meilleure croissance et de produire davantage de légumes.

Comme ce type d’engrais se dégage sur une période allant jusqu’à 120 jours, on doit en fournir une seule fois durant la saison, idéalement en mai ou au début de juin. Au moment de la plantation des légumes-fruits, fournissez environ 60 à 90 ml (deux à trois poignées) de cet engrais par plant ou environ 1 kg par 10 mètres carrés de surface de sol.

Depuis leur introduction sur le marché horticole nord-américain il y a quelques années, les produits à base de mycorhizes suscitent un fort engouement auprès des jardiniers et des agriculteurs urbains. Et pour cause, puisque lorsqu’on les ajoute au sol, les champignons mycorhiziens améliorent la croissance et le développement des plantes comestibles de façon spectaculaire.
Photo courtoisie, salamandre.org
Depuis leur introduction sur le marché horticole nord-américain il y a quelques années, les produits à base de mycorhizes suscitent un fort engouement auprès des jardiniers et des agriculteurs urbains. Et pour cause, puisque lorsqu’on les ajoute au sol, les champignons mycorhiziens améliorent la croissance et le développement des plantes comestibles de façon spectaculaire.

Il est également avantageux d’utiliser un champignon mycorhizien lors de la plantation des végétaux comestibles. Le mycélium des champignons mycorhiziens se fixe aux plantes et agit comme une extension de leur système de racines, permettant à ces dernières de mieux s’approvisionner en eau et en éléments nutritifs, leur assurant ainsi une floraison et une fructification plus abondantes. On doit simplement mettre une petite poignée de mycorhize près des racines des plantes au moment de leur mise en terre.

Une pelle-bêche bien aiguisée est l’outil idéal pour ameublir la terre des planches de culture d’un jardin potager.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Une pelle-bêche bien aiguisée est l’outil idéal pour ameublir la terre des planches de culture d’un jardin potager.

Finalement, vous devez incorporer le compost et l’engrais à la terre des planches avec une pelle-bêche ou à l’aide d’une motobêcheuse. Une fois le compost bien mélangé au sol, le niveau final de chaque planche doit idéalement excéder la hauteur des allées d’environ 20 cm (8 po). Vous pouvez finalement aplanir la surface de chaque planche de culture et en compacter légèrement les côtés – qui seront en pente légère – à l’aide d’un râteau.

Et voilà ! Vous êtes maintenant prêt à planter !


EN PLEINE TERRE OU EN BAC

Le bois est le matériau le plus prisé pour la fabrication de bacs potagers, mais il a le désavantage de pourrir rapidement au contact de la terre. Optez donc pour le cèdre ou le chêne, deux essences réputées pour leur résistance à la pourriture, et assurez-vous de recouvrir la partie interne des parois avec du polystyrène extrudé ou avec une membrane géotextile.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Le bois est le matériau le plus prisé pour la fabrication de bacs potagers, mais il a le désavantage de pourrir rapidement au contact de la terre. Optez donc pour le cèdre ou le chêne, deux essences réputées pour leur résistance à la pourriture, et assurez-vous de recouvrir la partie interne des parois avec du polystyrène extrudé ou avec une membrane géotextile.

Plusieurs personnes cultivent les plantes potagères en pleine terre, mais, si vous n’avez pas accès à une parcelle de terre ou si le sol de votre terrain est de mauvaise qualité ou pire, s’il est contaminé, vous pouvez faire pousser vos légumes et fines herbes dans des bacs surélevés.

Pour fabriquer les parois d’un bac potager, il est possible d’utiliser du bois, mais il est certainement plus commode d’opter pour un matériau imputrescible comme du bois composite, de la pierre ou des plaques d’acier. N’hésitez pas aussi à récupérer certains matériaux pour la confection de votre bac, tels que des ballots de paille, des branches d’arbres tressées ou des vieux blocs de béton, par exemple. Ces matières récupérées donneront du charme et de l’originalité à votre bac potager tout en diminuant significativement les coûts de sa construction. 

6. Optez pour des légumes faciles à cultiver

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

Les plantes potagères les plus faciles à cultiver sont sans contredit les légumes dont on consomme les feuilles. Ainsi, si vous en êtes à votre première expérience, optez pour la culture de la bette à carde, de l’épinard, du kale et de la laitue. D’autre part, la plupart des légumes racines, tels que les carottes et les betteraves, ainsi que les pois et les haricots – nains ou grimpants – fournissent d’excellentes récoltes et demandent habituellement peu de soin.

Vous voudrez probablement aussi cultiver quelques tomates dans votre premier potager. Choisissez des cultivars productifs et peu affectés par les maladies, comme « Celebrity », Profi-FruttiTM « Cherry » et « Sungold », par exemple. Quelques plants de tomates indéterminés – trois à cinq – produiront suffisamment de tomates pour une famille de quatre personnes. Il est recommandé d’avoir un peu plus d’expérience avant d’intégrer des aubergines et des poivrons à un jardin puisqu’il s’agit de deux plantes particulièrement exigeantes.

Finalement, outre le basilic et la coriandre qui sont réputés pour être des plantes capricieuses, la majorité des fines herbes se cultivent aisément en compagnie de la plupart des légumes. N’oubliez pas finalement d’intégrer des fleurs qui produisent du nectar en abondance afin d’attirer les insectes pollinisateurs dans votre potager. De plus, certaines de ces fleurs, comme les capucines, les tagètes, les tournesols et les soucis, par exemple, sont tout à fait comestibles ! 

7. Plantez au bon moment

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

Il est possible de semer certaines plantes comestibles soi-même, par souci d’économie ou... simplement pour le plaisir de les voir germer et pousser ! Dans certains cas, c’est moins coûteux que d’acheter des plants en pots dans une jardinerie et ça donne des résultats tout aussi intéressants.

La majorité des fines herbes, des légumes-feuilles et des légumes racines peuvent être semés directement en pleine terre à l’extérieur, vers la fin d’avril et en mai, selon les régions. Quant aux haricots et à la plupart des cucurbitacées (concombres et courges), on peut les semer à l’extérieur vers la mi-mai.

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Josée Latour

Par contre, il est impensable de semer les aubergines, les poivrons ou les tomates à l’extérieur à la fin de mai ou en juin et espérer obtenir une récolte intéressante avant l’automne ! Dans ce cas, il faut absolument faire un semis à l’intérieur, sous éclairage artificiel de type DEL, six à huit semaines avant la sortie à l’extérieur.

La période idéale pour procéder à la mise en terre des plants de légumes d’origine tropicale comme les aubergines, les concombres, les poivrons et les tomates correspond au moment où tout risque de gel est pratiquement nul dans votre région. À Ottawa, à Montréal et dans plusieurs municipalités situées dans le sud-ouest du Québec ce moment survient vers la fin du mois de mai, habituellement après le 20. Dans les Laurentides, la région de Québec et dans l’est du Québec, on doit habituellement attendre la toute fin de mai ou le début de juin pour effectuer cette opération.

N’oubliez pas d’acclimater vos plants à la température extérieure avant de les mettre en terre. Cette période d’endurcissement doit débuter quelques jours avant la plantation. Il vous suffira de placer vos plants à l’extérieur, à l’ombre légère, un peu plus longtemps chaque jour. 

8. Plantez avec soin... et plaisir !

Ma tante et mon oncle, avec qui j’ai appris mon métier d’horticulteur, me répétaient souvent qu’il faut redevenir enfant et s’amuser pour effectuer une bonne plantation au potager !
Photo courtoisie, Albert Mondor
Ma tante et mon oncle, avec qui j’ai appris mon métier d’horticulteur, me répétaient souvent qu’il faut redevenir enfant et s’amuser pour effectuer une bonne plantation au potager !

Pour obtenir de bonnes récoltes, la plantation des végétaux comestibles en contenant doit être faite avec soin et rigueur... tout en s’amusant bien évidemment !

Avant de planter, il est primordial de bien arroser les racines de toutes les plantes comestibles que vous vous apprêtez à planter. Si leur motte est particulièrement sèche, faites-les tremper quelques minutes dans un bac contenant un peu d’eau. 

En dépotant les légumes et les fines herbes, si vous vous apercevez que leurs racines sont trop abondantes et qu’elles tournent autour de la motte, taillez-les à quelques endroits à l’aide d’un couteau bien aiguisé ou d’un sécateur. Cette opération favorise la formation de nouvelles racines saines et bien disposées.

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

Chaque plante doit être disposée de façon que son collet – endroit où la tige se joint aux racines – soit situé au même niveau que la surface du sol. En d’autres termes, le dessus de la motte de racines des végétaux doit être à la même hauteur que le niveau final de la terre du potager.

Toutefois, il est recommandé de planter les aubergines, les poivrons et les tomates plus creux qu’à la normale. Ainsi, le collet de chaque plant peut être placé à 10 à 15 cm (4 à 6 po) sous le niveau de la surface du substrat. Ajoutez ensuite de la terre autour des plants et, avec le bout de vos doigts, tassez-la sans toutefois trop la compacter. Une fois toutes les plantes installées, arrosez-les abondamment. 

9. Sarclez et désherbez moins grâce aux engrais verts

Pour éviter la croissance des herbes indésirables, on peut planter les végétaux comestibles de façon que leurs feuillages se touchent rapidement et qu’aucun coin de sol ne soit à nu. De plus, il peut être fort bénéfique de cultiver diverses espèces de plantes comestibles dans une même planche de culture, les hautes au centre et les plus basses à leur pied, afin de couvrir tout le sol. Peu exposées au soleil, les semences des mauvaises herbes n’auront ainsi pas la possibilité de germer et de pousser. Plutôt que de planter les végétaux en massifs ou en rangées, optez plutôt pour une méthode de plantation plus naturelle misant sur une grande diversité végétale. 

L’utilisation de paillis organiques faits d’écorce ou de branches déchiquetées permet de limiter la pousse des herbes indésirables. Toutefois, ces paillis riches en carbone ont le désavantage de limiter la croissance des plantes potagères en les privant d’azote pendant un certain temps, c’est pourquoi il est préférable de les réserver aux allées seulement.
Photo courtoisie, Albert Mondor
L’utilisation de paillis organiques faits d’écorce ou de branches déchiquetées permet de limiter la pousse des herbes indésirables. Toutefois, ces paillis riches en carbone ont le désavantage de limiter la croissance des plantes potagères en les privant d’azote pendant un certain temps, c’est pourquoi il est préférable de les réserver aux allées seulement.

Il est aussi possible de semer un engrais vert dans un potager afin de limiter la croissance des herbes indésirables. Lorsque vous y planterez des légumes tropicaux exigeants en azote comme les tomates, par exemple, n’hésitez pas à semer un engrais vert intercalaire à leur pied. En plus de fournir de l’azote aux plants de tomates, le trèfle et la luzerne limitent la croissance des herbes indésirables et il ne sera ainsi pas nécessaire de désherber régulièrement. 

D’autre part, lorsque la surface du sol d’un potager est nue, il est essentiel d’effectuer régulièrement l’élimination des herbes indésirables – opération appelée sarclage – afin d’empêcher qu’elles supplantent les végétaux ornementaux. Enlevez les herbes indésirables le plus rapidement possible, n’attendez surtout pas qu’elles forment des semences.

Le sarcloir ressemble à une main munie de 4 ou 5 longues griffes.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Le sarcloir ressemble à une main munie de 4 ou 5 longues griffes.

Les principaux outils conçus à cette fin sont la binette, munie d’une lame conique, et le sarcloir, constitué de dents recourbées. Ces deux outils peuvent être munis d’un manche long ou court.

Bien aiguisée, la binette permet de pénétrer aisément sous la surface du sol et de soulever les herbes indésirables. Malheureusement, il arrive fréquemment qu’on ne l’enfonce pas suffisamment en profondeur dans la terre et qu’on coupe les racines des herbes à éliminer. En usant du sarcloir, vous pouvez éviter ce genre de problème, puisque cet outil permet presque à coup sûr d’extraire les herbes indésirables sans sectionner leurs racines.


LE CALENDRIER DU JARDINIER

Travaux à effectuer au début de mai

  • Effectuer le semis ou la plantation à l’extérieur des fines herbes et des légumes résistants au froid tels que le kale, la laitue, le persil et les radis.
  • Débuter la plantation des fleurs annuelles résistantes au froid telles que les alysses, les mufliers, les pélargoniums et les pensées.
  • Diviser les plantes vivaces à floraison automnale.
  • Épandre du compost dans le potager et les plates-bandes.
  • Épandre du compost et un engrais à dégagement lent riche en azote sur la pelouse.
  • Effectuer le semis de gazon. 

10. Arrosez vos légumes

L’arrosage est l’une des tâches les plus complexes – et drôlement importantes ! – à effectuer dans un potager.
Photo courtoisie, Albert Mondor
L’arrosage est l’une des tâches les plus complexes – et drôlement importantes ! – à effectuer dans un potager.

Afin que vos plantes potagères et fruitières forment des racines profondes et ramifiées, il est préférable de les arroser une seule fois par semaine, ou deux, au plus, en période très chaude et sèche. Cependant, puisqu’elles affectionnent un taux d’humidité élevé et constant, arrosez les plantes légumières exigeantes, comme les aubergines, les concombres, les poivrons et les tomates, deux fois par semaine, trois en période de canicule. Si vous les arrosez un peu tous les jours, vos plantes produiront des racines superficielles et seront ainsi moins résistantes à la sécheresse et toute autre situation stressante. Évidemment, lorsque vous arrosez votre jardin, vous devrez tenir compte des dernières pluies.

Le meilleur moment pour effectuer l’arrosage d’un potager est assurément tôt le matin. En arrosant lorsque le soleil est au zénith, près de la moitié de l’eau s’évapore dans les minutes qui suivent. Cependant, de nombreuses municipalités ont adopté des règlements concernant les périodes d’arrosage que vous devez absolument respecter.

La plupart des végétaux comestibles exposés au plein soleil nécessitent environ 2,5 à 3,5 cm (1 à 1 ½ po) d’eau par semaine. Afin de donner la dose d’eau adéquate à tous vos végétaux, vous n’avez qu’à placer sous le jet de votre arrosoir à bascule un contenant vide que vous aurez préalablement gradué à l’aide d’une règle et d’un crayon à encre indélébile. Lorsque vous atteignez la marque à 2,5 ou 3,5 cm, cessez alors d’arroser.

Pour éviter de favoriser la prolifération de maladies fongiques, il est préférable de ne pas arroser le feuillage de certaines plantes sensibles. La meilleure façon d’arroser ces plantes est de le faire à la main avec un arrosoir ou à l’aide d’un tuyau muni d’une lance d’arrosage. Dans le cas des tomates, il leur faut environ 5 litres lorsqu’elles sont jeunes, le double lorsqu’elles sont plus âgées et moins de 5 litres par plant au moment de la récolte.


L’INSTALLATION D’UN SYSTÈME D’IRRIGATION, UNE EXCELLENTE IDÉE !

CASA 0502 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

L’installation d’un système d’irrigation automatique comporte des avantages indéniables, ne serait-ce que parce qu’il facilite grandement l’arrosage et diminue le gaspillage.

Les systèmes d’irrigation qui conviennent le mieux à la plupart des potagers sont certainement ceux qui fournissent l’eau goutte à goutte. Ces systèmes très économes comprennent des goutteurs de petites dimensions qui alimentent les plantes en eau très près de leurs racines, sous leur feuillage, évitant ainsi les pertes par évaporation.

Ces systèmes sont équipés de goutteurs qui peuvent fournir de 2 à 9 litres (1/2 à 2 gallons) d’eau à l’heure. Ils sont fixés à des tuyaux de faible diamètre eux-mêmes raccordés à un tuyau central branché à un robinet extérieur. Le tout peut être muni d’une minuterie.

Il existe aussi des tuyaux d’irrigation, habituellement de couleur brune ou noire, perforés de goutteurs protégés contre l’entrée des racines et du terreau par des plaquettes de cuivre. Facile à dissimuler, ce type de tuyau convient parfaitement à l’irrigation des planches de culture.