/opinion/columnists
Navigation

Il faut imposer le masque à Montréal

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Joël Lemay Rendre le masque obligatoire, c’est une question de leadership politique, de santé publique et de responsabilité sociale.

Coup d'oeil sur cet article

Plus la crise de la COVID-19 perdure, plus les autorités nous présentent le « secteur chaud » montréalais comme une « exception » au Québec. Une « exception » dans laquelle s’en ajouterait une autre : les CHSLD et les résidences privées pour personnes âgées où l’on compte 85 % des décès.

N’est-ce pas plutôt le Québec lui-même qui, au Canada, fait figure d’« exception » puisqu’il en est l’épicentre en termes de cas et de décès ? Montréal, c’est en fait l’épicentre de l’épicentre. La situation est encore loin d’y être « sous contrôle ». 

La réalité est que la soi-disant « exception » montréalaise – l’île et ses couronnes nord et sud –, c’est près de la moitié de la population du Québec. Comme « secteur chaud », c’est majeur en termes populationnels. 

Après les CHSLD, des foyers d’éclosion atteignent maintenant des hôpitaux. La contagion communautaire est active. Le dépistage par tests est nettement insuffisant. 

Certains quartiers parmi les plus démunis, dont Saint-Michel et Montréal-Nord, sont encore plus durement frappés. 

Retarder

Loin de la cellule de crise du gouvernement, campée dans la capitale nationale, Montréal souffre de plus en plus. Comme si un certain fatalisme avait gagné les autorités, on s’attend même encore à de nombreux autres décès dans les CHSLD et résidences privées pour aînés.

Pour toutes ces raisons, les inquiétudes face à l’amorce possible d’un déconfinement même progressif à Montréal sont nombreuses. 

« Si la situation se détériore, disait hier le premier ministre François Legault, il n’y aura pas d’ouverture à Montréal. » 

Ses paroles sont sages, car malheureusement, la situation risque fort de se détériorer. Le beau temps arrivant bientôt, la densité de la population dans les rues et les parcs inquiète également avec raison. 

Même avec la météo frisquette, la distanciation sociale n’est pas toujours au rendez-vous et le port du masque se fait rare. On n’ose à peine imaginer ce qu’il en sera en plein été, que l’on annonce en plus particulièrement chaud.

Pitié pour Montréal

Or, la mairesse de Montréal « encourage » les Montréalais à porter le « couvre-visage » dans les lieux publics, mais sans l’imposer. 

En milieux urbains, le masque est pourtant un outil essentiel de protection personnelle et communautaire. En pleine pandémie, le porter ou non ne doit plus relever d’un choix personnel.

Nous avons déjà perdu de précieuses semaines alors que la Santé publique du Québec et celle du Canada décourageaient carrément l’usage du masque. Ma première chronique sur le sujet date du 19 mars ! 

Combien d’autres semaines perdrons-nous encore ? 

L’état des lieux à Montréal commande à ses autorités de prendre enfin la décision qui s’impose. Qu’elles rendent le masque obligatoire. C’est une question de leadership politique, de santé publique et de responsabilité sociale. 

Se contenter d’en faire une nouvelle « norme sociale » laissée au bon vouloir des Montréalais ne répond aucunement à la gravité croissante de la situation. Le port du masque ne se fera pas par la pensée magique. 

Face à la COVID-19, le masque est une arme vitale de protection personnelle et solidaire – en plus de la distanciation et des consignes d’hygiène. Qu’attend-on pour l’imposer ?