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L’ennui du confinement profite à plusieurs

Après le pain artisanal, les consommateurs québécois se tournent massivement vers les produits de collation

Bad Monkey
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Fabio Zeppilli est cofondateur de Bad Monkey avec son frère Joseph. L’entreprise spécialisée dans le maïs soufflé exploite une usine de 15 000 pi2 à Saint-Laurent.

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Les fabricants québécois de croustilles, biscuits et autres grignotines en tout genre font de très bonnes affaires par les temps qui courent.

« Je n’ai pas eu le temps d’analyser pourquoi. Mais je vous assure que c’est complètement fou depuis quelques mois », soutient le copropriétaire de Bad Monkey, une entreprise montréalaise spécialisée dans la production de maïs soufflé.

Habituée à une croissance continue de ses ventes de 5 % par mois depuis cinq ans, la société de l’arrondissement Saint-Laurent a connu une croissance de 30 % par mois au cours des deux derniers mois. 

« La demande a tellement augmenté que nous n’avons eu d’autre choix que de relancer les embauches », explique Fabio Zeppilli, cofondateur de l’entreprise avec son frère. De 25 employés avant la crise de la COVID-19, l’entreprise compte aujourd’hui 42 employés.

Le snacking s’impose

Cette explosion de la demande, pour les produits qui apportent de réconfort en cette période de confinement, n’étonne nullement le directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

Après être tombés à bras raccourcis dans le beurre d’arachide, le macaroni et la cuisine faite maison (pain, tarte, muffin, etc.), les Québécois se sont lancés dans le snacking

« Tout en accroissant leurs achats d’alcool de 30 %, les consommateurs québécois se sont mis à consommer en masse tout ce que les épiceries pouvaient leur offrir de biscuits, chips, noix et barres de granolas. » 

Les consommateurs d’ici ne sont pas en soi bien différents de ce que l’on observe ailleurs au pays. Selon les plus récentes données produites par Nielsen, les produits de collation (le snacking) ont connu une croissance de 11 % depuis le début de l’année, tandis que les produits laitiers, de type crème glacée et yogourt à boire, sont en croissance de 13 %.

Le retour du gâteau Vachon

Ainsi, qu’ils soient sucrés, salés ou gras, ces aliments-réconforts ont la cote dans les maisonnées. Confinement oblige, toutes chercheraient à meubler l’ennui par tous les moyens. Et cela au grand bonheur des Laiterie Coaticook, Aliments Krispy Kernels (Yum Yum) et autres fabricants de biscuits (comme Leclerc), tous solidement ancrés dans cette catégorie d’aliments, pas toujours des plus santé.

« Au grand dam de plusieurs parents, ce sont tous des produits conçus parfaitement pour grignoter entre les repas, ou en se gavant d’une série à la télévision », fait remarquer le professeur Charlebois. Les multinationales Pepsi, Nestle et Mondelez, entre autres, en profiteraient d’ailleurs toutes avec des résultats supérieurs à l’habitude au cours du dernier trimestre. 

« Il y a de ces signes qui ne trompent pas », ironise le professeur. 

Autre signe, même les petits gâteaux Vachon, le classique des classiques de la gâterie québécoise, connaîtraient un retour important dans le panier des Québécois, soutient le Groupe Bimbo. 

« Comme plus personne ne fréquente les restaurants, se risque sa porte-parole Sylvia Sicuso, les consommateurs qui souhaitent se gâter reviennent à leurs classiques ! » 

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