/news/health
Navigation

Médecin radié : mêmes exigences en télémédecine qu’en personne

Coup d'oeil sur cet article

Un médecin de Montréal a écopé d’une radiation de trois mois pour une consultation en télémédecine trop expéditive, n’envoyant pas à l’urgence un patient qui est mort peu après. 

Cette décision du Conseil de discipline du Collège des médecins contre le Dr Donald Ian Ginsberg concerne des événements survenus en 2017. Mais elle tombe justement alors que les omnipraticiens du Québec sont appelés plus que jamais, pendant la pandémie actuelle, à faire des consultations à distance et par téléphone, par exemple. 

« L’exercice de la médecine grâce à l’utilisation de moyens technologiques demeure encadré par les mêmes règles déontologiques que la médecine exercée de façon traditionnelle », rappelle le Conseil dans la décision publiée hier. 

Textos

C’est par textos que le Dr Ginsberg et son patient ont échangé le 20 décembre 2017. Ils avaient été mis en contact par le service payant Maple, qui propose des consultations par téléphone ou en ligne avec des médecins partout au Canada. 

Le patient était un Ontarien de 25 ans en bonne santé, mais qui souffrait de vomissements répétés depuis trois jours, au moment de consulter, après un repas de poisson. Il déclare un hoquet sévère et une douleur abdominale, notamment. 

Après environ 30 textos, le Dr Ginsberg­­­ convient que ses symptômes sont « étranges » après si longtemps, mais lui demande d’attendre encore 48 heures. 

Mais le patient a été retrouvé sans vie le 26 décembre dans une « rigidité cadavérique » et entouré de vomissures, selon le rapport du coroner. Il fait état d’une pancréatite aiguë nécrosante. 

Un rapport d’expert soumis au Conseil de discipline par la Dre Julie Grégoire souligne la conduite inadéquate du médecin, qui aurait dû immédiatement orienter son patient à l’urgence, compte tenu des symptômes décrits. 

Le Dr Ginsberg a quant à lui affirmé « qu’il fera preuve de grande prudence » désormais lors de consultation à distance. 

Mêmes exigences

« Quel que soit le mode de communication utilisé par le médecin, une consultation en personne ou à l’aide d’un moyen technologique, l’exigence déontologique visant l’élaboration du diagnostic avec la plus grande attention [...] demeure la même », écrit le Conseil, condamnant le professionnel à une radiation temporaire de trois mois. 

Le Collège des médecins n’a pas voulu commenter cette décision. Mais il rappelle avoir publié un guide à l’intention des médecins précisément pour les téléconsultations pendant la pandémie de COVID-19, reconnaissant qu’il s’agit d’un « plongeon dans l’inconnu » pour plusieurs.