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Restaurateurs et bars veulent vendre du vin comme à la SAQ

Le commerce d’alcool à emporter permettrait à plusieurs de survivre à l’été

Bar Simone+Alain
Photo Chantal Poirier Associé et sommelier du bar à vin montréalais Le Rouge Gorge, Alain Rochard croit que la vente de vin à emporter sans qu’il y ait nécessairement achat d’un repas permettrait à de nombreux restaurateurs de « tenir le coup » pendant les prochains mois.

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En prévision de l’été « désastreux » qui les attend, des restaurateurs et tenanciers de bars réclament le droit de vendre vin et bières à emporter, à l’instar de la SAQ et des dépanneurs.

Alors que plusieurs Québécois découvrent qu’il est possible d’ajouter une bouteille de vin à sa commande de mets à emporter, les propriétaires de restaurants et de bars aimeraient pousser l’expérience encore plus loin, en obtenant le droit d’écouler le stock de leur cave à vin cet été, générant ainsi des revenus appréciables. 

La saison estivale s’annonce difficile. Au moment de leur réouverture, les salles à manger des restaurants verront leur capacité réduite de façon drastique afin de respecter les principes de distanciation. Les marges de profits étant déjà minces en restauration, plusieurs craignent une catastrophe financière.

Le fait de vendre des caisses de bouteilles de vin ou des bouteilles individuelles permettrait à certains de garder la tête hors de l’eau, affirme le vice-président des affaires publiques de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

« Nous, on pense qu’à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle », soutient François Meunier.

« Oui, ça affecterait le monopole de l’État de la Société des alcools du Québec (SAQ), mais c’est une question de survie pour les restaurants. Si on ne nous donne pas d’autres moyens de diversifier nos revenus cet été, ça va être la fin pour plusieurs », dit-il.

Déjà possible sur le web

C’est méconnu, mais les restaurants ont depuis 2002 la possibilité de vendre du vin à emporter à l’achat d’un repas. Quant aux bars qui vendent de la nourriture, ils n’ont pas cette chance : impossible de vendre du vin à emporter, même avec l’achat d’un repas. 

Dans les deux cas, ils peuvent toutefois vendre leurs vins par l’entremise du site alfred.vin, à l’origine de la campagne « On lève notre verre », en vertu d’une entente spéciale avec la SAQ. 

Le site agit comme un catalogue où les sommeliers de bars et restos peuvent inscrire leurs bouteilles et les mettre à vendre.

« C’est compliqué », note Alain Rochard, propriétaire du bar Le Rouge Gorge, qui compte près de 4000 bouteilles dans sa cave. Son souhait : que la Régie des alcools, des courses et des jeux autorise les bars à vendre leurs bouteilles directement à leur clientèle, le temps que la crise passe. 

« On a tous des stocks de bouteilles bloquées actuellement. Si on avait une autorisation de caviste, avec ou sans bouffe, ça permettrait de payer certains de nos frais fixes. Au lieu de pleurer au gouvernement pour qu’on nous donne de l’argent, on pourrait générer des revenus. Et l’argent ainsi économisé par les gouvernements pourrait être investi ailleurs », plaide-t-il.

Travail déjà commencé

Au cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de qui relève la Régie des alcools, on laisse entendre que cette option n’est pas sur la table actuellement.

« Avant même la COVID, on travaillait à des allègements [réglementaires] » comme la possibilité de servir de l’alcool sans repas dans les restaurants », précise toutefois l’attachée de presse Amélie Paquet.