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Baseball Québec: «Planifier l’implanifiable»

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Quand Baseball Québec a publié un communiqué exposant des scénarios de saison écourtée pour l’été 2020, la fédération a soulevé qu’elle devait tenter de «planifier l’implanifiable».  

Ces mots ne pourraient pas mieux résumer ce que les instances qui gèrent le sport amateur au Québec vivent présentement avec la pandémie de coronavirus.   

«Nous vivons un moment de pause et nous n’avons pas d’informations sur ce qui s’en vient», a affirmé le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, lors d’un entretien téléphonique.   

«Est-ce que ce sera une longue saison? Est-ce qu’on va être en mesure de trouver des solutions pour la distanciation sur le terrain qui seront approuvées par la santé publique? Nous sommes en attente, a-t-il poursuivi. Nous avons hâte d’avoir plus d’informations, mais je sais qu’au niveau gouvernemental, on n’a pas encore de réponse à nous donner.»   

Le DG de Hockey Québec, Paul Ménard, et son homologue chez Soccer Québec, Mathieu Chamberland, sont dans le même bateau.   

«Nous sommes en mode apprentissage, a indiqué Ménard. Nous prenons des décisions en fonction des informations que nous avons. Cependant, les informations changent tellement rapidement. Ce n’est vraiment pas facile.»   

«Nous avons une multitude de scénarios, a quant à lui dit Chamberland. Nous avons un protocole de retour à la compétition qui a été envoyé à nos membres dans les dernières semaines. [...] C’est sûr que là-dedans, il y a plein d’éléments qui n’ont pas été pris en compte, comme la distanciation physique. Alors, nous évaluons ce serait quoi du soccer avec cette composante.»   

L’importance de la communication  

Comme vous pouvez l’imaginer, lorsque les trois hommes ont été interrogés, la distanciation était au cœur des messages du gouvernement du Québec. Depuis, le port de masques et plusieurs autres éléments sont évoqués. On peut donc en conclure que les fédérations ne sont pas sorties du bois.   

Dans un tel contexte, les trois instances sont unanimes : la communication est d’une importance capitale.   

«La stratégie que nous avons prise, c’est de nous rapprocher de nos membres, a exprimé le DG de Soccer Québec. Nous misons sur la communication et la consultation.»   

«Nous avons beaucoup de réunions de planification. Nous regardons pour un plan A, B et C. Je pense que nous sommes rendus au plan D, a révélé le patron de Hockey Québec. C’est sûr que nous allons suivre les mesures de sécurité. Nous regardons ce qui pourra être fait sur le plan de la formation des équipes. C’est important de les tenir informés.»   

Pour pouvoir communiquer, les trois fédérations ont inévitablement besoin de savoir quel est le plan du gouvernement. Celles-ci sont toutefois conscientes que la priorité n’est pas le sport amateur.   

«Nous voudrions toujours plus de communication, a clamé Chamberland. Pour moi, c’est correct en ce moment. La priorité du gouvernement, c’est la santé publique. Nous comprenons totalement que les loisirs et les sports ne sont pas une priorité présentement, mais il faut rappeler que lorsque la crise sera dernière nous, les millions de Québécois qui sont déjà inscrits dans une fédération sportive auront le goût de bouger.»   

«Ceux qui ont été impactés par la crise auront besoin d’être relevés, afin qu’ils puissent continuer de faire bouger nos jeunes et moins jeunes», a-t-il tenu à souligner.   

– Contacté à ce sujet, le bureau de la ministre Isabelle Charest a refusé de nous accorder une entrevue.  

«C’est catastrophique»  

En plus de devoir vivre dans l’incertitude en ce qui concerne la tenue leur campagne 2020, Soccer Québec et Baseball Québec doivent composer avec un autre problème : les inscriptions.  

En fait, il s’agit davantage d’un problème de non-inscription depuis que le Québec est plongé dans la pandémie de coronavirus.  

«C’est catastrophique, a franchement dit le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche. Jusqu’à la deuxième semaine du mois de mars, nous avions un rythme d’inscriptions qui nous aurait permis d’avoir une augmentation de celles-ci pour une 13e année consécutive. Après la première conférence de presse du premier ministre, les inscriptions ont simplement arrêté. Personne ou presque ne s’est inscrit au baseball par la suite.»  

Même son de cloche du côté du soccer.  

«Depuis le 12 mars, nous avons vu une chute dans les inscriptions. En fait, les gens ont arrêté de s’inscrire au soccer, a exprimé le DG de la fédération, Mathieu Chamberland. En date d’aujourd’hui, nous sommes 45 000 inscriptions en retard par rapport à l’an dernier.»  

Compréhension  

Cette nouvelle réalité aura assurément un impact néfaste sur les finances des centaines d’associations que chapeautent les deux instances. On pourrait croire que celles-ci soient mortes d’inquiétude, mais les deux directeurs généraux comprennent parfaitement que le sport amateur n’est pas une priorité pour plusieurs ménages présentement.  

«Nous avons même été jusqu’à dire à nos partenaires que si des parents demandaient des remboursements et qu’il leur restait des liquidités, de leur accorder, a indiqué Lamarche. Les parents en ont peut-être besoin, car les deux adultes dans la maison ont possiblement perdu leur emploi.»  

En plus de partager l’état d’esprit de son homologue, Chamberland croit fermement que les inscriptions seront de retour une fois la tempête passée.  

«Peu importe la date, nous allons offrir des activités de soccer. Les gens vont vouloir bouger», a-t-il affirmé.  

Et au hockey?  

Du côté de Hockey Québec, la situation est différente. Lorsque la crise du coronavirus est apparue au Québec, la fédération a rapidement décidé de mettre fin aux activités de la saison 2019-2020. S’il y a eu beaucoup de grogne quand la décision a été prise, la frustration s’est rapidement estompée.  

«Ce fut la décision la plus difficile que moi et le conseil d’administration de Hockey Québec ayons eu à prendre, mais c’était la bonne décision», a indiqué le DG Paul Ménard.  

«C’est très malheureux que nous n’ayons pas pu finir la campagne, mais nous sommes chanceux d’avoir quelques mois pour nous ajuster pour la prochaine saison, a-t-il ajouté. Nous ne sommes pas frappés de plein fouet comme les sports d’été.»  

Hockey Québec aura donc plus de temps pour s’adapter. Cela pourrait avoir un effet positif sur les inscriptions. Actuellement, Ménard affirme qu’il est trop tôt pour évaluer les impacts de la COVID-19 sur celles-ci.  

«Je peux vous dire qu’il va y avoir une saison de hockey l’an prochain, a-t-il dit. Quand elle s’amorcera? Nous ne le savons pas, mais nous espérons que ce sera comme les autres années.» 

Une première pour les fédérations 

La COVID-19 n’a pas uniquement amené du négatif pour les fédérations de sport amateur du Québec, elles qui en ont profité pour se rapprocher. 

Le 16 avril dernier, les directeurs généraux de Hockey Québec, Soccer Québec et Baseball Québec se sont assis ensemble, et ce, dans le but de voir comment ils pouvaient s’entraider. Il s’agissait d’ailleurs d’une première dans l’histoire du sport amateur québécois. 

«Nous vivons tous la même réalité à différentes échelles. C’est important de se parler et de voir comment chacun gère la situation», a exprimé le DG de Soccer Québec, Mathieu Chamberland. 

«La pandémie a fait en sorte que nous avons commencé à regarder ce que nous pouvions faire ensemble pour les prochaines années et pas seulement régler des cas à l’occasion. Nous commençons à planifier des choses ensemble», a quant à lui dit le grand patron de Hockey Québec, Paul Ménard. 

Partager des ressources 

Cette rencontre au sommet, c’était l’initiative du DG de Baseball Québec, Maxime Lamarche. Ce dernier pense fondamentalement que les fédérations ont tout avantage à travailler main dans la main. 

«Nous avons intérêt à nous parler beaucoup plus souvent, a-t-il affirmé. Même si nous ne pratiquons pas le même sport, nous avons plein de choses en commun, que ce soit nos ressources bénévoles ou nos modèles de formation. Nous travaillons présentement en silo et il y aurait probablement une économie de temps et un gain d’efficacité si nous partagions nos savoir-faire.» 

Les trois hommes ont aussi exprimé leur désir de voir les jeunes sportifs pratiquer plusieurs disciplines. Hockey Québec planche d’ailleurs sur une modification de son calendrier, afin de permettre aux sportifs de compléter leur saison de baseball ou de soccer avant de chausser les patins. Il s’agissait de quelque chose qui était déjà sur la planche à dessin de Ménard avant la rencontre des DG, mais celle-ci a permis aux intervenants de statuer qu’ils étaient tous sur la même longueur d’onde. 

«Ce fut très plaisant et ça va se poursuivre», a assuré Ménard.