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«C’est un virus sournois»

La COVID-19, qui peut être mortelle pour certains, se cache facilement dans la population

Dr Guy Boivin
Photo d'archives, Didier Debusschère Le nouveau coronavirus fait l’objet de recherches, notamment par le Dr Guy Boivin et son équipe, dans ce laboratoire du CHU de Québec inauguré en janvier dernier.

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La COVID-19 est bénigne pour bien des gens, mais mortelle pour d’autres. Elle se propage facilement, mais peut épargner des membres d’une même famille. Portrait d’un ennemi imprévisible. « C’est un virus sournois. Il se cache chez certains patients, ce qui complique les efforts de la santé publique », dit le docteur Guy Boivin, spécialisé en maladie infectieuse au CHU de Québec. Voici des questions et réponses sur la maladie.

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UN VIRUS À PLUSIEURS FACETTES

Une étude britannique publiée plus tôt cette semaine a permis de découvrir qu’il y avait deux grands groupes de la COVID-19, selon le Dr Boivin. « Pour compliquer le tout, il y a six sous-groupes », dit-il. 

L’étude réalisée à partir de virus provenant de dizaines de pays permet donc de comprendre que le virus n’est pas exactement le même partout. 

« Les six souches les plus prévalentes touchent 97 % de la population », dit pour sa part le Dr René Roy, spécialiste en chimie médicinale et vice-président à la recherche de Glycovax qui travaille au développement d’un potentiel vaccin. 

Cela veut aussi dire que l’immunité développée chez ceux qui ont eu la COVID-19 ne les protège pas nécessairement de la contracter de nouveau.


UN VACCIN À LARGE SPECTRE

Étant donné qu’il existe différentes souches du coronavirus, le futur vaccin devra pouvoir en combattre plusieurs à la fois. On parle d’un vaccin à large spectre qui sera alors vraiment efficace.

Un des enjeux auquel les chercheurs doivent faire face, c’est de bien identifier le virus et espérer qu’il ne mutera pas trop. 

Certaines années, la vaccination contre la grippe saisonnière est très efficace parce qu’on a bien ciblé le virus et qu’il est resté relativement similaire durant la production du vaccin, qui prend quelques mois. 

D’autres années, la vaccination saisonnière ne couvre qu’une petite partie de la population parce que le virus a muté et que l’efficacité du vaccin est alors moins grande.


TAUX D’INFECTION SECONDAIRE INCONNU

Les gens qui sont déclarés positifs à la COVID-19 ne vont pas nécessairement infecter tous les membres de leur famille. « On ne s’attend pas à 100 % de transmission », dit le Dr Guy Boivin. 

Au cours d’une étude à laquelle il a participé lors de l’épidémie d’influenza H1N1, on avait établi à 45 %, le pourcentage d’infection secondaire dans la famille d’un patient positif. Une première étude réalisée en Chine parle d’un taux d’infection secondaire dans la famille de seulement 16 % pour la COVID-19. Un pourcentage qui surprend le Dr Boivin et qu’il faut prendre avec des réserves. 

D’autres études seront nécessaires pour établir de façon précise ce pourcentage.


DES SYMPTÔMES QUI DURENT

La plupart des malades vont ressentir des symptômes comme la fièvre, la toux, les maux de tête ou de la diarrhée pendant quelques jours seulement. Par contre, chez certains, la toux va perdurer jusqu’à plusieurs semaines. « La toux qui persiste, ce n’est pas nécessairement causé par le coronavirus. On parle plutôt d’hyperactivité bronchique liée à l’inflammation », dit le chercheur Guy Boivin. Ce genre de situation se produit aussi parfois avec la grippe saisonnière. « Le virus peut avoir disparu, mais l’inflammation peut durer des semaines. »

Le Dr Boivin compte d’ailleurs étudier la durée des symptômes et de la contagion à l’aide de cultures en laboratoire qu’on pourra comparer avec les tests de détection utilisés pour le coronavirus.


POURQUOI LES ENFANTS SONT MIEUX PROTÉGÉS ?

Les enfants résistent en général très bien au coronavirus et n’ont que de légers symptômes. On ignore, à ce moment-ci, ce qui explique ce phénomène.

Le Dr Guy Boivin avance deux hypothèses qui pourraient entrer en ligne de compte. Les enfants auraient été exposés davantage à d’autres coronavirus ou le rhume et auraient ainsi développé une forme de protection naturelle.

L’autre est que le système immunitaire des enfants est moins développé et qu’ils réagiraient moins contrairement à certains adultes qui sont emportés par une tempête inflammatoire. Ces tempêtes se produisent lorsque le système immunitaire s’emballe en combattant le virus.


PAS JUSTE UNE MALADIE PULMONAIRE

Si au départ, on considérait le coronavirus comme une maladie s’attaquant uniquement aux poumons, il y a de plus en plus d’évidence qu’il peut représenter un risque pour d’autres organes. « On retrouve le coronavirus dans les selles plus longtemps que dans le nez. On le retrouve aussi au niveau du système nerveux central. Au-delà du tableau premier de pneumonie, on parle de plus en plus de maladie multi-systémique », dit le Dr Guy Boivin. 

Chez certains, on observe des problématiques au niveau vasculaire. La découverte en Europe cette semaine de cas d’enfants atteints de la COVID-19 ayant développé des symptômes semblables à la maladie de Kawasaki, comme une inflammation cardiaque et des troubles gastro-intestinaux a suscité bien des questions. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.