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Réouverture des commerces: voici comment se déroulera votre magasinage

Plusieurs commerçants du Québec accueilleront leurs premiers clients en six semaines

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Les Québécois en dehors du Grand Montréal auront la possibilité de se rendre dans un commerce de détail à partir d’aujourd’hui. Cette première séance de magasinage depuis six semaines n’aura cependant rien d’ordinaire.  

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D’après le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), entre 30 % et 40 % des commerces du Québec ont l’opportunité d’ouvrir aujourd’hui. «La plupart sont prêts et très excités», mais certains voudront peut-être attendre quelques jours pour tout mettre en place, selon le directeur général du CQCD, Stéphane Drouin.         

  

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

  

Il est aussi difficile de dire si la clientèle sera au rendez-vous, alors que l’achat en ligne a explosé. En Asie, où l’économie a repris, l’achalandage des magasins physiques a fondu de moitié. «La boule de cristal est assez embuée», lance M. Drouin.           

  • Écoutez l'entrevue du DG de Détail Québec Manuel Champagne avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:   

  

Les grands moyens  

Les détaillants prennent les grands moyens pour protéger les employés et les clients. Les mesures sanitaires varient d’un commerce à l’autre, mais promettent de chambouler les habitudes des consommateurs.         

Photo Didier Debusschère

Rappelons que seuls les magasins possédant un accès direct à l’extérieur ont l’autorisation de reprendre leurs opérations aujourd’hui, à l’exception de ceux situés dans la Communauté métropolitaine de Montréal. Ces derniers devront attendre une semaine de plus – à moins que la santé publique ne se ravise d’ici là.         

Quant aux centres commerciaux, ils n’ont pas encore la permission de rouvrir, sauf pour les magasins qui ont une porte de service extérieure.          

Photo Didier Debusschère

Clients escortés  

Charles Tanguay, vice-président aux ventes et finances d’Ameublements Tanguay, montre une housse qui sera utilisée pour les clients qui souhaitent tester le confort des meubles.
Photo Didier Debusschère
Charles Tanguay, vice-président aux ventes et finances d’Ameublements Tanguay, montre une housse qui sera utilisée pour les clients qui souhaitent tester le confort des meubles.
  • Écoutez l'entrevue de Jacques Tanguay avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:  

 

Les magasins Ameublements Tanguay exigeront que tous les clients soient accompagnés d’un conseiller tout au long de leur visite. Ainsi, le nombre de personnes qui se trouvent au même moment à l’intérieur des établissements sera limité et les employés pourront s’assurer que les contacts avec la marchandise sont réduits à l’essentiel.        

Photo Didier Debusschère

L’entreprise mettra aussi en place une procédure qui pourrait bien être imitée par d’autres magasins de meubles. Les articles comme les matelas, divans et fauteuils seront couverts d’une housse pour permettre à la clientèle de tester leur confort. Cette housse sera ensuite changée après chaque usage.          

Photo Didier Debusschère

«C’est quand même une superficie de 80 000 pieds carrés [en moyenne par magasin]. Le monde ne se voit pratiquement pas, mais il y a beaucoup, beaucoup de mesures, pas juste de sécurité, mais d’entretien, de nettoyage qui ont été mises en place», assure le vice-président et directeur général d’Ameublements Tanguay, Jacques Tanguay.           

Photo Didier Debusschère

Pas l’idéal en famille  

Bien qu’il n’existe pas de règle générale, le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) estime que, pour la sécurité de tous, la capacité d’accueil maximale de clients sera réduite au moins de moitié dans la plupart des commerces. De plus, les déplacements non essentiels sont toujours découragés par le gouvernement.          

Pour des raisons sanitaires et pour fluidifier l’accès aux magasins, le CQCD général de cet organisme indique qu’il n’est pas avisé, pour le moment, de magasiner avec toute la famille. Il recommande de limiter le nombre de clients par groupes autant que possible.           

Essais routiers sans conseiller  

L’achat d’une voiture chez les concessionnaires sera possible avec certaines mesures de protection. Par exemple, la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec confirme que les essais routiers seront autorisés, mais le conseiller devra s’asseoir à l’arrière. Chaque automobile est désinfectée avant et après le passage du client. Certains concessionnaires ont même installé un écran protecteur amovible entre l’avant et l’arrière du véhicule.           

Rue bloquée pour une lichée  

Andréanne Tessier commencera à vendre ses délices glacés dès vendredi, à Val-d’Or.
Photo collaboration spéciale, Émélie Rivard-Boudreau
Andréanne Tessier commencera à vendre ses délices glacés dès vendredi, à Val-d’Or.

Certains commerces pouvaient déjà ouvrir, mais ont attendu et pris les grands moyens pour favoriser la distanciation physique.           

C’est le cas à Val-d’Or, où le comptoir glacé Au petit cornet bloquera un tronçon de rue afin d’assurer une distance minimale entre chacun des clients dans la file d’attente.          

«On a eu une entente avec la Ville, le temps que les règles soient imposées», indique la propriétaire, Andréanne Tessier. Bien que le gouvernement lui permettait d’opérer bien avant, Mme Tessier souhaitait redoubler d’effort pour décourager quelconque rassemblement.           

«Je ne me considérais pas pantoute comme un service essentiel», dit celle qui ouvrira finalement son commerce vendredi.            

Pas de flânage  

Le magasin de tissus Fabricville, à Vanier, limitera à 30 minutes le temps pendant lequel les clients pourront acheter leurs fournitures, pour éviter le flânage.         

Comme le fait de confectionner ses propres masques à la maison devient de plus en plus populaire, Maryse Dubeau, gérante de la succursale, s’attend à être bien occupée dès l’ouverture.           

D’ailleurs, les clients devront être certains d’acheter le bon morceau de tissu puisqu’il leur sera impossible de le retourner.            

Des objets en quarantaine  

Ne toucher que ce que l’on achète: c’est la règle qu’il faudra privilégier étant donné que la COVID-19 survit plusieurs heures sur les surfaces. C’est d’ailleurs pourquoi des marchands de chaussures et de patins ont l’intention de mettre en «quarantaine» les produits essayés par les clients.           

Stéphane Drouin, directeur de la succursale de l’Entrepôt du Hockey, décrit la procédure qu’il va mettre en place: «Le vendeur déposera les patins que le client désire sur une table, il va se reculer, puis le client prendra la boîte et se rassoira pour l’essayage. Si ça ne fait pas, les patins seront nettoyés et envoyés dans un “panier de quarantaine” pendant quelque temps.»          

Du côté des magasins Sail, les vêtements et chaussures enfilés par les clients seront retirés de l’aire de vente pendant 24 heures.          

Pour sa part, la propriétaire de la boutique de vêtements pour enfants Cousin-Cousine de Saint-Hyacinthe, Stéphanie Blanchette, aura tout un défi à relever en raison de sa jeune clientèle touche-à-tout.          

Les deux employées assurent qu’elles garderont un œil sur eux en tout temps et que tout ce qu’ils toucheront sera mis de côté 24 heures, explique la propriétaire de 36 ans.          

Les propriétaires de la boutique Aroma Si ! de Trois-Rivières, Marie-Anick Serrurier et Caroline Bari-beau Lanouette, ont revu leurs façons de faire pour assurer une hygiène
irréprochable, notamment dans le volet vrac.
Photo Amélie St-Yves
Les propriétaires de la boutique Aroma Si ! de Trois-Rivières, Marie-Anick Serrurier et Caroline Bari-beau Lanouette, ont revu leurs façons de faire pour assurer une hygiène irréprochable, notamment dans le volet vrac.

Pas possible d’essayer  

Des magasins de vêtements limiteront l’accès aux cabines d’essayage. C’est le cas pour l’Aubainerie, qui annonce sur son site que les salles d’essayage seront fermées «jusqu’à ce que la situation sanitaire [...] permette de les rouvrir de façon sécuritaire». L’enseigne a aussi décidé de suspendre les échanges et remboursements, comme c’est le cas pour de nombreux magasins.            

Visières et plexiglas  

Ce n’est pas une surprise: à l’image de ce que l’on voit depuis des semaines dans les commerces essentiels, le commerce de détail adoptera massivement des précautions, comme le lavage des mains obligatoire, la distanciation physique, des parcours à respecter dans les rayons et l’installation de plexiglas aux caisses.           

Chez Momo Sports, à Sherbrooke, le propriétaire, Michel Poisson, a dépensé 3000 $ en plexiglas. Il n’avait jamais fermé son magasin en 29 ans.            

«C’est un énorme soulagement», soupire celui qui a estimé avoir perdu 85 % de ses ventes depuis la fermeture de son établissement.          

De la même façon, les paiements sans contact seront privilégiés et la fréquence de nettoyage des surfaces sera accrue.          

Photo Didier Debusschère
  • Écoutez l'entrevue du directeur et cofondateur de l'observatoire de la consommation responsable de l'UQAM avec Geneviève Pettersen à QUB Radio:


Par ailleurs, il ne faudra pas s’étonner d’être conseillé par des employés équipés de masques ou même de visières. «Ça fait bizarre au début, mais c’est vraiment une mesure de sécurité et ça vient un peu relâcher l’espèce de stress par rapport au virus», dit le copropriétaire des magasins Latulippe, François Latulippe, qui demandera à ses vendeurs de porter l’un ou l’autre.           

Photo Didier Debusschère

Moins de services pour son nouveau vélo  

Les boutiques de vélos qui offrent habituellement une expérience très personnalisée au client doivent désormais restreindre certains services pour le bien-être de tous.          

Ouvert depuis mercredi dernier grâce à l’ajustement de la liste des services essentiels, le magasin Mathieu Performance fait tout pour diminuer au maximum la manipulation de l’équipement.          

Les cyclistes, qui sont invités à magasiner en ligne, n’ont plus la possibilité de tester leur future bicyclette à l’extérieur du magasin, mais plutôt sur une base d’entraînement, à l’intérieur. De plus, aucun ajustement ergonomique ne peut être effectué lors de la prise de possession du vélo et aucun équipement ne peut être essayé en boutique.          

«Il y a plein de façons d’ajuster un vélo selon la morphologie du cycliste. Le problème, c’est qu’il y a des contacts entre le client et le conseiller durant ces ajustements-là et ça peut prendre une heure. Il faut s’adapter», indique Philippe Desgagnés, copropriétaire de l’établissement.          

– Avec la collaboration de Jérémy Bernier, Diane Tremblay, Alex Drouin, Magalie Lapointe, Émélie Rivard-Boudreau et Amélie St-Yves  

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