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Les malentendants: les grands incompris de la crise

Présidente d'Audition Québec, Jeanne Choquette
Photo Facebook Présidente d'Audition Québec, Jeanne Choquette

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Avec le port du masque qui se répand dans les commerces, les malentendants ont de plus en plus de difficulté à communiquer, eux qui ont l’habitude de lire sur les lèvres.

«Je reçois des témoignages déchirants. Il y des gens compréhensifs qui acceptent de retirer leur masque pour nous parler, mais il y a des malentendants qui se font crier après malheureusement», a témoigné Jeanne Choquette, présidente Audition Québec.

Cet organisme, qui défend les droits des 10 à 15 % de Québécois qui vivent avec des pertes auditives, a fait parler de lui à travers la francophonie cette semaine après avoir lancé un cri du cœur sur Facebook concernant la pénurie de masques chirurgicaux conçus pour les malentendants.

Ces masques couvrent la bouche avec un tissu transparent de sorte que la personne qui le porte arrive à se faire comprendre par son interlocuteur malentendant. Or, seules deux compagnies américaines en produisent sur le marché nord-américain et elles sont actuellement débordées par la demande.

«Il faut que Santé Canada accélère le processus pour autoriser des entreprises canadiennes à en fabriquer. Avec le déconfinement, la demande va encore augmenter. Les professeurs, les orthophonistes, les audiologistes se demandent comment ils vont faire pour interagir avec des masques conventionnels», a illustré Jeanne Choquette.

Masques artisanaux

Évidemment, ces masques chirurgicaux coûtent très cher et sont principalement conçus pour le personnel médical. Ils ne sont donc pas vraiment appropriés pour les gardiens de sécurité et les employés de magasin, qui sont de plus en plus nombreux à avoir la consigne de se cacher le visage.

Pour ces travailleurs qui ont souvent affaire à des personnes atteintes de problèmes auditifs, quelques compagnies québécoises commencent à offrir des masques artisanaux en tissu avec une ouverture à la bouche.

«On nous demande d’approuver ces masques, mais on n’a pas cette expertise. Il faudrait que Dr Arruda dise clairement dans sa conférence de presse si c’est correct ou non de porter ces masques», a interpellé la présidente d’Audition Québec.

Si ce n’est pas le cas, Mme Choquette croit que les employés qui travaillent dans le public devraient à tout le moins retirer leur masque quand ils servent un client malentendant.

«Quand la caissière a un Plexiglass devant elle, est-ce vraiment nécessaire qu’elle ait un masque? Si elle n’a pas un Plexiglass, est-ce qu’il y a moyen de parler à la personne malentendante à deux mètres? Il faudrait vraiment que Dr Arruda en parle pour rassurer les gens», a poursuivi Mme Choquette, qui, à l’instar de 92 % des malentendants, dépend de la lecture labiale dans la vie de tous les jours.

Et comme la plupart des Québécois qui vivent avec ce handicap, elle ne comprend pas le langage des signes, contrairement à la croyance populaire.

Le réseau peu accommodant

Les besoins des personnes malentendantes restent assez mal compris au Québec et c’est encore plus vrai en ces temps de crise, a dénoncé Mme Choquette.

Elle donne l’exemple des personnes malentendantes qui ont des symptômes et désirent prendre rendez-vous pour un test de dépistage. À l’extérieur de Montréal, elles doivent appeler la ligne téléphonique prévue à cet effet, comme tout le monde, même si elles ne peuvent comprendre l’infirmière à l’autre bout du fil.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.