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Tensions à la prison de Bordeaux en raison de la COVID-19

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MONTRÉAL | Ça brasse à l’Établissement de détention de Montréal, mieux connu sous le nom de prison de Bordeaux.  

Des détenus menacent de déclencher des émeutes et de s’en prendre aux agents correctionnels parce qu’ils leur reprochent d’avoir répandu la COVID-19 dans l’établissement, selon des informations obtenues par TVA Nouvelles.  

Une vingtaine de détenus et une quinzaine d’agents des services correctionnels de l’établissement du boulevard Gouin Ouest sont présentement contaminés par le nouveau coronavirus. 

  • ÉCOUTEZ la chronique judiciaire du journaliste Félix Séguin à QUB Radio:

Sous le couvert de l’anonymat, des agents racontent que la tension a monté d’un cran au cours des derniers jours.  

«Les détenus commencent à capoter, nous dit l’une des sources. Il y a des secteurs qui se retrouvent plus confinés qu’à l’habitude parce que des détenus sont atteints de la COVID-19. Les détenus nous accusent, nous les agents, d’avoir propagé le virus dans la prison. Certains d’entre eux ont même menacé de nous lancer de l’acide à batterie au visage, d’allumer des feux à l’intérieur et de déclencher des émeutes». 

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, confirme que la situation est tendue entre les murs de la prison.   

  • Écoutez l'entrevue de Mathieu Lavoie avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:  

 

«Actuellement, il y a 23 personnes incarcérées dans deux secteurs, un de 170 détenus et un autre de 180 détenus, qui sont positifs à la COVID-19. Il y a d’autres détenus qui sont symptomatiques. De plus, il y a une quinzaine d’agents confirmés positifs. Une dizaine d’agents sont aussi en attente d’un test. C’est certain que la situation amène de la tension dans l’établissement parce qu’on confine les secteurs, il y a aussi des agents en moins», explique M. Lavoie.  

La COVID-19, du CHSLD au pénitencier?  

Un détenu du nom de Michel Cadotte dit ressentir cette tension dans la prison. Cet homme condamné en 2017 à deux ans de prison moins un jour pour l’homicide involontaire de sa conjointe qui souffrait de la maladie d’Alzheimer a été renvoyé au Centre de détention de Montréal pour ne pas avoir respecté les conditions de sa libération conditionnelles, au début du mois d’avril. Il avait été libéré en janvier dernier.  

« Il y a beaucoup de tension de mon côté. Je sais que dans le bâtiment E et le bâtiment C, ils sont confinés 24 heures sur 24. Ça veut dire la moitié de la prison », a calculé Michel Cadotte en entrevue avec TVA Nouvelles, dimanche.  

Ce prisonnier a une idée de comment le nouveau coronavirus pourrait avoir fait son chemin jusqu’à Bordeaux.  

« Ça peut être des agents aussi, mais je sais que la buanderie ici ont des contrats extérieurs de CHSLD. Au début de la COVID-19, ils ne le savaient pas, mais probablement qu’ils ont eu des choses contaminées.»  

Abandonnés par Québec  

Mathieu Lavoie estime par ailleurs que le gouvernement du Québec a mis du temps à agir dans les prisons provinciales.  

«Ça fait un mois qu’on dit qu’il y a une crise qui se prépare dans les établissements carcéraux. Mais c’est seulement cette semaine que la Santé publique s’est présentée au centre de détention de Montréal pour comprendre le contexte carcéral. On n’a pas d’écoute de la part du gouvernement du Québec, on le sent dépassé ou encore, on pense qu’il veut garder dans l’ombre les établissements carcéraux. Les 2700 agents de la paix se sentent abandonnés par le gouvernement Legault», dénonce-t-il.  

Le ministère de la Sécurité publique mentionne plusieurs mesures prises dès mars pour assurer la sécurité du personnel et des détenus. Dans un échange avec TVA Nouvelles, on explique que la mesure de confinement a été prise le 26 mars. Les détenus sont confinés 14 jours avant d’intégrer leurs secteurs respectifs « dans la mesure où ils ne développent aucun symptôme. »  

Toute visite, tout regroupement ou toute activité bénévole sont suspendus depuis le 14 mars, et les personnes condamnées à une peine discontinue n’ont plus à se présenter en détention depuis le 20 mars 2020.  

Le ministère de la Sécurité publique indique que le confinement des personnes incarcérées dans leur cellule est conforme aux directives du service de soins de santé de l’établissement.  

« Du matériel de protection personnel est fourni aux employés dont les tâches le requièrent et des masques de procédure sont mis à la disposition des agents des services correctionnels qui sont en contact avec les personnes incarcérées dans le cadre de leurs fonctions », note-t-on.  

Peu de tests de dépistage  

Le président du syndicat déplore le faible nombre de tests de dépistages effectués dans les prisons provinciales.  

«Il y a eu très peu de tests de dépistage. Si on prend en exemple le centre de détention de Montréal, il y a eu 44 tests auprès des personnes incarcérées sur 960 détenus.  

Dans le réseau au complet, on parle de 121 tests sur une population carcérale qui est à peu de 3600. Très peu de tests aussi chez les agents correctionnels. Certains des agents, testés positifs dans le passé, veulent revenir travailler et ils réclament un deuxième test qui n’est pas disponible. Donc, ils demeurent absents. C’est une situation qui est préoccupante», raconte M. Lavoie.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.