/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Ça va faire!

Coup d'oeil sur cet article

Depuis le début du confinement, combien de fois avez-vous consommé du contenu gratuit ? Un humoriste qui fait ses blagues... sans être payé ? Des musiciens qui jouent... sans faire une cenne ?

Avez-vous pensé que ces artistes, qui ont perdu leurs sources de revenus, nous embellissent la vie au moment même où ils crèvent de faim ? Et que pendant ce temps-là, les « géants de la tech » s’en mettent plein les poches ? Avez-vous pensé aussi aux médias traditionnels qui voient partir en fumée des sources de revenus publicitaires dont se goinfrent les GAFA de ce monde ?

J’ai envie de lancer, au lieu de « Ça va bien aller », un retentissant : « Ça va faire ! »

MANQUER D’OXYGÈNE

Vous avez lu ce qu’a déclaré le musicien Jean-Michel Jarre ? « Il faut une juste rémunération par les GAFA, ces géants du numérique se font du beurre sur le dos du virus et n’ont jamais autant gagné d’argent. Sinon, en 2021, c’est 50 % des acteurs culturels qui vont disparaître dans le monde ».

Pour moi, cette prévision, c’est un scénario de film d’horreur.

En plus, au même moment, à la Bourse, Google, Apple, Facebook et Amazon s’en mettent plein les poches...

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

En fin de semaine, les éditeurs des principaux journaux québécois et canadiens (dont Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec) ont envoyé un message urgent au gouvernement du Canada pour que les GAFA « paient leur juste part ».

C’est rarissime que les éditeurs de La Presse, du Journal, du Devoir, du Globe and Mail et d’autres joignent leurs forces. C’est parce que l’heure est grave.

Comme ils l’écrivaient, d’une même voix, Google et Facebook doivent « payer les contenus protégés par des droits d’auteur et partager les recettes publicitaires et les données qui en découlent ».

C’est comme si le monde culturel et le monde médiatique étaient en train de couler après avoir frappé un méchant iceberg nommé « Coronavirus » mais que les GAFA se la coulaient douce sur leur canot de sauvetage... payé avec nos sous ! Il y a quand même des limites à se moquer des gens.

Les festivals sont annulés les uns après les autres, on ne peut plus aller au théâtre, plus aller voir un spectacle de danse, plus aller au cinéma. Et pendant ce temps-là, on consomme de la culture en ligne. On engraisse les GAFA.

C’est pour cette raison que l’UNESCO a lancé le mouvement Résiliart, dont Jean-Michel Jarre est le porte-parole.

« L’idée toute simple de Résiliart, c’est d’encourager chaque pays à avoir de tels débats (sur les GAFA) et à porter les problématiques sur la scène publique. On va avoir besoin de l’art plus que jamais comme moyen de résilience pour pouvoir se retrouver. »

Ma citation préférée dans ce dossier vient de la chanteuse Angélique Kidjo : « Le jour où les GAFA seront prêts à se lever le matin, aller travailler, et ne pas recevoir de chèque au bout, je pourrai dire oui au contenu gratuit. »

ALLO, OTTAWA ?

Le Canada doit emboîter le pas à l’Australie et à la France et s’assurer que Google et Facebook payent leur juste part. C’est juste... une question d’équité.

Pour nos artistes et pour nos médias.