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Consigne: les bouteilles de bière placées en «quarantaine»?

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Pour pouvoir reprendre la consigne, les camionneurs livreurs de bières demandent que les bouteilles soient placées en «quarantaine» durant plusieurs jours afin d’éliminer les risques de contamination à la COVID-19.  

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La consigne étant en pause depuis le début du confinement, sa reprise s’annonce complexe.  

D’un côté, les détaillants ne veulent pas risquer de mettre la sécurité de leurs clients et de leurs employés en jeu pour recommencer à récupérer des contenants consignés en magasin. De l’autre, les grands brasseurs comme Labatt, Molson Coors et Sleeman ont besoin de bouteilles pour leur production.  

Mais les quelque 400 camionneurs qui livrent la bière aux épiceries et qui sont habituellement chargés de récupérer les bouteilles vides réclament eux aussi des mesures sanitaires strictes.    

«Il y a un système qui doit être mis en place dans les épiceries afin justement de limiter au strict minimum les chances que la COVID-19 soit transmise aux travailleurs et travailleuses qui manipulent les bouteilles», plaide le porte-parole des Teamsters, Stéphane Lacroix.  

Il suggère de placer les caisses de bières consignées «en quarantaine» pour s’assurer qu’il n’y ait plus de risque de contamination lorsque les chauffeurs viendront chercher les contenants.    

«Mettons que [les épiceries] reçoivent les caisses de bières le lundi, ils les mettent en quarantaine pour quelques jours, pis finalement, à la fin de la semaine, les livreurs de Molson, de Labatt, de Sleeman reprennent ces bouteilles-là. À ce moment-là, on croit comprendre, selon la science, que la COVID-19 n’a pas survécu», plaide-t-il. Cette proposition exclut toutefois d’emblée les dépanneurs, qui n’ont pas l’espace requis pour entreposer des palettes de caisses de bières vides.  

Ultimatum du gouvernement  

La semaine dernière, le gouvernement Legault a lancé un ultimatum aux commerçants pour une reprise de la consigne des canettes et des bouteilles, qui s’accumulent dans les chaumières.  

Mais l’Association des détaillants en alimentation est ferme: «On ne peut pas récupérer les contenants consignés à l’intérieur des magasins, pour la simple et bonne raison que la distanciation sociale [ne peut être respectée]», plaide son directeur des affaires publiques, Stéphane Lacasse.  

Les épiceries sont toutefois prêtes à reprendre la consigne à l’extérieur des commerces. «On est prêts à faire notre part, ajoute-t-il, à informer les clients que, telle journée, ils peuvent venir porter les bouteilles, qu’il y aura récupération des bouteilles à l’extérieur du magasin». Un site de dépôt extérieur peut aussi être aménagé, selon M. Lacasse.  

«En temps de pandémie, il faut accepter que le système habituel n’est pas possible», souligne-t-il. Il signale qu’il y a entre 300 et 400 palettes de caisses de bières qui traînent actuellement dans divers entrepôts de détaillants à travers le Québec et qui n’ont pas été récupérées.  

Prudence  

Au Conseil canadien du commerce de détail, on précise qu’il y a une volonté de trouver des solutions, mais que la prudence est de mise.  

«Notre objectif, c’est toujours de nourrir les gens», affirme le directeur des relations gouvernementales, Jean-François Belleau. «Choisir entre un ultimatum du gouvernement et la santé et sécurité de nos employés et consommateurs, on va continuer à avancer prudemment pour la santé et sécurité de nos employés et consommateurs.»  

Manque de bouteilles  

Les brasseurs rappellent pourtant que la consigne a repris partout ailleurs au Canada. Patrice Léger Bourgoin, directeur général de leur association, signale que les inventaires de bouteilles à usages multiples sont à un seuil critique.    

«Pour alimenter mes usines au Québec, ça me prend des bouteilles, sinon je ne peux pas faire rouler mes lignes de production, dit-il. Je commence à manquer de bouteilles!»  

Il rappelle que les autorités de santé publique ont recommandé la reprise de la consigne. Selon lui, il y a actuellement 14 M$ qui ne sont pas remboursés aux consommateurs pour la consigne.  

Au cabinet du ministre de l’Environnement, on met de la pression pour que les détaillants reprennent rapidement les canettes et les bouteilles consignées. «La population commence à ne plus savoir comment entreposer ses contenants consignés. À chaque journée qui passe, les chances de voir ces contenants détruits ou enfouis augmentent», a-t-on fait valoir lundi, dans une déclaration écrite.  

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