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Consommation: l’écologie moins une priorité qu’avant

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L’environnement semble être retombé bien bas dans les priorités des consommateurs québécois, s’il faut en croire une nouvelle étude publiée lundi.

Depuis le début de la crise du coronavirus, l’achat en vrac est redevenu marginal, alors que les produits véganes et biologiques sont délaissés dans les épiceries, révèle un sondage de l’Observatoire de la consommation responsable de l’UQAM.

Certaines habitudes qui étaient pourtant bien ancrées dans les mœurs depuis plusieurs années, comme l’utilisation de sacs réutilisables, s’érodent. Les Québécois sondés ont été 40 % moins nombreux en s’en prévaloir pour faire leur épicerie.

«Il faut dire que plusieurs épiceries les interdisent pour des raisons d’hygiène, mais quand même, ça montre que la santé a surclassé l’environnement. C’est difficile de prévoir les changements à long terme, mais on peut s’attendre à ce que ça dure encore plusieurs mois après la crise», prédit Fabien Durif, le directeur de l’observatoire.

La crise du coronavirus a même réussi à réhabiliter le sac de plastique, qui a pourtant été banni par plusieurs épiceries dans la dernière année et dont l’interdiction complète était prévue pour 2021.

Aujourd’hui, moins de 63 % des Québécois sont favorables à leur élimination, une baisse de presque 13 % par rapport à un coup de sonde réalisé l’an dernier.

En ces temps de pandémie, le sac réutilisable, lui, est considéré comme nuisible à la santé par environ 17 % des Québécois, toujours selon l’Observatoire de la consommation responsable.

En comparaison avec les résultats pour l’ensemble de l’année 2019, on parle de deux fois plus de gens.

«Après la crise, il va falloir rassurer les anxieux. Plus le confinement dure longtemps, plus le sac de plastique risque d’être ancré dans les habitudes à long terme», a ajouté Fabien Durif.

Moins d’achats en vrac

Les peurs reliées à la propagation du virus expliqueraient aussi la chute vertigineuse de l’achat en vrac, qui était pourtant en pleine expansion avant la crise. En 2019, près d’un Québécois sur deux avait adopté cette manière de consommer qui vise à lutter contre la surconsommation de plastique. Depuis le début de la crise, ils sont deux fois moins à apporter leur propre sac et les remplir d’aliments qui ne sont pas emballés.

«Pour le vrac, c’était encore embryonnaire ici, contrairement à l’Europe, par exemple. Les gens qui consomment de cette façon sont déjà sensibilisés à l’environnement, alors ils vont probablement retourner dans les épiceries spécialisées dans le vrac. Par contre, l’adoption du vrac par les supermarchés, ça, c’est sur pause», a nuancé le directeur de l’Observatoire de la consommation responsable.

Bio et végane de retour

M. Durif croit aussi que la situation va rapidement se rétablir pour les produits biologiques et véganes, dont les ventes ont aussi dégringolé au début de la pandémie.

«Quand le confinement a commencé, les gens se sont mis à acheter des choses qu’ils n’auraient pas achetées autrement: du surgelé, des boîtes de conserve, des denrées, comme des œufs et du lait. Les gens étaient en panique. Au cours du mois, les adeptes du bio et du végane sont revenus à leurs habitudes», a-t-il commenté.

Certains chiffres de l’étude mensuelle de l’observatoire sont plus rassurants pour ceux qui ont un souci écologique.

Le discours protectionniste ambiant n’est pas que du vent: l’achat d’aliments locaux a grimpé de semaine en semaine entre le 15 mars et le 15 avril.

Le gaspillage alimentaire a quant à lui reculé. Plus de 40 % des gens disent faire plus attention qu’avant.

Tous ces résultats sont tirés d’un sondage en ligne fait du 17 au 21 avril dernier par MBA Recherche auprès de 1000 Québécois adultes.