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La folie printanière...

La folie printanière...
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Ce premier week-end de mai ensoleillé nous a vu prendre les parcs et les espaces verts d’assaut.  

Il semblerait que même les Cantons-de-l’Est aient été envahis par les touristes. On aurait même aperçu quelques plaques du Vermont dans le village de Sutton.  

Les magnolias embaument, les jonquilles fleurissent, le printemps s’épanouit et l’espoir renaît. 

L’espoir ou l’inconscience? Cette fièvre printanière nous a monté à la tête et nous avons tous appuyé sur le bouton «play». Adieu, le Québec sur pause!  

Dans les parcs de la région montréalaise, la distanciation sociale en a pris pour son rhume. À la vue des photos où des hordes de jeunes se prélassent au soleil, les réseaux sociaux se sont enflammés. Comment faire preuve de tant d’insouciance alors qu’à quelques mètres de là, des gens risquent leur vie pour en sauver d’autres?

La jeunesse a soif de liberté. 

Depuis des semaines et encore ces jours derniers, on nous a seriné que la maladie frappe surtout les personnes âgées et que les décès se comptent davantage parmi les bénéficiaires en CHSLD.  

Comment demander aux jeunes de continuer de se confiner et d’observer une distance physique s’ils ne le font que pour protéger les vieux? Ce n’est pas très sexy, les vieux, et puis ça doit bien disparaître un jour de toute façon... Cruelle, cette jeunesse qui perçoit la vieillesse comme une calamité qui ne l’atteindra jamais. 

La partie n’est pas gagnée. Il reste des zones d’éclosion à Montréal, où le virus ne s’attaque pas qu’aux vieux croûtons. 

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux cette fin de semaine, Georges Laraque, atteint par la COVID-19, nous parle en direct de sa chambre d’hôpital. Le colosse, affaibli, respire à l’aide d’un tube d’oxygène, lui qui tout récemment s’entraînait en vue d’un marathon. Le souffle court, il nous confie que les quelques pas qui mènent de son lit à la salle de bain lui demandent un effort surhumain. Il nous exhorte à prendre la menace de ce virus au sérieux et à ne pas nous croire invincibles. 

Dans la jeune quarantaine et parfaitement en santé, Laraque est loin de figurer parmi les vieux rabougris... 

Le printemps refleurit et on a envie de soleil, de terrasse, d’apéro entre amis. On veut reprendre notre vie. Elle ne nous semblait pas si merveilleuse et pourtant on en rêve...  

J’ai bien peur que ce ne soit pas encore pour aujourd’hui.