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Contrat à un ex-mafieux octroyé «par erreur»

Le patron de l’hôtel qui doit accueillir des malades se dit «stupéfait»

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Photo d'archives, Agence QMI En 2014, les policiers ont cueilli Nicola Valvano rue Aubert, dans l’arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal, à la même adresse qui figure dans les informations sur le contrat avec le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

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Le propriétaire d’un hôtel qui doit accueillir des victimes de la COVID-19 se dit « stupéfait » que les autorités aient signé le contrat de 135 000 $ avec un ex-associé de la mafia qui travaille sur place.  

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 « Le contrat doit être au nom du propriétaire de l’hôtel, qui est la compagnie à numéro au nom de ma femme et moi », affirme Driss Ennabaoui, qui détient l’Hôtel Montréal métropolitain du quartier Saint-Michel.   

L’entreprise avec qui le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal a signé ce contrat de trois mois n’est effectivement pas la sienne.   

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Son unique actionnaire inscrit est plutôt Nicola Valvano, arrêté en 2014 dans une vaste opération contre les contrebandiers de tabac liés à la mafia, comme le rapportait notre Bureau d’enquête lundi.   

Au registre des entreprises (REQ), son adresse dans Saint-Léonard correspond bien à l’appartement où la police l’a arrêté il y a six ans.   

« Nick Valvano n’a rien à voir » avec le contrat, assure tout de même Ennabaoui, qui dit tenter de « comprendre ce qui s’est passé ». « Je suis stupéfait comme vous ! »   

Il affirme que la compagnie qui a signé le contrat n’est chargée que de l’entretien ménager dans l’hôtel.   

Le CIUSSS toujours confus  

De son côté, le CIUSSS semblait toujours convaincu lundi qu’il faisait bien affaire avec la compagnie d’Ennabaoui.   

« Le CIUSSS NIM a octroyé un contrat à l’Hôtel Montréal métropolitain (9374-0538 Québec inc.) », écrivait la porte-parole Marie-Hélène Giguère, liant faussement la compagnie à numéro de Valvano à l’établissement, associé à la chaîne Best Western.   

De son côté, François Legault affirme que les règles d’octroi des places en hôtel pour les victimes de la pandémie seront resserrées, en réaction à nos révélations.   

« C’est quand même inquiétant, là, d’entendre une situation comme celle-là », a dit le premier ministre.   

Des vérifications sont habituellement faites avant d’accorder ce type de contrat, a-t-il aussi affirmé.   

Le CIUSSS assure avoir consulté le registre des entreprises non admissibles, le REQ et l’attestation de Revenu Québec.   

« Nous n’effectuons pas d’enquêtes judiciaires, donc nous n’étions pas au courant des antécédents de M. Valvano », écrit toutefois la porte-parole.   

Arrêt Jordan  

Valvano a été accusé de fraude et de faire partie d’une organisation criminelle. En 2017, il a bénéficié d’un arrêt des procédures dû aux délais fixés par l’arrêt Jordan.   


Si vous avez de l’information sur les propriétaires hébergeant des personnes âgées, contactez notre Bureau d’enquête à hugo.joncas@quebecormedia.com ou alexandre.robillard@quebecormedia.com