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Pas de retour en classe pour des élèves vulnérables

Des parents préfèrent les garder à la maison, faute de services spécialisés à l’école

Suzy Tanguay ecole
Photo Simon Clark Suzy Tanguay en compagnie de son fils Eliot, qui ne sera pas de retour en classe la semaine prochaine parce que le garçon de troisième année n’aura pas accès à l’aide qu’il avait pour ses troubles d’apprentissage en raison du manque de personnel.

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Québec affirme vouloir ouvrir les écoles pour aider les élèves en difficulté, mais plusieurs d’entre eux ne retourneront pas en classe parce qu’ils n’auront plus de services spécialisés, le personnel ayant été réquisitionné pour enseigner à des groupes réduits.

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a toutefois demandé au réseau scolaire en fin de journée, lundi, de corriger le tir à ce chapitre.

Suzy Tanguay avait bien l’intention d’envoyer son garçon à l’école lorsque Québec a annoncé le retour en classe. L’apprentissage à la maison était loin d’être évident pour Eliot, 8 ans, qui souffre de troubles d’apprentissage, dont une dyspraxie et un trouble du déficit de l’attention.

Mais Mme Tanguay s’est ravisée lorsqu’elle a appris, il y a quelques jours, que son garçon n’aurait pas les services de l’éducatrice spécialisée et de l’orthopédagogue prévus dans son plan d’intervention.

Avec un maximum de 15 élèves par classe, l’école doit confier des groupes à d’autres membres du personnel, y compris l’éducatrice et l’orthopédagogue de son garçon, lui a-t-on expliqué.

« Il avait déjà de la difficulté à suivre un groupe avant, imaginez maintenant. Avec tous les changements et l’anxiété que ça va apporter, ça aurait été encore pire, affirme Mme Tanguay. Ça me met un peu en colère. Le premier ministre prend la peine de dire qu’il ouvre les écoles pour les élèves en difficulté, mais on leur enlève leurs ressources. »

Loin d’être un cas isolé

Eliot est loin d’être le seul dans cette situation. Sa mère, qui a témoigné sur les réseaux sociaux, a reçu plus d’une centaine de commentaires de parents qui affirment vivre une situation semblable.

« C’est un non-choix. On nous dit que nos enfants sont sur le top de la pile et qu’on se préoccupe de leurs besoins, mais en même temps, on ne pense pas à mettre en place des mesures de soutien », affirme Bianca Nugent, présidente de la Coalition des parents d’élèves à besoins particuliers, qui s’est elle-même résignée à prendre la même décision pour son fils.

Du côté de la Fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement, on affirme n’avoir pas le choix. « C’est clair qu’on a besoin de tous les bras qui sont là, en plus des finissants et des enseignants du secondaire », affirme son président, Nicolas Prévost.

« Ultime recours »

Le ministre Roberge a toutefois demandé au réseau scolaire de n’avoir recours à des professionnels pour prendre en charge une classe qu’en cas « d’ultime recours ». 

« Les professionnels doivent pouvoir se consacrer à leur tâche première, soit soutenir les élèves les plus vulnérables », peut-on lire dans une directive transmise lundi en début de soirée au réseau scolaire.