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QUB musique: une plateforme axée sur les artistes d’ici

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Les Québécois ont maintenant leur plateforme d’écoute en continu bien à eux. En réponse aux Spotify et autres services de «streaming» internationaux, Québecor lançait lundi QUB musique, un outil voué à mettre particulièrement en valeur les artistes de chez nous.  

Gratuitement jusqu’au 31 juillet 2020, puis au coût de 4,99$ par mois (pour les clients de la téléphonie mobile de Vidéotron et membres de Vidéotron Plus) ou de 11,99$ par mois à compter du 1er d’août, le public a désormais accès à un catalogue de 50 millions de chansons disponibles sur demande et à des centaines de listes de lecture, au qubmusique.ca.        

De Félix Leclerc à Drake, il y en a pour tous les goûts, mais QUB musique accorde une importance spécifique aux talents québécois, ont répété à maintes reprises Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor, et Mathieu Turbide, vice-président, contenus numériques chez Québecor, en point de presse virtuel, lundi matin.     

  

  

«La différence que va offrir QUB musique, c’est une vitrine améliorée, privilégiée, qui mettra davantage en valeur les artistes d’ici que ne le font, et ne le feront jamais, les services actuels internationaux de "streaming"», a souligné Mathieu Turbide, en spécifiant que les airs anglophones et autochtones québécois sont déjà légion sur QUB musique, même si les titres francophones y rayonnent plus largement.        

«On n’est jamais mieux servis que par soi-même. Il n’y a aucune entreprise internationale, si bien intentionnée soit-elle, qui est capable de desservir, avec la sensibilité propre à chaque culture, toutes les sociétés du monde. Pourquoi faudrait-il abdiquer, et que ça soit toujours de grandes solutions internationales qui viennent contrôler la distribution de la culture chez nous, alors qu’on peut le faire nous-mêmes?», a plus tard ajouté le vice-président, en entrevue avec l’Agence QMI.        

  

  

Plus de redevances  

L’équipe de NumériQ, la division numérique de Québecor, a donc pris le taureau par les cornes en consultant les intervenants majeurs de l’industrie – ADISQ, SOCAN, et autres associations d’auteurs-compositeurs, de musiciens, de producteurs et de gestionnaires de droits, entre autres – «pour bien comprendre les ficelles du milieu de la musique», a dépeint Mathieu Turbide.        

Leurs commentaires ont servi à jeter les bases du produit qu’est QUB musique aujourd’hui, et continueront d’enrichir le service au fur et à mesure que celui-ci se bonifiera.        

Évidemment, la question des redevances aux artistes a été l’une des premières soulevées en conférence de presse. Le modèle qui prévaut sur les autres plateformes d’écoute en continu s’appliquera à QUB musique, c’est-à-dire qu’un pourcentage des revenus sera redistribué aux créateurs.        

Comme leurs vis-à-vis, les dirigeants de QUB musique ne dévoilent pas les montants et tarifs octroyés aux artistes à l’écoute de leurs chansons, mais assurent que ceux-ci seront plus élevés qu’ailleurs. QUB musique fait donc «un petit pas» en remettant plus d’argent aux ayants droit, clament ses instigateurs.        

«Le modèle va évoluer, et si, en cours de route, on trouve une meilleure façon de remettre des sous dans les poches des ayants droit, on va le faire», a précisé Mathieu Turbide.        

Ce n’est pas d’hier que Québecor lorgne le «streaming». En 2012, a rappelé Pierre Karl Péladeau, l’entreprise lançait Zik, une autre plateforme du genre, qui, pour toutes sortes de raisons, «n’a pas accouché de sa pleine adolescence», a imagé l’homme d’affaires. Celui-ci est ensuite parti en politique, mais avait à cœur de reprendre le dossier à son retour à la tête de Québecor.       

  

  

Le milieu se réjouit  

Évidemment, l’annonce du lancement de QUB musique a réjoui les diverses institutions du milieu de la musique québécoise.        

«Depuis plusieurs années déjà, les Québécois ont accès à plus de 50 millions de chansons sur des plateformes étrangères, où notre contenu musical peine souvent à sortir du lot. QUB musique propose une offre différente aux Québécois: un service de musique qui mettra à l’avant-plan notre richesse musicale et la créativité de nos artistes. C’est un engagement durable qui est pris aujourd’hui, et c’est une excellente nouvelle pour la musique d’ici», a exprimé Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ.        

La plateforme PalmarèsADISQ a conclu un partenariat avec QUB musique, qui mettra de l’avant certains mouvements initiés par l’ADISQ, comme la campagne #Ensemblecheznous.       

  

  

Artisti, société de gestion collective créée par l’Union des Artistes ayant pour but de gérer et de distribuer les redevances dues aux artistes interprètes, a également salué l’arrivée de QUB musique sur son compte Twitter, lundi.        

Ce qu’il faut savoir sur QUB musique        

• Il s’agit d’une plateforme d’écoute en continu conçue et réalisée au Québec, développée par NumériQ, la division numérique de Québecor.        

• QUB musique est accessible par le biais d’une application mobile, autant pour les usagers Apple qu’Android, et sur le web au qubmusique.ca.        

• Le service propose un imposant catalogue regroupant 50 millions de chansons et des centaines de listes de lecture, élaborées pour répondre aux goûts et aux besoins des gens d’ici. De Drake aux Beatles, de Dua Lipa à Metallica et The Weeknd, QUB musique répondra aux goûts de chacun, avec une mise en valeur particulière des artistes de chez nous.        

• La gestion des redevances aux artistes est gérée par Qobuz, une entreprise établie en France.        

• QUB musique est offerte gratuitement à tous jusqu’au 31 juillet 2020. Dès le 1er août, QUB musique profitera d’un partenariat avec Vidéotron, offrant le service au coût de 4,99$ par mois aux clients de son service de téléphonie mobile et aux membres Vidéotron Plus. Autrement, l’abonnement à QUB musique sera offert au prix de 11,99$ par mois. Des forfaits s’adressant aux familles seront éventuellement disponibles.        

• Les abonnés pourront créer leurs propres listes de lecture, découvrir ce que les artistes écoutent et obtenir du contenu exclusif.        

• Le lancement de la plateforme a été devancé en raison de la pandémie de COVID-19, Québecor ayant à cœur de faire rayonner le talent d’ici en cette période difficile pour les artistes.        

Guylaine Tanguay prend sa mission à cœur        

Ambassadrice de QUB musique, avec Alex Nevsky et Yann Perreau, Guylaine Tanguay se donne comme mission de familiariser ou de réconcilier son public avec les plateformes d’écoute en continu.        

«Moi, mon mandat, c’est de dire à ma gang, à ceux et celles qui achètent encore des disques, qu’on peut acheter les mêmes albums sur les plateformes», a expliqué la chanteuse en entrevue. «Vous pouvez acheter des chansons uniques, choisir ce que vous voulez au complet, et ce n’est pas grave! Vous avez le droit de le faire, et vous n’avez pas à vous sentir mal. On a beaucoup dit publiquement que les artistes ne recevaient pas assez d’argent de ces services, mais il faut évoluer, s’adapter à ce qui se passe. Oui, à une époque, la musique se vendait physiquement, mais on n’est plus là. C’est une façon de vendre notre musique. La musique doit circuler, et c’est une bonne façon de le faire.»        

Celle qui dit avoir encore sa petite collection de disques compacts à la maison trépigne d’impatience à l’idée d’aller fouiller dans le catalogue de QUB musique pour y faire des découvertes.        

«Si je vois et entends sur QUB musique des artistes country qu’on ne trouve pas sur les autres plateformes, je vais être fière! Moi, je veux dire aux gens qu’on est là, qu’on existe, et de ne pas avoir peur d’aller écouter leurs artistes là-dessus et de faire leurs listes d’écoute», a ajouté Guylaine Tanguay, qui a cinq listes de lecture à son nom sur QUB musique, dont celles de ses «Classiques» et ses «Essentiels».