/finance/business
Navigation

Québecor veut ramener la propriété du Cirque du Soleil au Québec

L’organisation, à bout de souffle, envisage de se mettre à l’abri de ses créanciers

Coup d'oeil sur cet article

Le géant Québecor est prêt à investir des centaines de millions de dollars dans le Cirque du Soleil pour ramener sa propriété au Québec et permettre à l’entreprise de respecter ses obligations et payer ses travailleurs. 

Le conglomérat montréalais, propriétaire notamment du Journal, a annoncé lundi par voie de communiqué sa « détermination de participer au sauvetage de cette force créatrice, de ce moteur économique de Montréal et du Québec, et de cet ambassadeur du talent québécois qu’est le Cirque du Soleil sur le plan international ». 

Le Cirque du Soleil vit actuellement de graves difficultés en raison notamment de la pandémie.  

La crise sanitaire l’a contraint d’annuler temporairement l’essentiel de ses spectacles. Une source a confié au Journal à la fin mars que l’entreprise envisageait de se mettre en faillite, parmi d’autres scénarios.  

L’entreprise a mis à pied, le 17 mars, 95 % de son personnel, soit 2600 employés. Des travailleurs du Cirque, incluant des artisans de la scène, n’auraient pas été payés pour leur travail depuis des mois.  

  • ÉCOUTEZ Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, à QUB radio :

Lourde dette 

Selon l’agence de notation Moody’s, le Cirque du Soleil était déjà affaibli avant la crise en raison d’une lourde dette qu’elle traînait depuis sa vente en 2015 à des intérêts américains et chinois. L’agence notait aussi une sous-performance continue dans plusieurs secteurs clés identifiés pour la croissance. 

Le quartier général du Cirque du Soleil, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.
Photo d'archives, Martin Chevalier
Le quartier général du Cirque du Soleil, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.

Vendredi, Le Journal révélait que des lobbyistes du Cirque avaient communiqué avec pas moins de trois ministres fédéraux en mars dans l’espoir d’obtenir une aide financière d’urgence.  

Le ministre de l’Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon, a aussi indiqué à Tout le monde en parle, dimanche, qu’il s’attendait à devoir remettre de l’argent public dans la compagnie. 

« Manœuvres navrantes » 

 

Québecor a indiqué lundi avoir été forcée de communiquer publiquement son intérêt pour le Cirque en raison de ce qu’elle qualifie de « manœuvres navrantes » de la direction actuelle du Cirque, qui refuserait de lui divulguer sa réelle situation financière. Le Cirque a mis en demeure Québecor vendredi de cesser de publier des articles à son sujet. 

Le Journal a révélé la semaine dernière que l’actionnaire principal du Cirque, le fonds texan TPG, contrôlait le Cirque depuis un paradis fiscal. 

« Nous n’allons pas commenter publiquement les intentions de Québecor. Pour l’instant, nous avons le soutien de nos actionnaires qui continuent de nous appuyer. Notre priorité demeure la protection de notre marque et la réputation de notre entreprise », nous a indiqué lundi la porte-parole du Cirque, Caroline Couillard.  


« Nous ne pouvons comprendre l’absence d’empressement d’agir de la part de la direction du Cirque, car, chaque jour qui passe, l’avenir de cette entreprise s’hypothèque dangereusement. » –Pierre Karl Péladeau, PDG de Québecor