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Difficultés scolaires : une mère hésite à renvoyer ses enfants à l’école

Amélie Guérin et ses deux filles
Photo courtoisie Amélie Guérin et ses deux filles

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Une mère de deux enfants aux prises avec des difficultés scolaires hésite fortement à les renvoyer à l’école, le 19 mai prochain, en raison des directives de santé publique.   

Les filles d’Amélie Guérin ont un trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Une correspondance avec l’école de l’une de ses filles a soulevé plusieurs interrogations.   

«Ce que je comprends, c’est qu’ils ne seront pas du tout en mesure de lui offrir l’aide qu’elle avait auparavant, en gardant le deux mètres de distance. On ne sait pas si elle va avoir son professeur habituel. Les enfants n’ont pas le droit de se lever de leur pupitre», a-t-elle affirmé en entrevue à QUB radio avec Geneviève Pettersen.   

  

  

Même si elle travaille toujours à temps plein, Mme Guérin se demande s’il ne serait pas mieux de les garder à la maison et de leur accorder elle-même une heure par jour pour leurs études.   

«Ça me fait beaucoup de peine. Je pense que les profs et la direction vont faire tout en leur possible pour que, psychologiquement, les enfants ne se sentent pas trop contraints, mais de la manière dont on me décrit l’école, ce n’est pas un endroit où on favorise l’éducation des enfants, mais plutôt un lieu de supervision», a-t-elle déclaré.   

Denis Leclerc, président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, indique, qu’en effet, ce ne sera pas du gâteau.   

«La proximité est présente et elle est souhaitable dans un environnement de socialisation. Pour l’intervenant, on utilise souvent cette proximité pour que la relation de confiance se développe. Donc, ce que l’on va convenir, c’est qu’on ne sera pas dans un contexte idéal, on ne sera pas dans le contexte habituel, mais l’alternative est quoi? De ne rien offrir à l’enfant? Non. Tout le monde va devoir être créatif», a-t-il expliqué, toujours au micro de Geneviève Pettersen, à QUB radio.   

  

  

M. Leclerc utilise justement l’exemple d’un enfant hyperactif pour illustrer la complexité de la situation.   

«Quand on va le contraindre dans un espace et qu’on va dire, tu ne dois pas bouger, ça va être tout un défi. Les intervenants vont peut-être travailler avec cet enfant-là pour justement trouver des façons de vivre ce défi qui est plus grand pour lui que pour un autre voisin dans la même classe», a-t-il témoigné.   

Si ce n’est pas simple à première vue, le président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec précise toutefois que c’est justement pour les enfants aux prises avec des difficultés scolaires que le retour en classe est important et qu’il ne faut pas les mettre de côté.   

«Si on excluait les élèves pour lesquels ça va être plus difficile le contexte actuel, on ferait juste augmenter les écarts entre ceux qui n’ont pas de difficulté et ceux qui en ont. Il faut plutôt profiter de cette occasion pour essayer de les faire cheminer et ajuster pour chacun des enfants», a-t-il indiqué. 

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