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La dépendance à Netflix

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En confinement, il faut bien passer le temps. On s’occupe comme on peut. Et la meilleure manière de s’occuper, pour un très grand nombre, c’est d’écouter des séries télé.

Cela va presque de soi. Une bonne partie du génie créatif de notre temps passe par là. C’est toujours mieux que de participer aux 1000 défis exaspérants auxquels on nous invite quotidiennement sur Facebook !

Écrans

Comment résister à The Young Pope et a The New Pope, de Paolo Sorrentino ? Comment ne pas se laisser gagner par l’humour caustique de La méthode Kominsky avec Michael Douglas et Alan Arkin ? Le Québec sait aussi briller dans le domaine.

Je ne m’exclus pas du lot ; des séries, j’en visionne. Mais je ne peux m’empêcher de confesser mon inquiétude devant ce que j’appellerais la dépendance généralisée à Netflix.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Elle ne date pas de notre encasernement dans un univers pandémique. 

Ce n’est pas d’hier que les écrans occupent une part toujours croissante de notre temps de cerveau disponible, au point d’écraser tout le reste.

Cette dépendance s’expose ouvertement quand, sur les médias sociaux, certains demandent, avec quelque désespoir, si on trouve quelque chose de nouveau sur Netflix, parce qu’ils ont l’impression d’avoir fait le tour des séries intéressantes qui s’y trouvent. Ils ont alors un sentiment de manque, de vide.

Il faut savoir décrocher de son écran – j’allais dire, s’en délivrer – parce qu’il peut nous asservir.

Décrocher

J’ai souvent plaidé en ces pages pour la lecture, et je le ferai encore. Nous ne saurions nous contenter, pour voyager mentalement, de nous asseoir devant la télévision ou un ordinateur.

Je suis convaincu qu’ils sont nombreux à s’être promis, il y a quelques semaines, de transformer cette expérience inédite en grande séance de rattrapage de lecture. Combien y sont parvenus ?

Il existe un art de la lecture. 

Nous l’avons perdu. Nous devons le retrouver.