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COVID-19: les régions ouvrent lentement, Montréal doit encore attendre

Des commerçants de la région métropolitaine prennent leur mal en patience, contrairement au reste du Québec

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Des gens d’affaires qui ne peuvent pas vendre en ligne tous leurs souliers, matelas ou produits de vapotage sont frustrés du report de la réouverture des commerces dans la grande région de Montréal.  

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Alain Sarrieu, en affaires dans le vapotage, ne peut vendre ses produits par internet.
Photo courtoisie
Alain Sarrieu, en affaires dans le vapotage, ne peut vendre ses produits par internet.

« Je suis dégoûté de la situation », lance Alain Sarrieu, propriétaire de cinq boutiques de vapotage situées dans la grande région métropolitaine.        

Le premier ministre Legault a annoncé hier que les commerces de la région de Montréal ne pourraient plus rouvrir le 11 mai comme prévu, mais devront attendre au 18 mai.        

Myriame Taillefer, du magasin Chaussez en grand, sur la rue Saint-Hubert, doit en faire autant.
Photo Pierre-Paul Poulin
Myriame Taillefer, du magasin Chaussez en grand, sur la rue Saint-Hubert, doit en faire autant.

« Nous avions mis des mesures en place. Nous étions prêts », témoigne Myriame Taillefer, propriétaire du magasin Chaussez en grand à Montréal.        

La plupart des commerçants interrogés disent comprendre la décision du gouvernement en ces temps de pandémie. Mais dans certains domaines, elle fait particulièrement mal. C’est le cas des boutiques de chaussures, où l’essayage en magasin reste de mise.        

« Seulement les ventes en ligne, ce n’est pas suffisant. Nos revenus ont chuté de 90 % par rapport à l’an dernier », dit Mme Taillefer.        

« Injuste »  

« On perd à peu près 200 000 $ depuis le 15 mars. C’est très dur et très angoissant », abonde Ginette Auger, copropriétaire de la boutique Le Marcheur à Montréal.      

  

Yves Archambault et Ginette Auger, propriétaires de la boutique Le Marcheur à Montréal, devront prendre leur mal en patience.
Photo Jonathan Tremblay
Yves Archambault et Ginette Auger, propriétaires de la boutique Le Marcheur à Montréal, devront prendre leur mal en patience.

Avec deux ou trois clients à l’heure, le risque de contamination est plus faible dans sa boutique que dans n’importe quelle grande surface déjà ouverte, estime-t-elle.        

Du côté de l’industrie du vapotage, le sentiment d’injustice est d’autant plus grand que les produits n’ont pas le droit d’être vendus par internet, étant encadrés par la loi du tabac.        

« Je reçois une centaine de courriels de clients par jour. [...] Il y a des gens qui m’ont appelé de la Gaspésie, du lac Saint-Jean, dit M. Sarrieu. Je me sens mal. Je n’ai pas de solution pour eux. »       

Pendant ce temps, la Société des alcools du Québec et la Société québécoise du cannabis sont toujours ouvertes.        

« La nicotine, c’est un besoin essentiel », plaide-t-il.       

Pas de yoyo  

Pour Michel Leblanc, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la nouvelle du report est « décevante ».        

Il salue toutefois la décision du gouvernement de ne pas l’annoncer à la dernière minute.        

« Lorsque nous rouvrirons les commerces, il faudra s’assurer qu’on ne les referme pas à nouveau. Ceci ferait beaucoup plus mal que de retarder d’une semaine », dit Billy Walsh, de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal.        

– Avec Elsa Iskander, Agence QMI  

Une propriétaire est soulagée que l’ouverture soit retardée  

La propriétaire d’une boutique de jouets de la Rive-Nord de Montréal est heureuse que le gouvernement retarde l’ouverture des commerces de sa région, puisqu’elle réalise de bonnes affaires sur internet et s’inquiète de l’attitude qu’auront certains clients.  

Cédérick Caron, Le Journal de Montréal  

« Mes ventes en ligne ont fait exploser mon chiffre d’affaires, qui a pratiquement doublé par rapport à l’an dernier. J’ai même manqué de personnel à un moment donné », affirme Marcelle Geoffroy, du magasin La Jouetterie de Blainville.       

« Honnêtement, ça ne me tentait pas du tout d’ouvrir la semaine prochaine. Plus ça va ouvrir tard et plus je vais être soulagée pour la santé et la sécurité de mes employés », poursuit-elle.       

Clients fâchés  

Le commerce ouvert depuis 15 ans a mis en place les mesures nécessaires pour accueillir ses clients, mais la propriétaire s’interroge sur le comportement que ceux-ci adopteront en boutique.       

« En ce moment, même si on est fermé, des clients viennent cogner à la porte du magasin accompagnés de leurs enfants pour nous demander de faire une exception et de les laisser entrer faire un achat. Certains sont vraiment fâchés quand on refuse », raconte Mme Geoffroy, qui n’est pas la seule à être soulagée parmi les commerçants de la Communauté métropolitaine de Montréal.       

Priorité santé  

« La santé vient avant l’économie », dit Jack Hallack, propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Jaco Uomo située sur la rue Saint-
Hubert, à Montréal.       

De toute façon, même s’il rouvrait ses portes, les mariages ont été annulés et les gens travaillent de la maison.        

« Ils n’ont plus besoin de s’habiller », ironise-t-il.       

– Avec la collaboration de Dominique Scali  

  

Une ouverture attendue  

Pendant que les commerçants du Grand Montréal doivent attendre une semaine de plus avant de pouvoir ouvrir leurs portes en raison de la COVID-19, plusieurs magasins en région ont recommencé à servir leurs clients hier. Si certaines boutiques ont choisi de rester fermées, celles qui ont ouvert ont soumis les acheteurs à de nouvelles contraintes de magasinage.  

Des plexiglas en renfort  

Photo Alex Drouin

Un commerce de Sherbrooke spécialisé dans la course à pied a pris les grands moyens pour s’assurer que sa réouverture se fait de façon sécuritaire en installant des plexiglas entre les clients qui essayent les chaussures et ses employés qui les conseillent.        

« Je dirais que 99 % de nos clients qui sont passés dans la journée [hier] ont apprécié et ont trouvé l’idée très bonne », estime le copropriétaire de la boutique Le Coureur, Kenny Beaudette.        

Trois stations d’essayage temporaires construites avec six panneaux de plexiglas permettent d’éviter tout contact entre les employés et les clients.        

– Alex Drouin, collaboration spéciale  

Des commerces restent fermés  

Photo Cédérick Caron

Plusieurs commerces de Saint-Jérôme et de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, ont choisi de ne pas ouvrir leurs portes hier bien qu’ils en avaient le droit.       

Béatrice Paquet s’est cogné le nez sur les portes closes du magasin HomeSense à Saint-Jérôme. La future mère de 20 ans espérait pouvoir trouver les derniers éléments nécessaires pour compléter la décoration de la chambre de la petite Arielle qui doit naître à la fin du mois de juin.       

« J’étais impatiente de finir, mais ça sera pour une autre fois », lance Mme Paquet avec le sourire.        

– Cédérick Caron   

Impatients de se procurer de l’électronique  

Photo Cédérick Caron

Une cinquantaine de clients faisaient la file autour du magasin Best Buy de Saint-Jérôme, au nord de Montréal, 15 minutes après la réouverture du commerce. Il faut préciser que seuls deux clients pouvaient entrer en même temps et devaient rester dans le hall d’entrée. Ils pouvaient venir faire un échange, récupérer une commande en ligne ou demander à un vendeur d’aller chercher un produit dans les allées.        

– Cédérick Caron 

  

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