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Un médicament japonais suscite l’espoir à travers le monde

Le favipiravir réduirait le délai de guérison, selon des études préliminaires

Un médicament japonais suscite l’espoir à travers le monde
Photo AFP

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Un traitement expérimental japonais suscite de l’intérêt autour du globe, alors que des essais préliminaires suggèrent qu’il pourrait favoriser la guérison des patients souffrant du nouveau coronavirus.

Au même titre que le remdesivir aux États-Unis, dont l’usage est maintenant permis chez nos voisins du sud pour les patients les plus critiques, le Japon cherche à accélérer la recherche sur le favipiravir.

Ce médicament antiviral conçu par la multinationale Fujifilm, mieux connue pour ses produits de photographie, mais également active dans le domaine médical, est vendu depuis 2014 au Japon sous le nom commercial d’Avigan.

Il était utilisé jusqu’à maintenant pour traiter la grippe, mais uniquement en dernier recours face à des virus nouveaux ou résurgents.

Au Japon, en Chine, en Italie et aux États-Unis, il a commencé à être testé sur certains patients atteints de la COVID-19, dans le cadre d’essais cliniques, a rapporté récemment la chaîne américaine CNBC.

Les premiers résultats laissent penser que le favipiravir contribue à réduire la durée de la maladie et qu’il pourrait aider un plus large éventail de patients, notamment ceux qui ont des symptômes modérés. 

Toutefois, des inquiétudes subsistent en ce qui concerne ses effets secondaires sur les femmes enceintes.

Des patients traités dans 43 pays

Lors d’essais à Wuhan, où la crise mondiale a pris naissance, 8,2 % des patients ayant reçu le favipiravir ont nécessité une aide respiratoire, contre 17,1 % pour les sujets qui ne l’ont pas reçu, ont annoncé les autorités chinoises en mars.

Devant l’intérêt suscité à l’étranger, et pour poursuivre les études, le gouvernement nippon a indiqué la semaine dernière qu’il allait envoyer dans 43 pays des quantités suffisantes de favipiravir pour traiter entre 20 et 100 patients chacun.

En entrevue, le professeur de l’UQAM et expert en virologie Benoît Barbeau rappelle que de nombreux médicaments conçus à l’origine pour combattre d’autres virus font maintenant l’objet d’une nouvelle attention dans la foulée de la pandémie.

En attendant un vaccin

S’il est confirmé que le favipiravir a un effet positif sur la guérison des personnes qui ont des symptômes modérés du coronavirus, « l’utilisation d’un tel médicament pourrait en effet être privilégiée chez des personnes qui sont plus vulnérables », pour prévenir les formes graves de l’infection, estime le professeur Barbeau.

Selon lui, la recherche d’un médicament contre la COVID-19 est essentielle puisque le développement d’un vaccin, « l’objectif clé dans cette lutte », pourrait être long. Toutes les avenues doivent donc être explorées.

Fujifilm, tout en reconnaissant que d’autres données seront nécessaires pour démontrer l’innocuité et l’efficacité de son produit, prévoit d’augmenter progressivement la production mensuelle d’Avigan pour atteindre 100 000 traitements d’ici juillet 2020.

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