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Sylvain Larocque: l’humour comme soupape

Sylvain Larocque: l’humour comme soupape
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Actif en humour depuis près de 30 ans, Sylvain Larocque n’a pas ralenti ses ardeurs depuis le début du confinement. Certes, une trentaine de représentations de son spectacle «On aura tout vu» ont été annulées, mais il se tient fort occupé grâce à des alternatives comiques uniques. 

Série de bien-cuits

Tous les mardis à 19 h, en direct sur sa page Facebook, l’artiste et plusieurs de ses collègues se réunissent gratuitement afin d’offrir un rendez-vous de «Sur le grill en quarantaine», une série de bien-cuits ciblant des humoristes. Mario Tessier et Laurent Paquin ont déjà été les centres d’attention; Mathieu Cyr sera le prochain. 

«On fait ça pour donner du plaisir aux gens, explique l’animateur Sylvain Larocque. On est une soupape, on relâche une pression chez les gens. Ils sortent d’un "show" d’humour et sont un peu comme après le "gym": ils sont soulagés, plus calmes. Si on peut aider à produire cet effet-là dans une situation qui est extrêmement tendue - pour bien des gens, le confinement, c’est très difficile à vivre -, alors on essaie de mettre l’épaule à la roue.» 

Les aînés négligés

En cette période où le rire peut procurer un bien immense, Sylvain Larocque a aussi accepté un beau défi en avril: celui d’offrir trois prestations de 30 minutes à l’extérieur, devant des balcons de la résidence de personnes âgées Manoir Fontainebleau située à Blainville. 

L’initiative n’a pas été simple, mais elle s’est avérée fort positive. «Quand tu vois l’effet que ça donne chez eux, le niveau d’appréciation, au bout de tout ça tu te sens bien. Aider les autres, donner aux gens, c’est bon pour nous aussi. Je dirais même qu’il y a un peu d’égoïsme dans le bénévolat; ça fait autant de bien à nous. Je suis revenu de là, j’étais rempli d’énergie: j’ai écrit toute la nuit.» 

Galvanisé par le succès de cette formule balcons qu’il qualifie de «sérénade d’humour», le principal intéressé souhaite remettre ça plus d’une fois. «On essaie d’organiser une mini-tournée dans des résidences d’aînés. Il y a quelques-uns de mes amis humoristes qui se sont proposés pour embarquer. On va voir si ça se peut, mais on espère.» 

Selon Sylvain Larocque, les personnes âgées ne cessent d’être négligées. Et ça ne date pas d’hier. «La situation était déjà grave dans les CHSLD avant la crise. Je trouve que ce n’est pas dans nos moeurs nord-américaines de prendre beaucoup soin de nos aînés, contrairement à certains pays orientaux, des cultures où ils sont respectés pour leurs connaissances. Ici, ils sont souvent poussés de côté parce qu’ils ne sont pas dans l’âge actif de leur vie. Je trouve ça très dommage.» 

Besoin viscéral

Bien qu’il ne manque pas de choix au niveau des projets d’écriture comique - il développe notamment deux séries télé -, l’humoriste confie s’ennuyer grandement des planches. «La scène devient un besoin: si l’adrénaline se vendait en petites seringues sur les coins de rue, il y aura des humoristes drogués, c’est sûr.» 

Pour lui, la COVID-19 «va tout changer» dans le cadre de sa profession. «Les humoristes de ma génération, on n’est pas très présents sur les réseaux sociaux ou sur internet en général. La COVID-19 m’a fait réaliser qu’il était temps que j’embarque. Dans mon sous-sol, je suis en train de me monter un studio; je me suis acheté blue screen, micro, caméra. Ça va nous précipiter dans l’ère moderne, du moins ceux qui n’étaient pas encore là.»