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Bombardier encore sur le point de demander l’aide de l’État

La Caisse a récemment réinjecté 544 millions de dollars dans la multinationale

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Après avoir reçu une aide d’urgence de plus d’un demi-milliard de dollars de la Caisse de dépôt, Bombardier se tient prête à demander un autre coup de pouce aux gouvernements. 

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Le nouveau PDG de Bombardier, Éric Martel, a tenu hier sa première téléconférence avec les analystes financiers. Il est de retour au sein de l’entreprise depuis le 6 avril. Il y avait œuvré de 2002 à 2015, avant de passer près de cinq ans à la barre d’Hydro-Québec.
Photos d'archives, Martin Alarie et Pierre-Paul Poulin
Le nouveau PDG de Bombardier, Éric Martel, a tenu hier sa première téléconférence avec les analystes financiers. Il est de retour au sein de l’entreprise depuis le 6 avril. Il y avait œuvré de 2002 à 2015, avant de passer près de cinq ans à la barre d’Hydro-Québec.

« Il est possible que nous ayons besoin d’aide temporaire à un certain moment si les affaires ne reprennent pas », a déclaré hier aux journalistes le nouveau PDG de la multinationale québécoise, Éric Martel, qui est en poste depuis le 6 avril après un mandat de près de cinq ans à la tête d’Hydro-Québec. 

L’aide pourrait prendre la forme d’un financement pour les avions construits, mais qui ne peuvent pas être livrés en raison de la fermeture des frontières. 

La COVID coûte cher 

Pendant les trois premiers mois de 2020, Bombardier a utilisé plus de 1,6 milliard $ US de liquidités, soit deux fois plus que ce que les analystes anticipaient. L’écart s’explique principalement par la baisse des livraisons d’avions, la fermeture temporaire d’usines et la rareté des nouvelles commandes. 

Pour renflouer un peu ses coffres, Bombardier a fait appel à la Caisse, qui a accepté de réinjecter 544 millions $ dans la division ferroviaire de l’entreprise. 

L’investissement générera un rendement annuel de 15 % pour la Caisse. Il provient de l’enveloppe de 4 milliards $ mise en place par l’institution pour aider le Québec inc. à survivre à la pandémie.  

« Circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles », a résumé au Journal un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon. 

Licenciements en vue 

Malgré tout, des centaines de travailleurs québécois de Bombardier pourraient être licenciés au cours des prochaines semaines en raison de l’impact profond de la crise sur l’aviation d’affaires.  

L’entreprise a indiqué hier qu’elle s’apprêtait à « aligner » ses cadences de production avec la demande du marché, « qui devrait accuser une baisse de 30 % à 35 % ». Les avions Challenger, qui font travailler environ 1500 personnes à Montréal, pourraient être particulièrement touchés. 

« Dans quelle mesure ça va affecter nos membres, on ne le sait pas encore. [...] On s’est fait dire qu’il y a des gens qui ne seraient pas rappelés » dans le cadre du retour au travail prévu la semaine prochaine, a affirmé David Chartrand, coordonnateur à l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale. 

M. Martel espère toutefois que les craintes sanitaires auront pour effet d’accroître les ventes de jets d’affaires. 

« La COVID va clairement amener de nouveaux besoins et les avions d’affaires deviennent probablement une solution plus sécuritaire que l’avion commercial pour voyager », a-t-il soutenu. 

Bombardier au premier trimestre de 2020   

  • Revenus : 3,7 G$ (+5 %) 
  • Perte nette : 200 M$ US (profits de 239 M$ US l’an dernier) 
  • Carnet de commandes : 52,1 G$ US (-7,5 %) 
  • Utilisation des flux de trésorerie : 1,6 G$ US 
  • Dette : 9,3 G$ US 
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