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L’achat local sera-t-il aussi fort après la crise?

Il y a un écart entre l’intention et les actions

CASA 0502 Épicerie en toute sécurité
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Malgré un fort mouvement en faveur de l’achat local, on est encore loin de la coupe aux lèvres pour les entreprises québécoises, soutient le président de Léger.

« Oui, les Québécois sont vite devenus plus attentifs à l’origine des produits qu’ils consomment ». Même que pendant la dernière semaine, 16 % ont acheté un produit local et 58 % veulent le faire plus souvent.

« Le hic, prévient Jean-Marc Léger, est qu’entre les bonnes intentions des Québécois et leurs actions, il y a souvent tout un écart. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler que les Québécois sont à la fois les plus catholiques et les moins pratiquants du monde ! » 

La prudence de l’homme d’affaires s’appuie en outre sur ce que pourrait être la réalité économique du Québec, au lendemain de la pandémie. 

Avec moins d’emplois, un endettement individuel et collectif plus élevé, et des compressions à tous les niveaux de l’État, les consommateurs pourraient vite revenir à leurs vieilles habitudes d’achat, pense-t-il.

Attention aux prix

« Inquiets, déjà 32 % des consommateurs ont réduit leurs achats de produits non essentiels », a indiqué M. Léger lors d’un webinaire de la Chambre de commerce de Montréal. Les choses changeront-elles dans les mois et années à venir ? Les Québécois estimeront-ils toujours avoir les moyens d’une consommation plus responsable au sortir de la crise ? Nul ne sait.

Tout en encourageant les entrepreneurs à exploiter cette nouvelle sensibilité au produit « fait au Québec », le sondeur conseille la prudence au moment de fixer les prix. En temps normal, un Québécois accepte de payer une prime de « 5 % à 8 % » pour un produit local. 

Au-delà de ce niveau, il a tendance à se tourner vers les produits de grandes distributions. 

Sans connaître l’avenir, l’expert prévient qu’au sortir de la crise, la tolérance des consommateurs à des prix plus élevés pour des produits locaux risque de n’être guère plus grande. 

La consommation, la pandémie et les Québécois  

La quantité avant la qualité ? 

Les Québécois achètent en plus grande quantité qu’auparavant. 

  • 26 % des Québécois font maintenant des réserves. 
  • 36 % des jeunes ménages font des réserves. 

Un retour à l’essentiel ?

L’alimentation et les produits de santé semblent devenus plus importants. 

  • 32 % des Québécois ont réduit leurs achats non essentiels. 

Source : Léger