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Hausse vertigineuse du taux de chômage au Québec en avril

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OTTAWA | Le taux de chômage au Canada a augmenté de 5,2 points de pourcentage en avril pour atteindre 13%, tandis qu’il s’est établi à 17% au Québec, notamment en raison d’une baisse prononcée de l’emploi due aux mesures prises pour atténuer la propagation de la COVID-19.  

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À 17%, il s’agit «du taux le plus élevé enregistré dans la Belle Province, ainsi que du taux le plus élevé parmi les provinces», a fait savoir Statistique Canada vendredi. 

Les mesures prises par le gouvernement et les autorités de santé publique pour atténuer la propagation de la COVID-19, notamment le Québec mis sur pause, ont eu un effet significatif sur l’emploi et la situation pourrait être pire, croient certains analystes.   

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Le nombre de chômeurs a crû plus rapidement (+101% ou +367 000) au Québec que dans les autres provinces. De plus, la hausse du nombre de personnes mises à pied temporairement (données non désaisonnalisées) a été proportionnellement plus élevée au Québec qu’ailleurs, tandis que la hausse du nombre de personnes inactives a été proportionnellement plus faible.   

C’est aussi le Québec qui a enregistré la baisse la plus prononcée de l’emploi (-18,7% ou -821 000) comparativement à février.   

En raison de la fermeture de tous les chantiers de construction le 23 mars, après la semaine de référence de l’enquête de Statistique Canada, l'emploi dans le secteur de la construction a reculé de 38,6% en avril.   

Lorsqu’on regarde la situation dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, on constate que le taux de chômage s'est établi à 18,2 % en avril, en hausse de 13,4 points de pourcentage depuis février, tandis qu’à Toronto, il s'est établi à 11,1 % en avril (en hausse de 5,6 points de pourcentage depuis février), et à 10,8 % à Vancouver. 

La COVID coûte trois millions d’emplois  

Au pays, après une hausse de 2,2 points de pourcentage enregistrée en mars, le taux de chômage a connu une nouvelle hausse de 5,2 points de pourcentage en avril pour atteindre 13%, proche du sommet de 13,1% atteint en décembre 1982.   

«Le taux de chômage d'avril serait de 17,8% une fois les données ajustées pour prendre en compte les personnes qui n'ont pas été considérées comme des chômeurs pour des raisons propres à la crise économique liée à la COVID-19», a toutefois précisé l’agence fédérale.   

Elle note que près de deux millions d’emplois ont été perdus en avril au pays, en plus d’un million d’emplois évaporés en mars, «ce qui a porté la baisse totale de l'emploi à plus de trois millions depuis le début de la crise économique liée à la COVID-19».   

En l’occurrence, 1 100 000 personnes étaient inactives au cours de la semaine du 12 avril, mais elles avaient travaillé récemment (en mars ou en avril) et voulaient travailler. Elles n'ont pas été considérées comme étant au chômage, mais elles ont été considérées comme inactives parce qu'elles n'ont pas cherché d'emploi, vraisemblablement en raison des fermetures prolongées d'entreprises et des occasions très limitées de trouver du travail.   

Par ailleurs, Statistique Canada note que le nombre total de chômeurs a augmenté de 1 285 000 (+113,3%) de février à avril.   

«L'ampleur de la baisse de l'emploi observée depuis février (-15,7%) dépasse de loin les diminutions enregistrées au cours des ralentissements du marché du travail antérieurs. Par exemple, la récession de 1981-1982 a entraîné une baisse totale de l'emploi de 612 000 (-5,4%) au cours d'une période d'environ 17 mois», a-t-on ajouté.   

Des réactions 

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a réagi aux données catastrophiques du chômage. «Il y a des Canadiens à travers le pays qui ont besoin de notre soutien, et les statistiques de l’emploi parues aujourd’hui nous le rappellent. Sachez que nous travaillons jour et nuit pour que vous ayez le soutien nécessaire maintenant et dans les semaines et mois à venir», a-t-il écrit sur Twitter.
 

«Les données sur l’emploi d’aujourd’hui montrent que la COVID-19 a des incidences réelles sur les communautés et les familles dans tout le pays», ont ajouté le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, ses collègues Carla Qualtrough de l’Emploi et Bill Morneau des Finances. 

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