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COVID-19: il reste détenu malgré l’éclosion en prison

COVID-19: il reste détenu malgré l’éclosion en prison
Photo d'archives PIerre-Paul Poulin

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La prison de Bordeaux a beau avoir échoué à empêcher l’éclosion de la COVID-19 entre ses murs, cela ne signifie pas qu’un détenu inquiet de contracter le coronavirus doit être remis en liberté, a tranché la Cour supérieure ce vendredi.  

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«Les autorités publiques de la planète apprennent à gérer au quotidien un virus létal qui se manifeste sous des formes jusqu’alors inconnues», a rappelé le juge Guy Cournoyer, en refus de libérer sous caution Johnny Samuel Videz-Rauda.    

L’accusé de 31 ans est détenu à l’Établissement de détention de Montréal depuis novembre 2018, en attente de son procès pour une affaire de production et de trafic de pot. Mais en raison de la crise sanitaire, entre autres, il estimait devoir être libéré.    

«M. Videz-Rauda critique tant la nature que la tardiveté des mesures déployées pour faire face à la pandémie de la COVID-19 dans le contexte correctionnel, explique le juge. Selon lui, celles-ci s’avèrent insuffisantes et leurs tardivetés accroissent le risque qu’il contracte [le coronavirus]. »    

Dans la cuisine   

Lors de l’audience, une directrice de service de la prison avait témoigné. Carmen Landry avait alors expliqué que la distanciation sociale était difficile à faire respecter, entre autres en raison des petites cellules qui doivent être partagées par deux détenus.    

Elle avait également expliqué qu’avant le 24 avril, quand un détenu avait été déclaré positif lors d’un séjour à l’hôpital pour une autre raison, il n’y avait pas de dépistage.    

«Le processus est assez complexe, c’était impossible », avait-elle dit.    

La responsable n’avait d’ailleurs rassuré personne lorsqu’elle avait ensuite expliqué que les détenus affectés à la préparation de nourriture provenaient de l’aile E, où s’était propagée la COVID-19.    

Elle avait toutefois assuré que tous les gardiens portaient maintenant un masque de protection. Le hic, c’est que juste avant son témoignage par visioconférence du centre de détention, l’on a pu voir un agent portant le masque sous la bouche et glisser quelques mots à la responsable, sans respecter de distanciation sociale. Et juste avant que Videz-Rauda ne s’installe lui aussi dans une salle de visioconférence, un gardien portant mal son masque et ne portant pas de gants s’est mis à toucher la table avant de laisser la place à l’accusé qui, lui, n’avait pas d’équipement de protection.    

Gérants d’estrade   

Pour le juge Cournoyer, tant les détenus que les gardiens ont raison de s’inquiéter de la situation.    

«Nul ne saurait minimiser [les inquiétudes] ni les risques que pose l’éclosion de la COVID-19 dans une prison, a-t-il dit. Ces risques sont bien réels.»    

Sauf que la gestion des risques appartient aux autorités correctionnelles et non aux tribunaux, a-t-il ajouté.    

«Il ne convient pas de se fonder sur la clairvoyance du gérant d’estrade et de remplacer la gestion de la pandémie par les autorités carcérales par la microgestion judiciaire des prisons », a expliqué le magistrat.    

Rappelant que les autorités doivent «veiller au bien-être, à la santé et à la vie des détenus», et que même si la pandémie est un facteur à considérer lorsqu’un accusé demande sa libération sous caution, le juge a finalement tranché que Videz-Rauda devait rester détenu compte tenu de ses dossiers judiciaires peu flatteurs.

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