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Cultivez des légumes et des fines herbes sur votre balcon

CASA 0509 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

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Vous souhaitez participer au mouvement visant l’autonomie alimentaire du Québec et vous voulez cultiver vos propres légumes et fines herbes, mais vous ne possédez pas de terrain ? Qu’à cela ne tienne, cultivez vos concombres et vos tomates en pot sur votre terrasse, sur votre balcon ou, pourquoi pas, sur le toit de l’édifice où vous habitez ! 

Le calendrier du jardinier

Travaux à effectuer à la mi-mai

  • Effectuer le semis ou la plantation à l’extérieur de la majorité des légumes-feuilles et des légumes-racines.
  • Effectuer la plantation à l’extérieur des pommes de terre au moment où le pissenlit fleurit.
  • Effectuer la plantation des fleurs annuelles résistantes au froid telles que les alysses, les mufliers, les pélargoniums et les pensées.
  • Effectuer la plantation des arbustes et des plantes vivaces.
  • Diviser les plantes vivaces à floraison automnale.
  • Épandre du compost dans le potager et les plates-bandes.
  • Épandre du compost et un engrais à dégagement lent riche en azote sur la pelouse.
  • Effectuer le semis de gazon.

Voici donc quelques conseils et suggestions qui vous permettront d’obtenir le potager urbain en contenant le plus productif qui soit !

Quels légumes se cultivent en contenant ?

Presque toutes les plantes potagères conviennent à la culture en contenant, même les carottes et les pommes de terre ! Cependant, les légumes les mieux adaptés à la culture en contenant sont assurément ceux dont on consomme les feuilles, comme la bette à carde, le chou, l’épinard, le kale et la laitue, par exemple. Les concombres ainsi que les haricots et les pois conviennent également bien à la culture en pot.

La plupart des fines herbes ainsi que les légumes dont on consomme les feuilles figurent parmi les plus faciles à cultiver en contenant.
Photo courtoise, Albert Mondor
La plupart des fines herbes ainsi que les légumes dont on consomme les feuilles figurent parmi les plus faciles à cultiver en contenant.

 D’autre part, si vous souhaitez cultiver des tomates en contenant, il est recommandé d’opter pour un cultivar compact arbustif ou retombant qui produit des petits fruits comme « Tiny Tim » et « Tumbling Tom », par exemple. Toutefois, les cultivars de tomates indéterminés – qui ont plutôt l’aspect de vignes – peuvent aussi être cultivés dans de grands pots avec succès.

Il existe des milliers de cultivars de tomates. Parmi ceux-ci, les mieux adaptés à la culture en pot sont ceux qui sont arbustifs et qui produisent des petits fruits.
Photo courtoisie, cleangreensimple.com
Il existe des milliers de cultivars de tomates. Parmi ceux-ci, les mieux adaptés à la culture en pot sont ceux qui sont arbustifs et qui produisent des petits fruits.

Vous pouvez également faire croître en contenant des cultivars d’aubergines et de poivrons qui produisent des petits fruits, comme dans les séries « Lunchbox » ou « Mini Bell ».

Les cultivars d’aubergines de petites dimensions tels que « Patio Baby » conviennent bien à la culture en pot.
Photo courtoisie, All America Selections
Les cultivars d’aubergines de petites dimensions tels que « Patio Baby » conviennent bien à la culture en pot.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les pommes de terre se prêtent aussi très bien à la culture en pot. Assurez-vous cependant de les planter dans un contenant ayant au moins 45 cm de profondeur. Les légumes aux longues racines tels que les carottes et les salsifis peuvent aussi être cultivés dans des contenants très profonds. Certains jardiniers astucieux utilisent des tuyaux de plastique de plus de 60 cm de longueur afin d’obtenir de longues carottes !

Pour récolter des légumes en abondance, il faut idéalement les cultiver dans un endroit bien ensoleillé, loin des arbres matures. Bien que certaines plantes potagères comme la bette à carde et la carotte tolèrent un peu d’ombre, la majorité des légumes nécessitent au moins six heures d’ensoleillement par jour.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Pour récolter des légumes en abondance, il faut idéalement les cultiver dans un endroit bien ensoleillé, loin des arbres matures. Bien que certaines plantes potagères comme la bette à carde et la carotte tolèrent un peu d’ombre, la majorité des légumes nécessitent au moins six heures d’ensoleillement par jour.

Et les fines herbes ?

La plupart des fines herbes se cultivent facilement en contenant. La ciboulette, l’estragon, la mélisse, la menthe, l’origan, le persil, la sarriette et le thym figurent parmi les herbes qui poussent le mieux en pot. Pour sa part, le basilic peut être cultivé en pot, mais il nécessite davantage de chaleur et un peu plus de soins. Quant à la coriandre, elle se prête plutôt mal à la culture en pot. Lorsqu’elle est exposée à un ensoleillement intense et que le terreau dans lequel plongent ses racines s’assèche périodiquement, elle fleurit et produit des graines très rapidement ce qui oblige à faire plusieurs semis successifs et à la récolter quelques jours seulement après la germination.

La majorité des fines herbes se prêtent bien à la culture en contenant.
Photo courtoisie, Albert Mondor
La majorité des fines herbes se prêtent bien à la culture en contenant.

Exigeante tomate

Il est impensable de semer des graines de tomates à l’extérieur en mai ou en juin et espérer obtenir une récolte intéressante avant l’automne ! Dans ce cas, il faut absolument faire un semis à l’intérieur, sous éclairage artificiel, six à huit semaines avant la sortie à l’extérieur. Si vous n’avez pas encore fait de semis ce printemps, vous devrez donc vous procurer des plants de tomates dans une jardinerie.

Les tomates sont des plantes particulièrement exigeantes, surtout lorsqu’elles sont cultivées en contenant. Lors de la plantation, assurez-vous que le collet des plants de tomates que vous mettez en pot soit placé à quelques centimètres sous le niveau de la surface du terreau. En prenant soin de couper les feuilles fixées à la tige principale, vous pouvez enterrer les deux premiers nœuds. Cette technique garantit un meilleur enracinement et favorise la formation d’un vaste système de racines qui pourra puiser davantage d’eau et d’éléments nutritifs.

Utilisez un terreau composé de compost et de tourbe de sphaigne et ajoutez-y environ 100 ml (trois à quatre poignées) par plant d’un engrais granulaire naturel à dégagement lent spécialement conçu pour la culture des tomates et dont la formulation se rapproche de 5-3-8. Dès l’éclosion des premières fleurs, commencez à vaporiser des algues liquides mélangées à de l’eau sur le feuillage de vos tomates à raison de 5 ml (une cuiller à thé) par litre d’eau, une fois tous les sept à dix jours.

Puisqu’elles affectionnent un taux d’humidité constant, vous devez aussi fournir de l’eau régulièrement à vos tomates. Arrosez vos plants deux à trois fois par semaine avec de l’eau tiède à l’aide d’un arrosoir. Fournissez environ 5 litres d’eau à chacun des plants lorsqu’ils sont jeunes, le double lorsqu’ils sont plus âgés et moins de 5 litres au moment de la récolte.

Finalement, doit-on tailler les gourmands ? Il faut d’abord savoir que les tomates ne produisent pas de gourmands ! Les tiges qui se forment à l’aisselle des feuilles et de la tige principale produisent des fruits si on les laisse pousser, ce ne sont donc pas des gourmands d’un point de vue botanique. Il est plus juste d’employer le terme tige secondaire pour identifier ce qu’on appelle à tort un gourmand. Il n’est donc pas absolument nécessaire d’éliminer ces tiges secondaires puisqu’elles produisent des tomates, augmentant ainsi la récolte. Toutefois, si vous préférez enlever les tiges secondaires cela permet d’augmenter la grosseur des tomates restantes. Vous obtiendrez ainsi moins de tomates et aussi le poids total de la récolte sera inférieur, de plus du tiers dans certains cas.

CASA 0509 Fleurs et potager
Photo Adobe Stock

Quelles sortes de pots choisir ?

Il est souhaitable de planter les végétaux comestibles dans des contenants de grandes dimensions afin que leur système de racines bénéficie d’un maximum d’espace, d’eau et d’éléments nutritifs. Cela devient essentiel pour la culture des plantes potagères tropicales exigeantes telles que les aubergines, les concombres et les tomates. De plus, comme ces plantes potagères d’origine tropicale ont besoin de beaucoup de chaleur, optez dans ce cas pour des pots de couleur foncée.

Quelques plantes comestibles cultivées dans des pots de plastique imitant la terre cuite.
Photo courtoise, Albert Mondor
Quelques plantes comestibles cultivées dans des pots de plastique imitant la terre cuite.

Il existe plusieurs sortes de pots faits avec divers matériaux tels que la terre cuite, le plastique, le métal, le bois et le textile. Chaque matériau a ses faiblesses et ses qualités.

La terre cuite, qui est en fait une terre riche en argile durcie par la chaleur, est depuis fort longtemps un matériau de prédilection pour la fabrication de pots. Poreuse, elle permet un bon apport d’oxygène aux racines et maintient le terreau à une température constante. Toutefois, elle a l’inconvénient de se casser facilement et de ne pas être à l’épreuve du gel. De plus, il est difficile de trouver sur le marché des pots de terre cuite de grand format à un coût raisonnable.

Le plastique peut aussi être un bon choix puisqu’il est habituellement peu coûteux et résistant. Toutefois, il arrive que certains pots en plastique de mauvaise qualité se décolorent avec le temps. Il est également important de tenir compte du fait que la fabrication des contenants en plastique génère des gaz à effet de serre, ce qui en fait un matériau peu écologique.

N’hésitez pas à récupérer de vieux contenants pour en faire des pots pour la culture de vos plantes comestibles.
Photo courtoisie, Albert Mondor
N’hésitez pas à récupérer de vieux contenants pour en faire des pots pour la culture de vos plantes comestibles.

Quant aux contenants fabriqués avec du bois, gardez à l’esprit qu’ils pourrissent s’ils entrent en contact avec de la terre. Assurez-vous donc de recouvrir l’intérieur des parois avec du polystyrène extrudé ou une membrane géotextile plastifiée.

En plus d’être légers et faciles à entreposer, les pots faits de textile ont un avantage marqué sur les autres types de contenants puisqu’ils empêchent la spiralisation des racines des plantes et favorisent la multiplication de leurs radicelles. De plus, leur prix se compare généralement à celui des pots en plastique. En outre, certains fabricants intègrent une portion de matériel recyclé aux pots de géotextile qu’ils fabriquent.

Pots en géotextile pour plantes intérieures et extérieures, de la marque québécoise Empoté.
Photo courtoisie, chicbasta.com
Pots en géotextile pour plantes intérieures et extérieures, de la marque québécoise Empoté.

Quel terreau employer ?

L’élément le plus important de la culture des végétaux comestibles en contenant est sans contredit le terreau. Un terreau riche et sain permet d’obtenir des plantes vigoureuses et productives, peu sujettes aux attaques des insectes et des maladies. Ainsi, les pots dans lesquels vous souhaitez cultiver des légumes doivent être remplis avec un terreau riche et léger ayant une excellente capacité de rétention d’eau et d’éléments nutritifs. Un terreau composé de compost, de tourbe de sphaigne et de perlite, comme le terreau Pro-Mix biologique pour légumes et fines herbes par exemple, donne d’excellents résultats.

Certains terreaux commerciaux contiennent un champignon mycorhizien qui s’associe aux plantes et agit comme une extension de leur système racinaire puisant de l’eau et des éléments nutritifs en plus grande quantité. Si le terreau que vous avez choisi n’en contient pas, vous pouvez vous procurer de la mycorhize vendue en boîte et en ajouter.

De plus, afin d’obtenir une récolte abondante, il est recommandé de fournir aux plants d’aubergines, de concombres, de poivrons et de tomates quelques poignées (environ 100 ml par plant) d’un engrais granulaire d’origine naturelle riche en azote et en potassium (formulation 5-3-8 ou s’en rapprochant) au moment de les planter. Vous pouvez également fournir aux plantes comestibles les plus exigeantes un fertilisant riche en oligo-éléments tels que des algues liquides. Pour leur part, les légumes-feuilles et les légumes-racines n’ont habituellement pas besoin de fertilisation supplémentaire puisque le compost qui compose le terreau leur fournit tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin durant la saison. 

La plantation de légumes en contenant

Étape par étape

1. Avant de planter, il est primordial de bien arroser les racines de toutes les plantes comestibles que vous vous apprêtez à planter. Si leur motte est particulièrement sèche, faites-les tremper quelques minutes dans un bac contenant un peu d’eau.

2. Il est préférable de ne pas mettre de cailloux au fond des contenants puisqu’ils occuperaient l’espace du terreau dont les plantes ont tant besoin. Percez-y plutôt quelques trous afin que le surplus d’eau s’écoule facilement. Il faut au moins un trou de 1 à 1,5 cm (1/2 po) de diamètre tous les 30 cm (12 po).

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Photo courtoisie, Albert Mondor

3. Après avoir couvert le trou de drainage avec une pierre plate, un tesson de pot ou un bout de membrane géotextile perméable, vous devez remplir chaque contenant avec du terreau bien humide en le tassant légèrement.

4. En dépotant les légumes et les fines herbes, si vous vous apercevez que leurs racines sont trop abondantes et qu’elles tournent autour de la motte, taillez-les à quelques endroits à l’aide d’un couteau bien aiguisé ou d’un sécateur. Cette opération favorise la formation de nouvelles racines saines et bien disposées.

5. Disposez chaque plante de façon que son collet – endroit où la tige se joint aux racines – soit situé au même niveau que la surface du terreau. En d’autres termes, le dessus de la motte de racines des végétaux doit être à la même hauteur que le niveau final du substrat contenu dans le pot. Toutefois, il est recommandé de planter les tomates et les aubergines plus creux qu’à la normale. Ainsi, le collet de chaque plant peut être placé à 10 à 15 cm (4 à 6 po) sous le niveau de la surface du substrat.

6. Ajoutez ensuite du terreau autour des plants et, avec le bout de vos doigts, tassez-le sans toutefois trop le compacter. La surface du terreau doit se situer à environ 2 ou 3 cm sous le rebord du contenant pour permettre à l’eau d’arrosage de ne pas déborder.

CASA 0509 Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

7. Une fois toutes les plantes installées, arrosez lentement le terreau jusqu’à ce que l’eau commence à s’écouler par les trous de drainage. Parfois, lors d’un premier arrosage, des trous se forment dans le substrat. Il suffit alors de rajouter un peu de terreau pour égaliser la surface et d’arroser à nouveau.