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Flou artistique

Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda

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Malgré la promesse de déconfinement progressif au Québec, les choses ne s’améliorent pas, loin de là. La tension ne cesse de monter chez les citoyens, et le message gouvernemental est de plus en plus confus. 

Si la réouverture des écoles et des commerces est présentée comme une bouffée d’air frais pour les confinés, elle ne se fera certainement pas sans heurts. 

On peut ou on peut pas? 

Entre l’appel du gouvernement à la prudence chez les populations aînées depuis deux mois et son appel cette semaine au retour au travail des 60-69 ans dans les milieux scolaires et préscolaires, on ne comprend littéralement plus rien. 

Donc, mamie peut garder les bambins baveux des autres, mais pas voir les siens? Ah, mais pas vraiment, puisque le ministre de la Famille invite les parents à faire garder leurs enfants à la maison.  

«OK», vous dites-vous, «mais, dans ce cas, je vais aller voir ma mère pour la fête des Mères! En tant qu’adulte, je pense que je suis bien plus capable de respecter le deux mètres qu’un quatre ans grouillant d’énergie». Ah, mais là, non. Faut pas relâcher les mesures de distanciation sociale... 

Avouez que c’est tout sauf clair. Or, il y a plus encore. 

C’est qu’à Montréal, c’est autre chose.  

On déconfine partout, mais pas dans la grande région métropolitaine. Attendez, mais comment on va empêcher les gens de Montréal de sortir de la région pour aller consommer, travailler ou juste changer d’air? 

Est-ce qu’on va devoir diffuser des pubs différentes à Montréal qu’ailleurs? Est-ce qu’il va falloir mettre des contrôles routiers? Est-ce que les commerces hors Montréal vont devoir carter les clients pour s’assurer de ne pas laisser entrer le virus chez eux? Est-ce que les travailleurs de la santé des régions vont devoir refuser d’aller prêter main-forte à Montréal pour ne pas rapporter le virus chez eux?  

Vraiment, c’est flou, tout ça. 

La guerre est «pognée» 

Pendant ce temps, la guerre est assurément pognée entre Québec et Ottawa.  

D’un côté, Justin Trudeau affirmait la semaine dernière à Tout le monde en parle qu’il n’était pas certain qu’il enverrait ses enfants à l’école au Québec dans les conditions actuelles. Dans son plus récent point de presse, il affirmait aussi être «très inquiet» de la situation qui prévaut dans sa circonscription, située à Montréal. Enfin, la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer, estime que le Québec ne teste pas assez et s’inquiète de ne pas avoir accès au plan de déconfinement de la santé publique. 

De l’autre, le Québec entame son déconfinement avec un retour en classe ce lundi et une réouverture progressive des entreprises alors que le nombre de cas de COVID-19 ne semble pas vouloir se stabiliser réellement. Pressé de questions à propos de son «plan» spécifique et de ses liens avec le fédéral, le docteur Horacio Arruda a refusé de collaborer avec madame Nemer en ces termes: «Je considère que je n'ai pas à rendre de comptes à cette dame, mais à la population du Québec, oui, puis à mes autorités».  

Quand on considère que la vaste majorité des décès au Canada sont survenus au Québec et que le Québec semble la province la plus pressée de relâcher ses mesures de confinement, force est de constater que la conseillère scientifique en chef et le premier ministre du Canada ont de bonnes raisons de s’inquiéter. 

Quant aux comptes que devra rendre le docteur Arruda, il se pourrait fort bien que ça se fasse, ultimement, sur le dos de son «autorité» lors des prochaines élections.