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L’emploi au Québec complètement massacré

Coronavirus - Covid-19
Photo d'archives, Jules Richer Un travailleur dans une succursale de Services Canada à Verdun.

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Du jamais-vu ! Rien de moins que 821 000 emplois perdus en deux mois, dont 543 000 à temps plein.

De toutes les provinces canadiennes, c’est au Québec que la COVID-19 a le plus massacré le marché du travail, alors que le « réel » taux de chômage s’élève à 23,3 %, minimum.

C’est catastrophique. On dépasse de beaucoup l’Ontario qui affiche un taux de chômage de 15,5 % et l’ensemble du Canada, dont le taux est 17,8 %.

Fait important à noter. Les taux de chômage que je rapporte ici tiennent compte de tous les chômeurs, soit les chômeurs actifs qui cherchaient un emploi et les chômeurs inactifs, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cherché d’emploi en avril en raison de la paralysie des entreprises.

Dans son enquête sur la population active d’avril, Statistique Canada a cru important d’inclure les chômeurs « inactifs » afin de donner un portrait plus précis de la catastrophe qui frappe présentement le marché du travail au pays.

C’est ce qui explique pourquoi Statistique Canada croit que le réel taux de chômage au pays s’élève à 17,8 % au lieu des 13 % calculés selon sa méthode habituelle. Par extrapolation, j’ai recalculé les taux de chômage nous concernant.

Pire à Montréal

Ainsi, le taux de chômage dans la grande région métropolitaine de Montréal atteignait en avril les 25 %. Un travailleur sur quatre est donc victime de la paralysie économique déclenchée en mars par les gouvernements de Québec et d’Ottawa.

Ce taux de chômage dans la région montréalaise dépasse de 10 points de pourcentage le taux de chômage dans les régions métropolitaines de Toronto (15,2 %) et de Vancouver (14,8 %).

Les victimes

Les jeunes travailleurs de 15 à 24 ans mangent une immense claque, alors qu’ils ont perdu 37 % des emplois qu’ils occupaient en février dernier, soit 216 610 emplois.

À titre de comparaison, chez les 25 à 54 ans, le nombre d’emplois a fondu de 15 % au cours des deux derniers mois, soit de 416 000.

Et chez les 55 ans et plus, les pertes d’emplois s’élèvent à 20 %, pour un total de 187 800.

Privé vs public

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le secteur public s’en sort, lui, relativement bien en ces temps de guerre contre la COVID-19. Les pertes dans le secteur public au Québec (provincial, fédéral, municipal, sociétés d’État) s’élèvent à 93 700. Ce qui représente 9,5 % des emplois occupés en février dernier.

Chez les employés du secteur privé, la situation est carrément dramatique : le nombre d’emplois perdus atteint 684 000. Il s’agit d’une perte de 25 % des emplois en deux mois.

Qu’en est-il des travailleurs autonomes ? En principe, on ne note qu’une perte de 20 000 emplois, moins de 4 %.

C’est toutefois trompeur comme portrait, car un très grand nombre de travailleurs autonomes se retrouvent présentement sur la « liste de paye » de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), faute de travail. Ils restent « travailleurs autonomes », mais aux frais de l’État ! 

LES PERTES PAR SECTEUR

  • Fabrication : 115 000
  • Construction : 110 100
  • Agriculture : 6100
  • Ressources naturelles : 6900
  • Commerce de gros et de détail : 131 900
  • Transport et entreposage : 43 400
  • Finance, assurances, immobilier : 19 200
  • Services professionnels, scientifiques et techniques : 24 000
  • Services aux entreprises, bâtiments, soutien : 23 500
  • Services d’enseignement : 54 900
  • Soins de santé et assistance sociale : 51 000
  • Information, culture, loisirs : 44 700
  • Services hébergement et restauration : 133 400
  • Administrations publiques : 6200
  • Autres services : 48 600