/misc
Navigation

Pendant que le Titanic coule...

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Joël Lemay Il faudrait un patron avec des pouvoirs, pour gérer la crise à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre est à Québec, le patron de la santé publique est à Québec, la haute fonction publique est à Québec, mais la crise est à Montréal. Le décalage ne cesse de s’intensifier... 

Il allait de soi que le premier ministre installe sa cellule de crise dans la Capitale-Nationale. Mais au fil du temps, l’effet « bulle » a fait son œuvre pendant que la situation s’aggravait à Montréal. 

Ces temps-ci, lorsqu’on regarde le bilan quotidien des cas de COVID de la Capitale-Nationale, on toussote légèrement et on passe à autre chose. «Bon, 22 nouveaux cas aujourd’hui, c’est dommage. Je vais me refaire une autre tasse de thé.» 

Mais on déplore une centaine de morts par jour, essentiellement dans la métropole et ses alentours. Lorsqu’il y a eu des inondations ou des tempêtes, François Legault et ses ministres se sont dépêchés de se rendre sur place, pour constater l’ampleur des dommages et des besoins. 

Il n’est pas nécessaire que le PM se rende nourrir lui-même des patients d’un CHSLD, accoutré d’une visière. Mais, de toute évidence, une trempette en zone chaude n’aurait pas fait de tort. Sinon comment expliquer autant de distorsion? 

Déconnexion terrain 

Par exemple, le 12 avril, avec l’appui du patron de la santé publique, Horacio Arruda, François Legault annonçait que le jeudi suivant, les proches aidants pourraient recommencer à soigner leur être cher dans les établissements.  

Or, la directrice de santé publique de Montréal avait vite fait de signaler qu’il était impossible de le faire à court terme, vu la complexité de la situation. 

Ils ne s’étaient pas parlé avant? 

Le 16 avril, Le Journal écrivait que le nombre de cas avait plus que doublé en une semaine à Montréal-Nord, suscitant la crainte des élus locaux. 

Et pourtant, encore à ce jour, il n’y a pas encore assez de personnel pour les unités mobiles de dépistage. 

Sortie symbolique 

Le Dr Arruda a fait une sortie symbolique sur place hier, qui a soulagé la directrice locale de la santé publique. «Votre présence fait toute une différence», a dit Mylène Drouin. 

Mais il n’y a pas de lieutenant responsable. Le gouvernement donne des directives, mais laisse les CIUSS se débrouiller, avec les résultats que l’on connaît. La ministre responsable de Montréal, Chantal Rouleau, était présente publiquement pour une première fois, hier. Vraiment étrange qu’on ne l’ait pas vue avant. 

Elle tient des réunions téléphoniques chaque lundi avec les maires et députés du Grand Montréal. Mais on nous dit qu’elle répète surtout les lignes du jour du gouvernement. 

Au bureau du PM, on commence à songer à une première sortie de François Legault à Montréal. Il serait grand temps. Sinon, l’image qui vient à l’esprit, c’est que certains jouent du violon sur le pont en espérant que tout ira bien pendant que le bateau coule. 

Les bulletins   

Marguerite Blais, CAQ et Gaétan Barrette, PLQ 

GEN-COVID-19
Photos Agence QMI, Simon Clark

 

La ministre responsable des Aînés a d’abord fait une tournée d’entrevues sans prendre une part du blâme pour la tragédie dans les CHSLD, avant d’en assumer une partie du bout des lèvres, tout en incriminant l’austérité libérale. Se sentant attaqué, Gaétan Barrette a fait du dénigrement sur Twitter. «Une ministre sans influence dans tous les gouvernements où elle a participé.»  

Christian Dubé, CAQ 

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

Le président du Conseil du trésor a répondu à la commande du premier ministre. Il a mis en place une généreuse prime de 1000 $ pour tous ceux qui travailleront à temps plein pendant un mois auprès des aînés en zone chaude, où le manque de bras est toujours criant. L’incitatif financier a été bien accueilli par les syndicats.