/news/coronavirus
Navigation

Un couple séparé un mois pour éviter la contagion

Une femme de l’Estrie a dormi dans la résidence où elle travaille avec ses collègues

Michael Buzzell et Nathalie Flanders
Photo courtoisie Michael Buzzell et Nathalie Flanders étaient heureux d’être enfin réunis mercredi dernier à leur résidence familiale de Stanstead.

Coup d'oeil sur cet article

SHERBROOKE | Un couple fusionnel de l’Estrie, marié depuis 32 ans, a été séparé pendant près d’un mois pour que la femme puisse continuer son travail dans une résidence de personnes âgées, afin de ne pas propager le coronavirus.

« Je m’ennuyais de mon mari et j’avais très hâte de revenir à la maison », affirme Nathalie Flanders. 

La femme de 52 ans ne se rappelle pas avoir été séparée de son époux tellement ils sont inséparables. Partout où il va, elle s’y rend aussi, et ils n’ont jamais pris de vacances individuellement.

« Deux douzaines de roses m’attendaient sur la galerie lorsque je suis revenue », ajoute Mme Flanders, fébrile.

Cette dernière travaille comme serveuse au Manoir Stanstead, où 14 employés sur une vingtaine ont vécu à l’intérieur de l’établissement pendant quatre semaines afin d’éviter la contamination.

Au début de la crise, aucun résident n’avait contracté le virus. Pour les protéger, la direction a demandé à ses employés s’ils accepteraient d’habiter et d’être confinés dans le bâtiment pendant un mois afin de voir comment la situation allait évoluer. 

Cette décision aurait porté ses fruits, car la direction affirme qu’aucun cas n’y a été déclaré. 

Défilé pour Pâques 

« Je m’inquiétais beaucoup pour elle », soutient Michael Buzzell. 

Le mari a même organisé un défilé avec les familles des locataires et des employés à Pâques devant l’établissement afin d’apporter un peu de réconfort et de chaleur humaine à la cinquantaine de résidents.

« On avait tous les larmes aux yeux quand on a vu les voitures défiler devant la résidence », raconte Mme Flanders qui était fière de son époux.

Comment a-t-elle fait pour tenir le coup durant près de quatre semaines ? En pensant aux personnes de la résidence qu’elle pouvait sauver en demeurant au manoir.

Et en appelant son mari très souvent.

« On se téléphonait à mon réveil, à ma pause d’avant-midi, à ma pause de midi et à celle d’après-midi », dit en rigolant la mère de trois enfants et grand-mère de huit petits-enfants.

La quinquagénaire reconnaît qu’elle a hésité lorsque la directrice générale a proposé aux membres du personnel de vivre quatre semaines dans la résidence.

Meilleur ami

« Il est mon mari, mais aussi mon meilleur ami et je ne voulais pas le laisser seul », soutient-elle.

M. Buzzell avoue avoir trouvé le temps long parfois, puisqu’il n’avait personne à qui parler. 

« J’ai monté un gazebo, travaillé sur le terrain, mais le reste du temps je m’ennuyais d’elle », confie l’homme de 52 ans qui a travaillé dans la fabrication de clôtures avant de prendre sa retraite.

« C’est grâce à lui que j’ai pu passer à travers, car il me soutenait. On parle souvent de ceux qui sont au front, mais on oublie qu’il y a aussi les conjoints et les conjointes qui les soutiennent », conclut Mme Flanders, qui a pu retrouver son amoureux mercredi.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres