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Un expert se fait plus clair sur le lien entre le déconfinement et la transmission à Montréal

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L’éventuel assouplissement des mesures de distanciation sociale pourrait faire mal à Montréal cet été parce que la métropole, sur le plan statistique, se comporte différemment du reste du Québec, où l’augmentation des cas sera probablement plus facile à contrôler, constate l’Institut national de la santé publique (INSPQ).   

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Ceci résume la situation montréalaise quant à l’épidémie provinciale de COVID-19, d’après un expert de l’INSPQ en entrevue sur les ondes de LCN, samedi. La veille, l’Institut publiait des chiffres sur la propagation du nouveau coronavirus, montrant qu’on pourrait franchir dès le mois de juin la barre des 10 000 cas quotidiens dans le cadre d’un déconfinement progressif.    

On dépasserait alors 150 décès par jour au mois de juillet sur l’île. Au Québec dans son ensemble, au début du mois de mai 2020, on n’a pas dépassé la barre des 121 morts de la COVID-19 sur une base quotidienne.    

Ces chiffres ne recenseraient que les décès communautaires et pas ceux en Centres d’hébergement de soins longue durée (CHSLD), où les patients atteints risquent davantage de périr du virus que des malades plus jeunes et sans comorbidité.    

«Les courbes de nouvelles hospitalisations, si on assouplit les mesures de distanciation, représentent ce qu’on va voir si on augmente de 15 à 30% les contacts dans la population», a détaillé Gaston de Serres, épidémiologiste médecin-conseil à l’INSPQ.    

«Ça, c’est si les gens retournent au travail, recommencent à avoir des contacts les uns avec les autres, tout le long de la période prévue. Ce n’est pas comme ça que la situation va se dérouler parce que si, effectivement, on voit les cas augmenter rapidement, ça ne va pas rester comme ça jusqu’au mois de juillet ou d’août. Il va y avoir des ajustements qui vont être faits», prévient le spécialiste.    

«Il y a beaucoup d’incertitudes qui doivent être gardées en tête. La courbe centrale est notre meilleure prédiction, mais ça pourrait être beaucoup plus faible ou beaucoup plus élevé.»    

  

  

Garder la distanciation physique   

Les prévisions de l’INSPQ peuvent faire craindre le pire tandis que le monde entier combat la pandémie du coronavirus, particulièrement meurtrier auprès des personnes âgées ou vulnérables. Même le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, se dit «très inquiet» pour la population de Montréal, principal foyer d’éclosion de la COVID-19 au pays.    

«La situation à Montréal au niveau de la transmission semble à peu près au seuil épidémique, donc où le nombre de cas, d’une génération à l’autre, reste à peu près stable, baisse un peu ou augmente un peu, dit l’épidémiologiste. Ça nous dit qu’on n’a pas beaucoup de marge de manœuvre et que, si on recommence à faire des activités sociales, il va falloir garder la distanciation physique pour rester dans des conditions qui défavorisent la transmission du virus entre individus.»    

Vendredi, on dénombrait jusqu’à trois fois plus de morts par jour sur le territoire de Montréal au cours de la semaine. Des chiffres qui montraient comment la pandémie de COVID-19 frappe durement la métropole et met de la pression sur les responsables des services funéraires.    

Selon la Direction régionale de santé publique, environ 40 personnes décèdent quotidiennement sur l’île de Montréal.    

Cette semaine, entre 45 et 104 personnes sont mortes de la COVID-19 dans la métropole, sans compter tous les autres décès qui ne sont pas liés à la pandémie.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

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