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Une victime exhorte les femmes à demander de l’aide

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Une victime de violence conjugale incite les autres femmes dans sa situation à ne pas hésiter à demander de l’aide, même en période de crise, car les services sont là pour les accompagner.  

«Peu importe dans quelle situation on est, les maisons d’hébergement nous prennent en charge et nous aident à nous en sortir», témoigne Julie*, 45 ans, qui vit dans la région de la Chaudière-Appalaches.  

Julie ne pensait jamais avoir à faire appel aux services d’une maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence. Optimiste de nature et énergique, elle a toujours été positive dans la vie. «Mais je suis tombée sur la mauvaise personne», raconte-t-elle.  

Il y a plus d’un an, elle a rencontré un homme. Après quelques mois de fréquentations, le couple a décidé d’emménager ensemble. Les choses se sont rapidement gâtées et son nouveau conjoint, qui avait des problèmes de consommation d’alcool, lui a fait vivre l’enfer : dénigrement constant, violence verbale, physique et sexuelle.  

Il était devenu si imprévisible qu’elle craignait pour sa sécurité et même pour celle de son petit chien.  

«Un soir, il m’a prise à la gorge et il m’a levée de terre.» Cela a été la goutte qui a fait déborder le vase. Le lendemain, elle communiquait avec la maison d’hébergement de sa région, La Gîtée.  

«Ils étaient prêts à m’accueillir le jour même!» s’est étonnée Julie, qui n’a que des bons mots pour les intervenantes qu’elle a rencontrées.  

Chaleur humaine  

Malgré la distanciation sociale obligatoire, elle a senti une chaleur humaine qui lui a fait énormément de bien. Elle en parle avec une grande émotion.  

«Ce qui m’a marquée, c’est la gentillesse des intervenantes. Moi qui ai toujours aidé tout le monde, d’avoir besoin de me faire aider à mon tour, ça me rend émotive», exprime-t-elle. «J’aurais jamais pensé dans ma vie être dans une situation où j’aurais besoin de quelqu’un et là, je me retrouvais en position de vulnérabilité.»  

En raison de la crise de la COVID, Julie a dû être hébergée dans un lieu alternatif, car les maisons d’hébergement prennent toutes les mesures pour éviter de faire entrer le virus à l’intérieur des murs. Surtout que Julie est encore en emploi, dans un CHSLD.  

Elle salue les mesures sanitaires mises en place dans les lieux d’hébergement, qui lui ont permis de vraiment se sentir en confiance. Elle reçoit les services au même titre que les autres femmes. Par exemple, elle peut rencontrer une travailleuse sociale.  

La directrice de la maison La Gîtée, Chantal Tanguay, insiste sur le fait que les lieux sont sécuritaires et assurent une protection non seulement contre la violence conjugale, mais également contre le virus.  

«Les femmes et les enfants sont en sécurité. On dit aux femmes de trouver le moyen de nous appeler et on va les aider.»  

* Nous avons utilisé un nom fictif pour protéger l’identité de la victime. 

Test de dépistage 

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale demande au gouvernement des tests de dépistage pour les femmes qui doivent être hébergées afin de les accueillir beaucoup plus rapidement dans les maisons et d’éviter une quarantaine qui pourrait les décourager de demander de l’aide. 

Maisons d’hébergement   

  • Nouvelles mesures sanitaires 
  • Demandes au gouvernement pour faciliter l’accès 
  • Ajout de lieux alternatifs 
  • Mise en place d’un nouveau mécanisme pour les femmes qui ne peuvent téléphoner  

Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale