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COVID-19: un retour en classe sur fond d’inquiétude

Les élèves du primaire de l’extérieur de la région de Montréal devront se plier à de nombreuses mesures de distanciation sociale et d’hygiène dès ce matin

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Un retour en classe tout à fait exceptionnel s’amorce ce matin dans les écoles primaires à l’extérieur de la grande région de Montréal. Dans les rangs des parents et des enseignants, les inquiétudes sont vives. Les élèves et le personnel devront s’adapter à une nouvelle réalité, puisque l’école ne sera plus la même.  

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Des élèves limités à leur pupitre  

Photo Jean-François Desgagnés

En classe, les élèves seront limités au pupitre qui leur sera assigné. Leur chaise leur permettra d’y déposer leur manteau, puisque les crochets ne seront plus utilisés dans les corridors.     

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Les élèves devront se déplacer le moins souvent possible dans la classe, et ceux qui dînent à l’école mangeront leur repas assis au même pupitre, où sera aussi rangée la boîte à lunch. Ils passeront toute la journée dans le même local, y compris pendant la période de service de garde. L’accès au gymnase et à la bibliothèque n’est plus permis.          

Photo Jean-François Desgagnés

Chauffeurs d’autobus masqués pour 12 élèves  

Photo Stevens LeBlanc

Les élèves qui se rendront à l’école en autobus seront accueillis par un chauffeur qui portera un masque, une visière ou des lunettes, et des gants. Certains pourraient aussi être protégés par un panneau de plexiglas. Le trajet à bord des véhicules jaunes sera beaucoup plus calme qu’à l’habitude puisqu’un maximum de 12 élèves pourra monter à bord afin de maintenir les règles de distanciation physique.     

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Photo Stevens LeBlanc

À l’école, même si plusieurs autobus arrivent en même temps, les véhicules ouvriront leurs portes un à la fois pour faire descendre les élèves. Dans plusieurs établissements, l’horaire de la journée a été modifié afin que les élèves n’arrivent pas tous en même temps à l’école.          

Photo Stevens LeBlanc

Lavage de mains pour commencer la journée  

Photo Jean-François Desgagnés

Un des premiers gestes que feront les enfants en posant le pied dans leur nouvelle école sera de se laver les mains. Ils apprendront à répéter ce geste plusieurs fois par jour : avant et après avoir mangé, avant et après être allés jouer dehors, avant et après avoir été aux toilettes, après s’être mouché et avant de quitter l’école, entre autres.          

En l’absence de lavabo en classe, certaines écoles ont fait preuve de débrouillardise afin de permettre aux élèves de se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon. À l’école du Harfang-des-Neiges, à Stoneham, des réservoirs d’eau ont été installés sur des chariots. Les enfants pourront se laver les mains «comme en camping»: l’eau qui servira au lavage de mains sera recueillie dans une chaudière de plastique.          

Photo Jean-François Desgagnés

À tour de rôle à la salle de bain  

Photo Jean-François Desgagnés

Les élèves devront attendre patiemment leur tour dans le corridor avant d’aller aux toilettes, où ils devront se rendre un à la fois, dans les écoles où c’est possible.     

Certaines directions d’école, où il n’y a qu’une salle de bain pour tout l’établissement, préviennent toutefois qu’il ne sera pas possible de faire respecter la règle du deux mètres partout, notamment dans les toilettes.     

Les fontaines d’eau ne pourront être utilisées. Les élèves sont encouragés à apporter une bouteille d’eau de la maison pour la journée.          

Des élèves en file pour entrer dans l’école  

Photo Didier Debusschère

Pour les élèves qui arriveront à l’école à pied, à vélo ou à bord de la voiture de leur parent, des marques au sol ont été ajoutées aux abords de plusieurs écoles pour faciliter l’entrée dans l’établissement. Les élèves devront s’y tenir l’un derrière l’autre.     

Les parents ne seront pas admis dans les cours de récréation ni à l’intérieur de l’école. Sur la photo, les marques près de l’école Plein-Soleil, à Lévis.          

Congé de devoirs  

Photo Jean-François Desgagnés

Dans plusieurs écoles, les élèves quitteront pour la maison successivement afin qu’il n’y ait pas d’attroupement aux sorties. À l’école à l’Orée-des-Bois, à Drummondville, ceux qui prendront l’autobus quitteront en premier, suivis des marcheurs, tandis que les élèves qui seront raccompagnés par leurs parents partiront en dernier.          

Les élèves ne pourront pas trimbaler leur sac à dos de l’école à la maison, et vice-versa. Ils n’auront pas de devoirs d’ici la fin de l’année scolaire. En classe, les écoliers réviseront principalement les matières de base, soient le français, les mathématiques, les sciences et l’univers social.           

Des récréations à distance  

Photo Jean-François Desgagnés

La cloche ne sonnera plus pour marquer la récréation. Dans plusieurs écoles, les élèves pourront profiter de périodes de jeux à l’extérieur, mais selon un horaire particulier qui permettra d’éviter que trop d’élèves s’y retrouvent en même temps. Ces dernières libéreront les enseignants pour pouvoir faire un suivi avec les étudiants qui demeureront à la maison.     

Du marquage a aussi été ajouté au sol afin de faciliter les déplacements en tentant de respecter «autant que possible» le fameux deux mètres de distance entre les élèves. Lors de leurs déplacements, les élèves devront éviter de toucher les murs, les poignées de porte et les rampes d’escalier.          

Du matériel en quarantaine  

Photo Jean-François Desgagnés

Dans la classe comme dans la cour de récréation, la manipulation de matériel sera limitée et encadrée. Les livres, jeux ou ballons manipulés par les élèves devront être désinfectés par la suite ou placés en quarantaine pendant 24 heures.     

Photo Jean-François Desgagnés

À l’école Harfang-des-Neiges, des bacs de matériel ont été préparés sur le bureau de chaque enfant, avec des blocs Lego pour les élèves de maternelle ou des livres pour les élèves de troisième année. Chaque élève devra s’en tenir uniquement à son bac, qu’il ne pourra pas partager. Une rotation de matériel pourra être faite après la période de quarantaine.          

Bouger, mais en solo   

À l’École à l’Orée-des-Bois située à Drummondville, on a usé d’ingéniosité pour cette deuxième rentrée scolaire bien différente des autres. Pas question que les élèves restent derrière leur bureau toute la journée.     

Il y aura deux longues périodes de récréation à l’extérieur chaque jour: le matin, elle durera 50 minutes, et l’après-midi, 25 minutes. Les sports d’équipe ont été délaissés pour des jeux individuels.     

Sur les 10 plateaux sportifs, il y aura des ateliers d’entraînement et de yoga, des circuits avec une rondelle de hockey ou un ballon de soccer, et les élèves pourront utiliser les trottinettes fournies par l’école.           

Des couvre-visages pour les profs   

Certaines écoles, comme à l’Orée-des-Bois à Drummondville, vont fournir des couvre-visages à tous les enseignants. Ils auront le choix de le porter ou non.     

Le personnel travaillant avec des classes de maternelle et des classes en adaptation aura accès à des équipements de protection individuelle plus élaborés comprenant visière et jaquette. Les professeurs pourront s’en servir s’ils ont à entrer en contact physique avec un enfant.     

Sébastien Gomez, technicien en éducation spécialisée redoute cependant l’impulsivité des enfants: «parfois les enfants nous font des câlins de manière spontanée. Il faudra leur expliquer que ce ne sera plus possible».          

La logistique des lunchs   

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

L’École à l’Orée-des-Bois a emprunté des tables de pique-nique à la Ville de Drummondville pour espacer les étudiants pendant le dîner. Deux enfants seront assis à chaque table, en diagonale l’un de l’autre. La plupart du temps, on fera manger les enfants à l’extérieur, sinon ils mangeront dans leur classe respective.     

D’ailleurs, les écoliers ne pourront plus réchauffer leur repas aux micro-ondes. Ils devront avoir un lunch froid ou le garder au chaud dans un thermos. «Il va y avoir beaucoup de nouvelles règles pour les enfants, mais on veut s’assurer qu’ils aient une belle fin d’année scolaire», mentionne la directrice de l’établissement, Anny Fréchette.          

Des concierges qui ne chômeront pas  

Photo Jean-François Desgagnés

Des concierges ont été appelés en renfort dans plusieurs écoles afin de s’assurer de bien respecter les mesures sanitaires. Le lavage des poignées de porte et des salles de bain, notamment, devra se faire plusieurs fois par jour.     

Photo Jean-François Desgagnés

À l’école Harfang-des-Neiges de Stoneham, où près de 600 élèves seront de retour en classe aujourd’hui, des concierges travailleront aussi en soirée pour désinfecter l’établissement.    

Photo Jean-François Desgagnés

  

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