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L'échéancier du chantier de la centrale de la Romaine-4 bouleversé

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En raison de la mise sur pause des chantiers ordonnée pour lutter contre le coronavirus, Hydro-Québec ne peut plus garantir que la centrale de la Romaine-4 sera mise en service comme prévu en 2021. 

Le chef du chantier, Stéphane Jean, n’est pas en mesure de préciser le délai qu’engendrera la crise de la COVID-19, mais il a confirmé que l’échéancier doit être revu. 

«C’est certain qu’on est arrêté depuis un certain temps. Il faut revoir l’ensemble des contrats, comment on va faire l’agencement de tout cela. On est en train de revoir l’ensemble de l’échéancier du projet actuellement», a-t-il expliqué à TVA Nouvelles lundi. 

Le déploiement des travailleurs sur le chantier s’est amorcé dimanche. D’ici jeudi, ils seront 280 à pied d’œuvre. 

Afin d’assurer un redémarrage du chantier dans le respect des règles de santé publique et pour éviter un autre arrêt, les travaux à la centrale et à la galerie d’amenée ne débuteront pas avant l’été. D’ici là, les travailleurs seront affectés à la construction du barrage et des ouvrages de retenue afin d’assurer la mise en eau du réservoir au cours des prochains mois. 

«Il y a beaucoup de mesures qu’on doit mettre en place. On ne veut pas manquer notre coup. On va y aller graduellement pour à terme mobiliser également les travailleurs qui doivent terminer le tunnel et la centrale», a détaillé M. Jean. 

La reprise des travaux a été enclenchée après d’intenses pourparlers avec des élus locaux et le chef innu d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho. 

Les travailleurs ne pourront en aucun temps accéder aux municipalités de la Minganie, voisines du chantier. La durée de leur séjour sur le chantier sera au minimum de deux semaines pour limiter les risques de propagation du virus. Une série de mesures supplémentaires, dont la prise de température des travailleurs, ont été mises en place. Hydro-Québec souhaite aussi pouvoir réaliser des tests de la COVID-19 directement sur le chantier. 

Par ailleurs, il devient de plus en plus probable que le point de contrôle policier entre Sept-Îles et la Minganie soit levé cette semaine. Le chef innu Jean-Charles Piétacho a confirmé à TVA Nouvelles qu’il ne croit plus nécessaire de limiter la circulation intrarégionale. «De toute façon, c’était devenu une véritable passoire», a-t-il indiqué en soulignant avoir appris la présence de travailleurs de l’extérieur de la région à Havre-Saint-Pierre. 

Toutefois, il demande un renforcement des mesures de contrôle à l’extrême ouest de la Côte-Nord pour éviter l’arrivée de citoyens d’autres régions. 

Les limites de la communauté innue d’Ekuanitshit resteront sous surveillance et contrôlées, avec quelques assouplissements, a affirmé le chef Piétacho. 

De plus en plus de voix s’élèvent en Minganie pour réclamer la levée du point de contrôle policier entre Sept-Îles et la Minganie. 

La situation devient de plus en plus difficile à contrôler. Au cours des derniers jours, la Sûreté du Québec a interdit l’échange de marchandise de part et d’autre du point de contrôle situé à Rivière-à-la-Chaloupe.