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Sables bitumineux : les compagnies sont étrangères et l’État ne devrait pas les aider

Rejets de boues des sables bitumineux
Photo d'archives

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Puisque la majorité des compagnies pétrolières engagées dans les sables bitumineux appartiennent à des étrangers, Ottawa ne devrait pas les financer dans le cadre de l’aide pour faire face à la crise de la COVID-19, estiment des groupes environnementaux.  

• À lire aussi: COVID-19 : de l'aide supplémentaire pour les moyennes et grandes entreprises 

Dans un rapport dévoilé lundi, Équiterre, Stand.earth et Environmental Defence soutiennent que plus de 70 % de la production de sable bitumineux au Canada appartient à des investisseurs et actionnaires étrangers. La majorité des revenus de l’industrie des sables bitumineux albertains se retrouvent donc dans les poches d’investisseurs étrangers et non dans celles des Canadiens.  

Les bénéfices de l’industrie pétrolière et gazière pour le Canada et l’Alberta sont eux en constante diminution, notamment en raison de la chute vertigineuse des prix du pétrole.  

«Dans le contexte actuel, où cette industrie continue de quémander l'aide du gouvernement fédéral, et où des milliards sont et seront investis, ce genre de données nous apparaît d’intérêt public», a indiqué Équiterre lundi.  

Ces groupes soulignent que c’est l’État qui devra absorber les coûts environnementaux.  

«D'autres études ont révélé qu'une majorité des pertes, estimée à 260 milliards $, resteront au niveau national et devront être remboursées par les taxes et impôts des citoyens, puisque ses entreprises abandonnent leurs infrastructures pétrolières et que celles-ci s'écoulent dans nos lacs et rivières», peut-on lire dans le rapport.  

On y apprend notamment que les marges de profits de cinq des plus grosses compagnies qui œuvrent dans le secteur (Suncor, CNRL, Cenovus, Imperial Oil et Husky Energy) leur ont permis de transférer pas moins de 8 milliards $ à leurs actionnaires à majorité étrangers, et ce, seulement dans les trois premiers trimestres de 2019.  

Les auteurs du rapport estiment qu’il est temps pour le gouvernement fédéral de comprendre que l’industrie des sables bitumineux ne bénéficie plus aux Canadiens.