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Docteur Arruda, libérez les jeux d'enfants!

Des rubans indiquent clairement aux enfants qu'ils ne sont pas les bienvenus dans les modules de jeux, comme celui-ci, dans le parc Saint-Clément, à Hochelaga.
Photo Louis-Philippe Messier Des rubans indiquent clairement aux enfants qu'ils ne sont pas les bienvenus dans les modules de jeux, comme celui-ci, dans le parc Saint-Clément, à Hochelaga.

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 Puisque les enfants de moins de dix ans ne souffrent pas du coronavirus et puisque des études sérieuses montrent qu’ils ne transmettent pas la COVID-19, pourquoi continuer de leur interdire de jouer entre voisins ou d’utiliser les modules dans les parcs ? 

Voici mon plaidoyer au docteur Arruda pour le convaincre de libérer les jeux d’enfants. 

Argument d’autorité numéro un : l’Institut Pasteur. La létalité du coronavirus de l’actuelle épidémie est évaluée à 0,001 % pour les vingt ans et moins. Pour les enfants, c’est encore moins. Ce ne sont donc pas les jeunes que l’on protège en les «confinant». L’immunité des enfants est tellement impressionnante que, comme le rapportait Charles Tisseyre à Découverte vendredi dernier, les chercheurs l’étudient pour essayer de trouver des remèdes. 

Argument d’autorité numéro deux : l’exemple de la Suisse. Le grand responsable des mesures sanitaires de ce pays assez peu enclin à l’hystérie, Daniel Koch, à la suite d’une consultation avec des pédiatres infectiologues, en est venu à la conclusion que les enfants de moins de dix ans ne sont pas contagieux. Ils ne transmettent pas la COVID-19. Des adultes qui s’occupent d’un service de garde ou d’une école peuvent allègrement se contaminer entre eux (et faire les manchettes avec ça), ils peuvent aussi contaminer les enfants, mais pas le contraire.

Argument d’autorité numéro trois : le magazine The Economist, la référence par excellence du journalisme anglo-saxon. Il y a une semaine, dans un éditorial intitulé Pensons aux enfants, la revue concluait, comme le Dr Koch, que les enfants ne sont pas un facteur de contagion, et, comme l’Institut Pasteur, qu’ils ne sont pas à risque.

Bonne nouvelle

Au départ, on redoutait que les « morveux » soient de super-propagateurs comme pour le rhume ou la gastroentérite. Eh bien, heureusement, non. C’est une particularité contre-intuitive de la COVID-19 : nous autres, adultes, sommes contagieux, pas nos jeunes enfants.

Résultat : la Suisse permet depuis quinze jours aux grands-parents de toucher et de serrer leurs petits-enfants de moins de dix ans. Même les nonagénaires diabétiques souffrant d’hypertension ont le droit de cajoler leurs arrières-petits-enfants. Nuance importante : les autorités suisses interdisent toutefois à ces mêmes grands-parents de toucher leurs enfants devenus adultes (donc potentiellement contagieux). La distanciation physique continue pour les «grandes personnes», mais, en Suisse, contrairement à chez nous, elle ne tient plus les jeunes enfants en otage.

Esbroufe

Si les enfants de moins de dix ans sont pratiquement invulnérables et pas contagieux, l’essentiel des mesures contraignantes valables pour nous s’avère inutile pour eux. Pourquoi le ministre de l’éducation impose-t-il une panoplie de précautions presque impossibles pour les écoles primaires et les garderies si les enfants ne sont pas plus menacés que menaçants ? Du théâtre pour rassurer les adultes, de l’esbroufe sanitaire ?

J’ai hâte d’entendre notre premier ministre François Legault ou son directeur national de la santé publique Horacio Arruda nous annoncer que, puisque nos enfants ne contribuent pas à l’épidémie, leurs jeux sont de nouveaux permis (tant que les parents entre eux gardent leurs distances). Avoir su en mars ce que l’on sait maintenant, on ne les aurait pas interdits en premier lieu.