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Le mea culpa d’Horacio décortiqué par un spécialiste

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Comment le directeur de la Santé publique Horacio Arruda a-t-il tenté de corriger le faux pas qu’il a commis en participant à un vidéo de rap en pleine pandémie? Un spécialiste en gestion de crise avance une analyse.   

• À lire aussi: Arruda s’excuse et fond en larmes  

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Pendant la conférence de presse quasi quotidienne du gouvernement au sujet de la COVID-19, les Québécois ont eu droit à des excuses bien senties d’un Horacio repentant et larmoyant.     

Manifestement, il regrettait d’avoir participé à une vidéo où on peut le voir se trémousser pour ramasser des fonds pour le Refuge des jeunes de Montréal, à l’heure où la métropole franchissait les 2000 décès liés au nouveau coronavirus.      

«Chaque nuit, à deux heures du matin, je regarde les décès et j’ai le cœur qui me tourne», a-t-il commencé ses excuses, comme pour rappeler au public qu’il comprenait la gravité de la crise que connait la province.      

Un silence. Le menton tremblant, les yeux pleins d’eau, il s’est ensuite excusé d’avoir publié une telle vidéo. «Ça n’a jamais été mon intention de blesser qui que ce soit. Et j’ai compris que plus jamais je n’utiliserais les médias sociaux dans ce contexte-là». 

    

  • Le spécialiste en gestion de crise Victor Henriquez avec Geneviève Pettersern à QUB Radio:  

  

Un docteur coloré  

Pour Victor Henriquez, spécialiste en gestion de crise et fondateur de la firme Public Stratégies et conseils, Horacio Arruda mérite notre indulgence. Plongé dans une crise sans précédent depuis huit semaines, le coloré docteur a été victime de sa personnalité.      

«Je pense qu’Horacio Arruda, dans son for intérieur, est convaincu que s’il se rapproche des Québécois, ils seront plus à l’écoute de ses consignes», avance M. Henriquez, pour expliquer sa participation à cette vidéo somme toute sympathique où il effectue «la danse du confinement».      

L’expert en relations publiques souligne aussi la fatigue accumulée et la nécessité de décompresser chez cet homme qui a souvent vanté les effets thérapeutiques de l’humour. «En gestion de crise, on n’évalue pas tout le temps les effets de la fatigue, mais c’est important. On a vu aujourd’hui un Dr Arruda peut-être plus ému qu’à la première semaine», avance-t-il.      

Même en tentant de corriger le tir, il a été fidèle à lui-même. «Personne ne peut remettre en question l’authenticité d’Horacio Arruda.»     

Comment en est-on arrivé là?   

Victor Henriquez n’a pas été surpris de voir le directeur de la Santé publique du Québec accepter de participer dans une telle vidéo. «On ne verra jamais Dr Theresa Tam [administratrice en chef de la Santé publique du Canada] dans une situation comme celle-là parce que ce n’est pas son style. Le docteur Arruda, rappelle-t-il, est un personnage «particulier».      

En même temps, le spécialiste affirme que le rôle d’un haut fonctionnaire de la santé publique n’est pas de faire le pitre. «On a besoin qu’il nous rassure et qu’il utilise la science pour nous sortir de ce pétrin.»      

Dorénavant entouré de conseillers en relations publiques, dont France Amyot, le docteur Arruda a peut-être été mal conseillé quant à son image. Autant les tartelettes nata, l’écrasement de la courbe en gestes et la personnalité attachante du docteur ont pu susciter de la sympathie dans les premiers jours du confinement, autant la crise est d’autrement plus grave aujourd’hui.      

«L’inquiétude des citoyens est plus grande non pas parce que Dr Arruda fait des vidéos, mais parce qu’on a l’impression que l’information est de moins transparente et claire de la part du gouvernement, indique M. Henriquez. On ne se sent pas en sécurité comme au début, on a l’impression que c’est moins rigoureux.»     

Le temps ne joue pas en faveur du gouvernement non plus. «Ça commence à être long pour tout le monde cette crise-là et ça complique les communications des autorités, qui sont sur le qui-vive depuis huit semaines», explique le spécialiste.      

Dans tous les cas, Victor Henriquez pense que le docteur Arruda pourra surmonter cette crise de relations publiques. «Il a appris sa leçon. Je pense que les gens vont lui pardonner parce qu’il est authentique.»

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.