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Les aménagements urbains doivent changer à Montréal, selon des expertes

Deux spécialistes en mobilité demandent un nouveau partage de l’espace de rue

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Retirer des places de stationnement pour en faire des voies cyclables, fermer le Vieux-Montréal à la circulation automobile, créer des chaussées partagées... Deux expertes proposent des moyens concrets pour que l’administration Plante change radicalement l’espace de rue consacré aux piétons et aux cyclistes.  

«Cette crise sanitaire peut nous faire faire un virage environnemental. C’est l’occasion de repenser au grand complet à la place accordée à chaque usager de la route», lance la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau.   

Mme Lareau a de grandes attentes envers l’administration de Valérie Plante, qui doit annoncer sous peu son plan de relance pour la métropole, qui comprendra une stratégie de redéfinition de l’espace public.    

Cet été, la majorité des Montréalais seront confinés dans leur propre ville et devront respecter strictement les mesures de distanciation physique. «Les gens vont plus que jamais se déplacer à pied et à vélo, il faut modifier radicalement l’espace urbain», fait valoir Suzanne Lareau.   

Du même avis, Marie-Soleil Cloutier, directrice du Laboratoire Piéton et Espace Urbain à l’Institut national de la recherche scientifique, estime qu’interdire les autos dans le Vieux-Montréal est une avenue à considérer. «On le voit beaucoup en Europe, des métropoles comme Milan et Bruxelles ont interdit la circulation automobile dans leurs vieux centres pour permettre une meilleure mobilité à pied et à vélo dans ces secteurs», explique-t-elle.   

Mme Cloutier espère voir aussi se multiplier les rues partagées, des zones où la limite de vitesse est abaissée à 20 km/h et où les piétons, les cyclistes et les automobilistes ont tous le droit de circuler en même temps sur la chaussée.   

Exit les voitures  

De son côté, la PDG de Vélo Québec, Suzanne Lareau, estime que la Ville doit multiplier les axes cyclables tant pour les déplacements utilitaires que pour ceux récréotouristiques. «Il faut déployer un réseau important et rapidement», dit-elle, donnant l’exemple de la rue Saint-Denis. Mme Lareau propose d’éliminer le stationnement sur rue et d’utiliser la voie pour y faire une piste cyclable.   

Mme Lareau pense aussi que la Ville de Montréal devrait fermer des tronçons entiers de rue à la circulation automobile pour en faire des rues piétonnes. «Pensons aux rues Mont-Royal, Saint-Laurent, où on fait déjà des fermetures pour des ventes de trottoir. Maintenons cette structure quelques mois, et je suis certaine que tout le monde y prendra goût», ajoute-t-elle.   

Visionnez la vidéo ci-dessus pour en savoir plus et pour voir en images des initiatives prises par des villes étrangères dont Montréal pourrait s’inspirer.