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Renée Claude emportée par la COVID-19

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La chanteuse Renée Claude s’est éteinte mardi matin, emportée par la COVID-19, à l’âge de 80 ans, a confirmé son amie de longue date Monique Giroux à l’Agence QMI.  

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Comme elle l’a si bien chanté dans les années 70, Renée Claude a finalement trouvé la paix.       

  

Photo d'archives

  

La voix de l’immortelle C’est le début d’un temps nouveau était atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années. Depuis 2017, l’interprète séjournait dans une résidence pour personnes âgées non autonomes, et sa santé avait fortement décliné depuis l’automne dernier. Elle ne parlait plus et ne reconnaissait plus son conjoint, Robert Langevin, qui l’aura soutenue jusqu’à la fin.         

  

Une chanteuse née   

Aînée d’une famille de six enfants, de trois filles et trois garçons, Renée Bélanger, de son vrai nom, a intégré très tôt le milieu de la chanson.    

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Puisque sa mère chantait tout le temps, alors que son père jouait du saxophone, Renée s’est inévitablement intéressée très jeune à la musique. À l’époque, elle commence par suivre des cours de piano, de chant et d’art dramatique. Elle décide, malgré sa timidité, de se présenter au concours amateur Les découvertes de Billy Munroe, à la station de radio CKVL, en interprétant une chanson de Gilbert Bécaud. Elle remporte le premier prix, qui lui ouvre la porte des petits cabarets, où elle se produit dès lors régulièrement.         

Elle occupe en parallèle un emploi de secrétaire dans une commission scolaire, mais elle déteste ce travail. Elle tente alors sa chance aux auditions de Radio-Canada avec une chanson de Brassens, ce qui lui vaudra d’être engagée à la télévision.         

Au tournant des années 1960, elle fait ses débuts à l’émission Chez Clémence, animée par Clémence Desrochers, et rencontre Jean-Pierre Ferland, qui lui offre Feuille de gui. Elle défendra cette chanson dans un concours à Bruxelles, en Belgique, d’où elle reviendra avec le premier prix, et enregistrera dans la foulée son premier 45 tours.         

   

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Les années de succès   

Tout en participant régulièrement à des concours de chant internationaux, Renée Claude développe des liens étroits avec des auteurs et compositeurs québécois, qui lui écrivent de nouvelles chansons.         

Elle doit son premier grand succès à Michel Conte, avec Shippagan. On la voit aussi de plus en plus sur scène, dans les différents cabarets du Québec. En 1967, elle est choisie pour assurer la première partie de la tournée provinciale de Jacques Brel. L’année suivante, elle est même invitée au Johnny Carson Tonight Show, au réseau NBC.         

  

Photo d'archives

  

C’est véritablement à partir de 1969 que Renée Claude conquiert définitivement le cœur du public, grâce à sa collaboration avec Stéphane Venne. Celui-ci lui écrira notamment Le tour de la terre, Le début d’un temps nouveau, Tu trouveras la paix et La rue de la Montagne, entre autres.        

  

Photo d'archives

  

Au début des années 1970, elle fait la rencontre d’un jeune parolier, Luc Plamondon, et travaille avec les musiciens du Ville Émard Blues Band. Ensemble, ils vont produire deux albums phares dans la carrière de la chanteuse, Je reprends mon souffle et Ce soir je fais l’amour avec toi. Ce dernier titre avait pourtant été boudé par son agent de l’époque, qui trouvait les paroles trop osées. Renée Claude a finalement eu l’audace de la faire, et cette chanson est restée dans l’imaginaire populaire.         

  

Photo d'archives

  

L’arrivée des années 1980 marque un changement de cap pour Renée Claude. Elle décide de rendre hommage à ses idoles en montant des spectacles comme Moi, c’est Clémence que j’aime le mieux, en 1980. Les années suivantes, à travers différents tours de chant, elle célèbre l’œuvre de ses idoles de toujours, dont Léo Ferré et George Brassens, et propose également un spectacle, en duo avec Claude Léveillée, intitulé Partenaires dans le crime.         

L’année 2006 marque son dernier retour sur disque avec la sortie d’Entre la terre et le soleil, Renée Claude chante Luc Plamondon, sorte de recueil de toutes les chansons que lui a écrites son auteur fétiche, accompagné d’une seule nouveauté, Ballade pour mes vieux jours.         

Comédienne à ses heures   

En 1990, Renée Claude participe à la création de l’opéra Nelligan, de Michel Tremblay et André Gagnon, sous la direction d’André Brassard. Elle y incarne Robertine Barry, une amie du jeune poète.         

L’année suivante, on la retrouve au théâtre, puis dans la série Avec un grand A, de Janette Bertrand, dans un épisode qui parle des femmes harcelées sexuellement par leurs employeurs. Elle jouera ensuite dans une autre pièce de Michel Tremblay, toujours sous la direction de Brassard, Marcel poursuivi par les chiens. Renée Claude a aussi joué au cinéma, sous la direction de Denise Filiatrault, dans C’t’à ton tour Laura Cadieux et, quelques années plus tard, elle a fait sa dernière apparition au grand écran dans le film de Jean-Claude Lord, Station Nord, sorti en 2002.         

  

  

Le grand amour   

Si elle connaît un énorme succès sur scène, la vie privée de Renée Claude est plutôt chaotique. Selon ses confidences, son premier mari était alcoolique, et le deuxième, coureur de jupons. Sa vie amoureuse ressemble à un échec, jusqu’à sa rencontre avec Robert Langevin. Elle a alors 47 ans et découvre le grand amour. Elle dira même dans une entrevue que tout ce qu’elle n’a pas eu avec les autres, elle l’a eu avec lui.        

Une fin de carrière discrète   

Alors atteinte de fibromyalgie depuis plusieurs années, Renée Claude confiait, au début des années 2010, qu’elle commençait à avoir des trous de mémoire. Toutefois, selon son conjoint des trente années précédentes, Robert Langevin, ce n’est qu’en 2013 qu’elle a été officiellement diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer.        

Si la chanteuse a pu vivre sereinement son mal aux côtés de son amoureux pendant quelques années, elle a dû se résoudre à aller vivre dans une résidence pour personnes non autonomes, en 2017, à cause de l’avancée de la maladie.         

Hommages  

Le 15 novembre dernier avait lieu un concert-hommage à Renée Claude à la Maison symphonique de Montréal. Accompagnées de 74 musiciens, 10 chanteuses, dont Catherine Major, Isabelle Boulay, Marie-Élaine Thibert, Marie-Denise Pelletier, Annie Villeneuve, Ariane Moffatt et Luce Dufault, ont chanté les mots de divers auteurs-compositeurs jadis écrits pour Renée Claude et interprétés par elle. L’événement instigué par l’animatrice Monique Giroux, avait permis d’amasser 157 414 $ pour le Fonds de la recherche sur la maladie d’Alzheimer.       

  

  

Quelques mois plus tôt, en mars 2019, plusieurs voix du Québec s’unissaient pour reprendre la chanson Tu trouveras la paix, de Stéphane Venne, interprétée par Renée Claude en 1971. Les recettes de la vente de la chanson étaient versées à la Fondation du CHUM.