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Drame en Nouvelle-Écosse: la GRC aurait été prévenue de la dangerosité de Wortman, mais n’aurait rien fait

Drame en Nouvelle-Écosse: la GRC aurait été prévenue de la dangerosité de Wortman, mais n’aurait rien fait
AFP

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HALIFAX | Une ancienne résidente de Portapique a déclaré avoir appelé la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour dénoncer Gabriel Wortman 15 ans avant sa cavalcade meurtrière, mais la police n’aurait rien fait. 

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Selon un témoignage recueilli mardi par le Halifax Examiner, Boe, dont l’identité a été protégée par le journal, aurait appelé les autorités en 2005, car elle savait que l’auteur de la tuerie qui a fait 22 victimes fin avril avait des armes illégales chez lui et qu'il maltraitait sa compagne. 

La témoin, qui vit maintenant dans l’Ouest canadien, a indiqué que la conjointe de Wortman était venue se cacher chez elle une fois après des violences conjugales. 

Boe lui a alors dit qu’elle avait besoin d’aide, qu’il y avait «beaucoup de services» et «beaucoup d’endroits» qui pourraient la protéger. Boe a déclaré qu’elle n’avait pas été en mesure de la convaincre, car, selon elle, la femme a déclaré qu’il n’y avait aucun moyen, puisque Wortman allait la tuer. 

Boe a contacté la GRC après un deuxième incident. Gabriel Wortman aurait à ce moment agressé sa compagne à l'extérieur sur leur terrain, alors qu'un ami commun d'elle et de Wortman et deux autres hommes étaient présents au moment des faits. «Il l’avait cloué au sol. Il l’étranglait, lui criait dessus, le disait à tout le monde... Il lui criait juste dessus... C’était mauvais, mauvais, mauvais, mauvais», a-t-elle expliqué, en rapportant ce que son ami lui avait dit, lequel vit aujourd'hui dans un établissement de santé et de soins de longue durée en raison d'un accident vasculaire cérébral. 

Elle a aussi indiqué à la GRC être au courant de la législation des armes à feu au Canada et qu’elle et son mari avaient vu Wortman en possession «d’une chiée d’armes illégales.» 

La GRC était prête à mener une enquête à condition que son ami ou un des deux hommes fussent prêts à témoigner. Boe a alors contacté son ami, qui a parlé à la GRC au travers du haut-parleur du téléphone de Boe pour signifier son refus. 

«Je lui ai dit: “Serais-tu prêt à parler à la GRC de ce qui s’est passé et des armes illégales que Gabriel possède?”, a-t-elle indiqué. Et il a répondu: “En aucun cas. Il m’a déjà dit qu’il allait me tuer, parce qu’il m’a déjà dit qu’il avait tué des gens aux États-Unis.”» 

La GRC aurait ainsi clos le dossier, puisque la compagne de Gabriel Wortman n’a pas porté plainte non plus.