/news/education
Navigation

Les élèves du secondaire pourraient demeurer à la maison l'automne prochain

Coup d'oeil sur cet article

Le casse-tête de la distanciation physique pourrait obliger les élèves du secondaire à poursuivre leur scolarisation à la maison l’automne prochain, affirme le ministre de l’Éducation.   

• À lire aussi: Les maternelles 4 ans devraient être déployées comme prévu  

• À lire aussi: L’Université Laval prépare une session d’automne majoritairement en ligne  

Il s’agit d’un des scénarios sur la table pour la rentrée scolaire, explique Jean-François Roberge, tout en précisant qu’aucune décision n’est prise pour le moment.  

  • Écoutez l'entrevue de la neuropsychologue Johanne Lévesque avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

«Mais évidemment ce n'est pas très compliqué de penser qu'il y a un scénario identique à ce qu'on a en ce moment, c'est-à-dire de n'ouvrir que pour le primaire et le préscolaire, puis d'avoir de l'enseignement à distance pour le secondaire», a confié le ministre Roberge en point de presse à l’Assemblée nationale mercredi.  

Le retour en classe dans les écoles primaires en début de semaine les a forcés à ouvrir de nouveaux locaux afin d’y accueillir des groupes d’un maximum de 15 élèves par classe. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été installés dans les écoles secondaires, en raison du manque d’espace dans leur établissement.  

Si les élèves du secondaire devaient revenir en classe à l’automne, la distanciation physique deviendrait alors impossible.  

Par contre, laisser les adolescents à la maison soulève d’autres préoccupations, estime le ministre. «Sur des mois et des mois, ça peut poser un enjeu. À un moment donné, je pense qu'on a besoin de voir l'adulte signifiant, comme adolescent, comme jeune», dit Jean-François Roberge.  

«Mais le scénario qu'on mettra de l'avant dépendra tout simplement de ce que nous permet de faire la santé publique», ajoute-t-il.  

Aux études, pas au travail  

Entre-temps, les adolescents qui ont pris un emploi depuis le début de la pandémie devraient se replonger le nez dans leurs livres d’école. «Au secondaire comme au primaire, l'année scolaire n'est pas terminée, ni pour les enseignants ni pour les élèves. Et les élèves qui se sont mis à travailler 10 heures, 15 heures, 20 heures, 30 heures par semaine, bien, c'est une erreur», a-t-il répliqué en Chambre aux questions de la libérale Marwah Rizqy.  

Celle-ci qui s’inquiétait du fait «qu'aujourd'hui on retrouve nos jeunes à l'épicerie, on retrouve nos jeunes au dépanneur, on retrouve nos jeunes au Walmart», plutôt qu’à étudier à la maison.  

Photo Simon Clark

Décrochage scolaire  

La critique péquiste en matière d’éducation, Véronique Hivon, s’inquiète pour sa part d’une «hausse du décrochage scolaire» si les adolescents ne reviennent pas sur les bancs d’école.  

Pour cette raison, le Parti québécois demande à Québec de créer des «escouades en santé mentale» pour soutenir les jeunes en détresse, en plus de «budgets accrus pour les services de professionnels pour les jeunes du secondaire qui sont à risque, qui ont des troubles d'apprentissage, des difficultés d'apprentissage».  

D’ailleurs, le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost, estime que même si l’enseignement à distance a repris de façon plus intensive depuis le début de la semaine, «on voit que les ados ne sont plus vraiment là».  

«Si jamais ça se poursuivait cet automne, il faudrait s’assurer d’avoir des consignes claires sur le nombre d’heures pour l’enseignement à distance. Sinon, on va manquer notre coup», lance-t-il.  

Enseignement hybride au secondaire?  

Un mode d’enseignement hybride, qui permettrait d’alterner entre les apprentissages en classe et à distance, commence par ailleurs à susciter de plus en plus de discussions dans le réseau scolaire.  

La moitié des élèves du secondaire pourraient aller à l’école deux jours par semaine, les lundis et jeudis par exemple, alors que les mardis et vendredis seraient consacrés aux apprentissages à distance et vice-versa. Le mercredi pourrait permettre aux enseignants de se concerter et de travailler davantage en équipe.  

«Je pense que ce modèle peut fonctionner au secondaire, affirme Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires. Sinon, je ne m’imagine pas comment des ados peuvent suivre des cours à distance sans se désintéresser de la chose, même des super bons élèves.»  

Rentrée à temps partiel réclamée pour le primaire  

Par ailleurs, si la direction de la santé publique donne le feu vert à une rentrée à temps partiel au secondaire cet automne avec des mesures de distanciation sociale, il faudrait aussi permettre un horaire à temps partiel dans les écoles primaires, affirme Nicolas Prévost.  

«Je ne vois pas d’autres options, à part les demi-journées. On ne pourra pas aller sur une fréquentation à temps plein. Juste au niveau des locaux, c’est impossible. Toutes les régions sans exception ont utilisé des locaux du secondaire» lors du retour en classe au primaire cette semaine, indique-t-il.  

La rentrée à temps partiel au primaire demeure une avenue intéressante même si les élèves du secondaire demeurent à la maison, ajoute-t-il. «Présentement, il y a 55% d’élèves qui sont de retour en classe. S’il fallait doubler le nombre d’élèves au primaire cet automne, ce serait difficile en termes de locaux et de personnel. On ne peut pas évacuer l’option d’un horaire à temps partiel.»   

APPEL À TOUS

Vous avez vaincu la COVID-19? Le Journal est à la recherche de personnes guéries du coronavirus et qui aimeraient témoigner.

Écrivez-nous à scoop@quebecormedia.com

  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.