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Peut-on douter du gouvernemaman?

Peut-on douter du gouvernemaman?
Photo Stevens Leblanc

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François Legault propose maintenant le port du masque. Le docteur Arruda en porte un lui-même même s’il ne l’a jamais recommandé.  

«Si vous voulez vous protéger, ce n’est pas le masque qui est important. Lavez-vous plutôt les mains!»  

Changement de cap, donc. Remarquez qu’il devenait de plus en plus difficile d’ignorer ce que l’on faisait partout dans le monde.  

Nous avons beau être constamment en avance sur le reste de l'humanité, dans le rétroviseur, il y en a partout, des masques. Et de plus en plus.  

Les gens voient depuis des semaines à la télé ce que font les New-Yorkais, les Parisiens, les Chinois, les Belges, les Espagnols, les Italiens, etc., etc., etc.  

Apparemment, nous, on attendait la mi-mai. Une sorte de stratégie super pointue pensée entre deux vidéos rigolos, trois chansons dans l'escalier et quatre conseillers en communication tombés de la gauche du ciel. 

Sans parler du gouvernemaman, qui, via un de ses CIUSSS à la con, en profite pour donner «le go» aux vieux afin qu'ils ne perdent pas ce qui leur reste de masse musculaire. 

Lavez-vous les mains. Faites de l'exercice. Toussez dans votre coude. Et répétez après nous: Ça va bien aller... Pourquoi pas applaudir à 13h? 

Certains jours, j'ai l'impression de vivre dans une garderie.  

Le matin, dans ma boîte aux lettres, je me demande si la fée des dents n'y a pas caché une suce! Ou une couche... 

Mais revenons au masque qu'on ne devait pas porter, mais qu'on portait partout ailleurs. 

M. Legault a dit mardi qu’on peut s’en fabriquer un soi-même. Comme celui que la couturière lui a fait parvenir. Un joli morceau de tissu. Presque aussi beau que celui d'Arruda... 

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) l'avait justement recommandé dans un rapport publié en 2007, après un épisode de SRAS. 

L’INSPQ suggérait, oui, oui, il y a treize ans!, ce que le gouvernement recommande «fortement» en 2020, à savoir qu’on doit porter un masque quand on sort, quitte à devoir en tricoter un!      

Il faudrait «informer le public sur les moyens de fabriquer des masques en tissu», précisait le rapport.      

Un bout de tissu, un mouchoir (lavé de préférence), une vieille cravate ou un souvenir du Salon du corset de feu matante Chose... 

Pourquoi avoir tardé autant? Aucune idée, à vrai dire. 

Horacio Arruda nous a servi des arguments légaux, mardi. La charte! C'est aussi crédible qu'une chroniqueuse de gauche faisant un lien entre le masque sanitaire et le niqab. 

Je ne le crois pas, moi, Arruda. Et c'est mon droit le plus strict. 

Je sais, c’est péché, ces temps-ci, de ne pas croire tout ce qu’on nous dit à 13h. De ne pas boire le Kool-Aid servi durant l'angélus.  

Mais je ne crois pas que la charte serve à autre chose qu’à sauver la face. 

La charte n’a pas été évoquée pour confiner les gens chez eux durant deux mois. Pour fermer les régions, les usines, les commerces, les cinémas, les restaurants, etc.  

On a brimé sans vergogne les libertés individuelles. Alors, la charte, non merci, je ne crois pas à ça. Le refus d'agir s'explique autrement. 

En 2007, l’Institut, où évolue Arruda, disait que non seulement les employés du réseau de la santé devraient absolument en être munis, mais la population en général était explicitement invitée à porter un masque sanitaire. 

C’est donc utile à quelque chose. Comme tousser dans son coude.  

Alors pourquoi a-t-il fallu attendre deux mois avant de dire aux gens: «Portez-en donc un, s’il vous plaît? Surtout à Montréal»? 

C'est pas compliqué, un masque. Deux élastiques, deux oreilles, un brin de bon sens... 

Je sais, je sais, peu importe ce que fait le gouvernemaman, il ne faut pas critiquer. Ça réveille les chihuahuas du lazy-boy. 

La moindre pointe vaut à son auteur des insultes. 

Les chroniqueurs qui n’ont pas aimé voir Arruda danser? Des constipés!  

Ceux qui soulignent une contradiction, des «ostie de journaleux»! 

On dirait les partisans de Trump. Dents serrés, enragés, bornés. 

Quelle est donc l’origine de ce désir imparable de fermer les yeux sur la nécessité de réfléchir?  

On se complaît peut-être en dictature molle, on apprécie implicitement l'infantilisation systémique, on se laisse bercer d'illusions... 

Mais, par exemple, quand Arruda dit: «Montréal, c’est fragile. Le reste du Québec, c’est le paradis»... 

Ne peut-on pas demander pourquoi il ne confine pas Montréal? Pourquoi ne pas protéger le Québec? Cent morts par jour, 98 à Montréal! C'est à peu près ce qui se passe actuellement. 

Les quartiers infectés de Montréal ne sont pas isolés parce qu'on est solidaires? Euh, non, je ne crois pas à ça non plus. Ça fleure la manipulation. 

De même, pourquoi le masque n’est-il pas obligatoire depuis longtemps dans la métropole?  

Parce que les démunis n’en auraient pas! Voyons donc!  

On n'immobilise pas une armée parce que dix soldats n'ont pas de souliers! 

Faire référence aux démunis, c'est du populisme de gauche. 

On devine que certains vivent très bien l'actuelle situation. Confinés, payés, héros du miroir matinal, bienheureux et béni-oui-oui.  

Mais les autres, de plus en plus nombreux, en ont assez des couleuvres...