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Air Canada et Transat doivent rembourser en argent les clients

Airplane with virus. Prohibition of flights on an airplane due to coronavirus. Vector illustration
Illustration Adobe Stock

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Air Canada et Transat ont décidé de conserver dans leurs coffres les milliards de dollars que les voyageurs leur avaient versés d’avance pour... des vols et des vacances que les deux transporteurs ont annulés en raison de la pandémie de la COVID-19.  

Au lieu d’un remboursement en argent sonnant, les clients de nos deux grands transporteurs aériens doivent se contenter d’un crédit pour un futur voyage.  

Ce que d’autres transporteurs canadiens font également subir à leurs clients. 

Mais... Dans le cas d’Air Canada et de Transat, le refus de rembourser les clients m’apparaît d’autant inacceptable étant donné la très coûteuse transaction d’achat de Transat par Air Canada qui est sur le point de se conclure. 

Pensons-y deux minutes : Air Canada s’est engagée à verser 720 millions $ aux actionnaires de Transat, soit 18 $ l’action, alors que celle-ci se négocie actuellement autour de 7 $.  

C’est donc dire que l’argent avancé par ses clients va permettre à Air Canada de payer le très gros prix pour les actions détenues par les actionnaires de Transat.  

À eux seuls, les hauts dirigeants et administrateurs de Transat vont se partager quelque 48 millions de dollars, dont le tiers ira au PDG, Jean-Marc Eustache. Le principal actionnaire de Transat, Letko Brosseau, encaissera 124 millions de dollars. 

PAS DE PROTECTION FÉDÉRALE 

Sachez que cette appropriation de l’argent des voyageurs par Air Canada, Transat et autres transporteurs se fait avec la bénédiction de l’Office des transports du Canada, lequel organisme fédéral est chargé de faire respecter la Loi sur les transports au Canada et le Règlement sur la protection des passagers aériens. 

Eh oui ! L’Office des transports du Canada trouve « convenable dans le contexte actuel que les compagnies aériennes fournissent aux passagers touchés des bons ou des crédits pour des vols futurs ». 

Entre remettre la main sur notre argent ou ranger dans le tiroir une note de crédit pour un voyage indéterminé dans le temps, on conviendra qu’en ces temps de paralysie économique, la remise en argent se serait avérée une « PROTECTION » nettement plus utile et essentielle qu’une note de crédit de voyage. 

DES AVANCES DE 3 MILLIARDS $ 

Les transporteurs aériens ont compris qu’il valait mieux avoir de l’argent sonnant dans ses coffres que des notes de crédit ! C’est pourquoi ils ont justement décidé de conserver les dépôts ou avances des clients dans leurs coffres afin de disposer de liquidités suffisantes pour pouvoir parer à la forte baisse des revenus qu’ils subissent à la suite de la suspension temporaire des vols en cette période de guerre mondiale contre le coronavirus. 

En date du 31 mars dernier, le chef de file Air Canada détenait dans ses coffres 2,6 milliards $ à titre de « Produits passages perçus d’avance » auprès de ses clients.   

De son côté, Transat rapportait, au 31 janvier dernier, à titre de « Dépôts de clients et revenus différés » un montant de 809 millions $. Selon le porte-parole de Transat, il faudra attendre au 11 juin prochain pour connaître le montant total des dépôts de clients reliés aux voyages annulés qui sont présentement conservés dans les coffres de Transat à des fins de liquidités. 

ET DE L’AIDE FÉDÉRALE EN PLUS 

Pendant que les transporteurs aériens refusent de rembourser les clients, Justin Trudeau leur accorde une montagne d’aide financière, dont la généreuse subvention salariale, des prêts avantageux, etc. 

Les voyageurs, eux ? Qu’ils se contentent de rêver avec leurs notes de crédit ! 

Ce que dénoncent à juste raison Élise Thériault d’Option consommateurs et Gábor Lukács, du site Droits des voyageurs.