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Distanciation chez les petits: «On va en faire des morts-vivants» – Dr Chicoine

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MONTRÉAL – L’annonce du report du retour à l’école en septembre est une «nouvelle que l’on doit accepter», mais il s’agit d’une très mauvaise nouvelle pour la sécurité affective et sociale des enfants, selon le pédiatre Jean-François Chicoine.  

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«Les pédiatres, nous nous sommes concertés, et on se range derrière la santé publique, mais c’est une nouvelle hyper triste pour les enfants. On était tous déprimés, les genoux à terre. On est inquiets à court, moyen et long terme», a fait savoir vendredi le Dr Chicoine, pédiatre du CHU Sainte-Justine, en entrevue avec Mario Dumont.   

Il est clair pour lui que pour que les enfants se développent bien, il leur faut une vie à l’extérieure de la maison: un professeur, des amis pour les petits de la garderie, un meilleur ami pour les plus vieux, et surtout une gang, une fraternité et des sports; des éléments mis de côté en raison du confinement.   

Le médecin se dit heureux de voir les écoles et les garderies rouvrir dans plusieurs régions, mais la distanciation sociale chez les enfants ne peut pas durer trop longtemps.   

«Morts-vivants»   

«L’absence de partage de jouets pour les 4-5-6 ans, le fait de les voir dans un petit carré dessiné à la craie... ça ne pourra pas durer longtemps parce qu’on va en faire des morts-vivants! [...] Il ne va pas falloir les isoler les uns des autres longtemps parce qu’on ne leur apprendra pas l’empathie, le partage de jouets, les conflits. On va créer une génération d’enfants-perdants», s’inquiète-t-il.   

Par ailleurs, il a indiqué que les acquis des enfants se perdent souvent pendant les deux-trois mois de vacances d’été, particulièrement chez les plus vulnérables qui ont des troubles d’apprentissage.   

«Tous ces acquis au niveau académique ou au niveau de l’orthophonie, ils se perdent à la rentrée en septembre, a-t-il dit. Une nouvelle étude qui vient de paraître dit que si on arrête 5-6 mois, on va perdre probablement de 9 à 12 mois d’acquis, et pas juste au niveau des notes et de la lecture, mais au niveau de plusieurs apprentissages.»   

Jean-François Chicoine estime qu’on «a besoin d’une éthique de l’enfance et de l’adolescence au Québec. Quels sont les bénéfices de les empêcher de réaliser des étapes essentielles et incontournables? On ne pourra peut-être pas toujours revenir en arrière dans leur développement.»   

Lui ainsi que plusieurs pédiatres veulent l’assurance que les camps de jour, par exemple, vont ouvrir, qu’il y aura de l’assistance alimentaire, des bibliothèques ouvertes, de l’adaptation pour certains sports de groupe.   

«Tous les enfants ne peuvent pas faire du golf ou du javelot!»   

Rage et traumatismes   

Par ailleurs, les nombreux interdits auront des répercussions sérieuses sur toute une génération. «On a collectivement une réflexion à faire, a souligné le docteur. Les enfants sont très peu à risque pour leur santé, et même pour transmettre le virus.»   

Le pédiatre souhaite un assouplissement des mesures pour les enfants et les adolescents afin qu’il puisse «vivre» un peu plus.   

«C’est très très dur pour eux, a-t-il ajouté. Ça ne se développe pas nécessairement de dépression ou en anxiété chez eux. Ça peut se développer en rage et éventuellement en traumatisme. Il est évident que nous allons avoir des séquelles collectives au niveau de l’enfance par rapport à ce qui se passe. Ce qu’on veut, c’est de réduire les méfaits. On voudrait juste diminuer les problèmes attendus.» 

 

Joël Lemay / Agence QMI

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