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L'Allemagne entre en récession, plombée par le coronavirus

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BERLIN | L’Allemagne a subi un recul de 2,2 % de son produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, en raison du coronavirus, entrant officiellement en récession, a annoncé vendredi l’office fédéral des statistiques Destatis. 

L’économie allemande connaît son «pire résultat depuis la crise économique» de 2008/2009, et «son deuxième plus mauvais depuis la Réunification» en 1990, indique l’institut, alors même que les mesures de restrictions visant à endiguer la pandémie, au prix d’un fort impact sur l’activité, ont débuté mi-mars, en fin de trimestre.  

«Ce n’est qu’un début», a résumé l’économiste Carsten Brzeski, de la Banque ING, puisque la pandémie devrait affecter bien plus violemment le deuxième trimestre. 

L’économie allemande entre d’ores et déjà en récession technique, soit deux trimestres consécutifs de contraction du PIB: Destatis, qui avait initialement estimé que sa production avait stagné au dernier trimestre 2019, estime désormais qu’elle a reculé de 0,1 %. 

«Les conséquences de la pandémie pour ce trimestre sont extrêmement graves», a commenté Albert Braakman, de Destatis, lors d’une conférence de presse en ligne. 

Sur un an, le PIB recule de 2,3 % en données corrigées des variations saisonnières, soit la plus forte baisse depuis le deuxième trimestre 2009, au plus fort de la crise financière. 

Pour le deuxième trimestre, entre avril et fin juin, les principaux instituts économiques du pays prévoient une chute de 10 % du PIB sur un an, du jamais vu depuis 50 ans. 

Pour l’ensemble de l’année 2020, le gouvernement allemand s’attend à une récession de 6,3 %, la plus forte depuis le début des statistiques en 1970.  

Comme l’ensemble des pays européens, l’économie allemande a subi un choc multiforme, puisque le confinement décrété face à la crise sanitaire a paralysé la production de nombreux secteurs, fortement ralenti les échanges et bridé la consommation.