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L’expansion internationale d’Hydro mise en veilleuse

La crise de la COVID-19 force la société d’État à revoir sa stratégie 2016-2030

Même si les résultats annoncés vendredi ne concernent que les trois premiers mois de 2020, l’impact de la COVID-19 se fait déjà sentir.
Photo d'archives Même si les résultats annoncés vendredi ne concernent que les trois premiers mois de 2020, l’impact de la COVID-19 se fait déjà sentir.

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Hydro-Québec fait une croix sur son expansion à l’étranger, du moins le temps de se remettre des séquelles de la COVID-19. 

• À lire aussi: Hydro-Québec rapporte un bénéfice net de 1,5 G$ au premier trimestre  

« Pour les acquisitions internationales, je nous vois mal dire qu’on va prendre 5 milliards $ pour l’investir au Chili. Les 5 milliards, ils vont être utilisés pour investir au Québec. L’orientation aux acquisitions [change] », a confirmé vendredi le vice-président et chef de la direction financière d’Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur.   

Cette expansion internationale devait pourtant être au cœur de la stratégie 2016-2030 de la société d’État, qui souhaite doubler d’ici 10 ans ses revenus pour atteindre 27 milliards $. Les trois quarts de cette expansion devaient passer par l’achat d’infrastructures, les 25 % restants étant principalement les exportations d’hydroélectricité vers l’Ontario et les États du nord-est des États-Unis. 

Or, la COVID-19 vient modifier les plans de la compagnie, happée de plein fouet par le coronavirus.   

La société d’État a annoncé vendredi des résultats en baisse au cours du premier trimestre, avec un bénéfice net de 1,5 milliard $, comparativement au bénéfice record de 1,7 milliard $ enregistré l’an dernier à la même période.  

Impact du confinement 

Au Québec, la compagnie rapporte une diminution moyenne de 81 $ de la facture d’électricité pour la période de janvier à mars dans le cas d’une maison unifamiliale. Le deuxième trimestre s’annonce encore pire, alors que l’impact du confinement se fera pleinement sentir, a prévenu M. Lafleur. 

« La performance financière et commerciale d’Hydro-Québec sera assurément affectée. Nous anticipons une diminution des ventes d’électricité sur tous nos marchés, de même qu’un ralentissement des activités sur nos chantiers, ce qui conduira à un recul des investissements », a-t-il dit.  

« Je vois mal comment on va être en mesure d’atteindre » la prévision de bénéfice net de 2,9 milliards, a-t-il ajouté. 

Au Québec, la consommation d’électricité totale a ainsi baissé de 5 % depuis le début des mesures mises en place par Québec. La consommation résidentielle est en hausse de 3 %, mais celle des clientèles commerciale et industrielle a fléchi de 11 % et 8 %.  

Prix à la baisse 

En dehors du Québec, la consommation a chuté de 6 à 9 % selon les marchés. « Par exemple, en Ontario, la diminution des besoins est de l’ordre de 10 à 12 %, en Nouvelle-Angleterre, de 3 à 5 %, alors que dans l’État de New York, le recul s’établit à environ 8 % », a dit M. Lafleur.  

C’est sans compter le fait que les prix aussi sont à la baisse. L’électricité se vend aussi bas que 1,5 cent US par kilowattheure aux États-Unis à l’heure actuelle, contre 4,9 cents habituellement. 

Les résultats  

  • Bénéfice net de 1,52 milliard $ au trimestre terminé le 31 mars 2020, contre 1,77 milliard en 2019 
  • Baisse de 81 $ de la facture d’électricité de janvier à mars dans le cas d’une maison unifamiliale moyenne 
  • Hors Québec : les exportations nettes d’électricité ont baissé de 91 millions $ 
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