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La course aux remèdes: les anticorps pour neutraliser le virus

Le traitement innovateur d’une biotech de Vancouver cofondée par une Québécoise sera testé cet été

AbCellera Covid-19 Photos de l'entreprise
Photo courtoisie, AbCellera Ottawa fonde beaucoup d’espoir sur l’entreprise AbCellera, cofondée par Véronique Lecault. La biotech a reçu une subvention de 175 M$ qui lui permettra d’embaucher des scientifiques puis d’agrandir ses installations et d’acheter de nouveaux équipements pour accélérer la recherche et la production d’un traitement à base d’anticorps.

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Véronique Lecault est sur la ligne de front depuis le tout début de la crise, à Vancouver. Son entreprise, AbCellera, a rapidement isolé des anticorps pouvant combattre la COVID-19 et sera l’une des premières à tester son traitement sur l’humain cet été.  

• À lire aussi: COVID-19: notre bilan mensuel de la recherche

Originaire de Mirabel, la Québécoise vit dans l’Ouest depuis plusieurs années.   

Elle a cofondé la biotech AbCellera, en 2012, qui se spécialise dans les thérapies à base d’anticorps cultivés en laboratoire.  

Ces derniers peuvent ensuite être administrés à un patient infecté qui a besoin d’un « boost immunitaire pour combattre le virus », explique-t-elle en entrevue.  

« Quand on reçoit un vaccin, ça prend du temps pour que ça fonctionne. Le corps produit naturellement des anticorps en quelques semaines, mais nous, on court-circuite le processus pour injecter directement des anticorps qui ont la capacité de neutraliser le virus. »  

AbCellera a été l’une des premières en Amérique du Nord à recevoir un échantillon sanguin d’un patient guéri, le 25 février dernier.  

Grâce à la plateforme qu’elle a développée, elle n’a mis que trois jours pour dépister cinq millions de cellules immunitaires (lymphocytes B) et deux autres journées afin d’identifier la séquence génétique de 500 anticorps qui ont les propriétés requises pour lutter contre le SARS-CoV-2.  

« On a développé des outils à l’interne pour être capable d’analyser une quantité extrême de données » en très peu de temps, explique Mme Lecault, chef des opérations chez AbCellera.  

Les meilleurs anticorps « candidats » ont ensuite été sélectionnés et pourront être reproduits à grande échelle grâce à son partenaire, la compagnie pharmaceutique Eli Lilly.  

Cellules de hamster chinois  

« Quand on a la séquence d’un anticorps, on a la recette pour être capable d’en produire. Pour fabriquer des anticorps synthétiques, on utilise généralement des cellules de hamster chinois [...] et on les cultive dans des bioréacteurs. À la fin du procédé, on met l’anticorps dans une formulation stable et stérile pour les patients. »  

Les essais cliniques doivent débuter aussi rapidement qu’en juillet.   

« On parle de plusieurs années, généralement, pour commencer les essais sur les humains, mais nous, on a fait ça en quatre mois, donc on est vraiment en train de réduire de manière dramatique le temps que ça prend pour amener une thérapie sur le marché », précise-t-elle, sans toutefois pouvoir dire à quel moment le traitement pourrait être disponible.  

Aide financière de 175 M$   

Impressionné par ces résultats prometteurs, le gouvernement de Justin Trudeau mise gros sur cette avancée et lui a octroyé une aide financière substantielle de 175 M$.  

« On est très reconnaissants et c’est une grande responsabilité. Ça fait quand même plus de deux ans qu’on développe notre plateforme pour être prêts en cas de pandémie, mais d’avoir les ressources qui nous aident à accélérer nos efforts, ça fait une grande différence », confie Mme Lecault.   

AbCellera en bref   

  • Fondée en 2012 à Vancouver sur la base d’une technologie développée par le Dr Carl Hansen dans les laboratoires Michael Smith de l’Université de la Colombie-Britannique  
  • Plus de 110 employés en programmation et science des données, immunologie, caractérisation et ingénierie des protéines  
  • Partenariats avec six des dix plus grandes sociétés pharmaceutiques au monde, dont Novartis, Gilead et Pfizer  
  • Elle a été sélectionnée pour recevoir un des premiers échantillons sanguins d’un patient qui a vaincu la COVID-19 en Amérique du Nord en raison de ses simulations menées depuis 2018, en situation de pandémie, pour le compte d’une agence du département de la Défense américaine  
Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.